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"Allô Matignon, we are dans la mouise" : le gouvernement annonce encore des milliards d'euros d'économies pour garder le cap budgétaire

Le gouvernement a annoncé 3 milliards d'euros de nouvelles coupes budgétaires pour l'État et la Sécurité sociale, qui s'ajoutent aux 6 milliards déjà annoncés en avril.

Sébastien Lecornu à l'Assemblée nationale le 6 juillet 2026

Crédit : AFP

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La rédaction numérique de RTL & AFP

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Le gouvernement français a annoncé à nouveau mardi 7 juillet des milliards d'euros d'économies supplémentaires pour garder le "cap" en matière budgétaire, alors que les effets de la guerre au Moyen-Orient l'ont conduit à abaisser sa prévision de croissance à 0,7%.

Lors d'un comité d'alerte des finances publiques réuni mardi sous la houlette du Premier ministre Sébastien Lecornu, le gouvernement a annoncé 3 milliards d'euros de nouvelles coupes budgétaires pour l'État et la Sécurité sociale, qui s'ajoutent aux 6 milliards déjà annoncés en avril.

La forme de ces économies (gels ou annulations de crédits) sera décidée ultérieurement, a précisé le ministère de l'Economie.

Un risque de dérapage de 2 milliards pour les collectivités locales

Le gouvernement a aussi identifié un "risque de dérapage" à hauteur de 2 milliards d'euros pour les collectivités locales, a indiqué le ministre des Comptes publics David Amiel lors d'un point presse. Cela correspond à "des dépenses de fonctionnement qui progressent plus vite qu'anticipé, notamment des régions", a détaillé Bercy.

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Le montant total d'économies nécessaires atteint ainsi désormais 9 milliards d'euros, voire 11 milliards si les collectivités locales prennent des mesures équivalentes au "risque" identifié.

"Je ne doute pas que beaucoup d'élus locaux font preuve dans la période d'un très grand sens des responsabilités et que nous pourrons donc affiner les prévisions dans les prochaines semaines", a souligné David Amiel.

À l'ouverture de ce comité, le ministre de l'Economie Roland Lescure a annoncé que le gouvernement avait revu à la baisse sa prévision de croissance pour cette année à 0,7%, contre 0,9% attendus en avril, en raison "d'un début d'année moins favorable qu'anticipé" et "de la situation internationale, notamment du conflit au Moyen-Orient".

"We are dans la mouise"

Cette nouvelle prévision est en ligne avec celles de l'Insee, du FMI et de l'OCDE, qui tablent aussi sur 0,7% cette année. La Banque de France prévoit 0,5%.

Avec cette révision de la prévision, l'objectif d'un déficit public de 5% du produit intérieur brut (PIB) en 2026 que s'est fixé le gouvernement est "difficile à atteindre", mais tout sera fait pour "s'en rapprocher au maximum", a déclaré le ministre de l'Economie Roland Lescure lors du point presse. Il a précisé que le gouvernement actualiserait ses prévisions de déficit en septembre.

Instance associant le Parlement créée en 2025 pour améliorer le pilotage des finances publiques, le comité d'alerte réunissait des ministres mais aussi des parlementaires, représentants des élus locaux, de la Sécurité sociale ou des syndicats.

Le rapporteur général du budget au Sénat Jean-François Husson (LR) a regretté des annonces d'économies "dont le détail n'a même pas été donné". "Voilà qui ressemble à du cabotage budgétaire davantage qu'à un véritable cap", a-t-il dit. Avant la réunion, il avait estimé que la France était "à l'hôpital dans le secteur des grands brûlés de la dette". "Moi aujourd'hui je dis: 'allô l'Elysée, Matignon, we are dans la mouise'", avait-il poursuivi sur Public Sénat.

"Coût de la canicule"

Le président de la commission des Finances de l'Assemblée, Eric Coquerel (LFI) a estimé pour sa part qu'"à partir du moment où on atteint ces sommes, l'Assemblée aurait dû être saisie". "On aurait eu ainsi les moyens de rechercher des recettes supplémentaires", a-t-il ajouté, estimant par ailleurs qu'il fallait "voir le coût de la canicule", dont la situation "aurait dû être examinée".

Lors d'une précédente réunion du comité d'alerte en avril, le gouvernement avait déjà annoncé six milliards d'euros d'économies sur les dépenses en 2026 pour compenser le coût du conflit au Moyen-Orient: quatre milliards sur l'État et deux milliards dans "la sphère sociale".

David Amiel a depuis lors prévenu que d'autres économies seraient nécessaires. "On va annoncer un cap" lors du comité d'alerte mardi, avait-il indiqué.

Le rapporteur du budget à l'Assemblée Philippe Juvin (LR) avait estimé "à 10-12 milliards" d'euros l'"effort à faire" au total, et le président du Sénat Gérard Larcher (LR) à 6 milliards d'euros les coupes supplémentaires nécessaires.

Plusieurs mauvaises nouvelles se sont succédé au printemps, dont un recul du PIB de 0,1% au premier trimestre. L'inflation, elle, est montée à 2,4% en mai sur un an, avant de redescendre à 1,8% en juin.

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