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"Le règlement de votre amende n'a pas encore été reçu" : attention à ce mail frauduleux, il s'agit d'une arnaque

Des courriels frauduleux vous proposant de régulariser des amendes impayées peuvent atterrir dans votre boîte mail. Derrière eux, des escrocs qui tentent de collecter vos données personnelles ou vos coordonnées bancaires.

Un mail frauduleux invitant à régler une amende impayée reçu le 19 janvier 2026.

Crédit : RTL

Chloé Berry

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"Malgré plusieurs tentatives de communication, le règlement de votre amende n'a pas encore été reçu." À la lecture des premières lignes de ce mail reçu mi-janvier 2026, le stress monte en flèche. L'auteur de ce message, qui se présente comme étant l'Antai (Agence nationale de traitement automatisé des infractions) me réclame 135 euros liés à une contravention de stationnement. Faute de réponse de ma part, l'amende sera majorée. 

Un lien redirigeant vers mon "dossier" m'est alors proposé pour "régulariser ma situation". Mais la supercherie ne s'arrête pas là. 4 jours après le premier mail, je reçois un nouveau courriel m'informant que mon amende est bel et bien majorée. J'ai 24h pour m'acquitter de la somme de 259,99 euros, sous peine d'une nouvelle augmentation qui porterait le montant total à 575 euros.

S'il y a eu quelques doutes, notamment à cause du nom crédible de l'expéditeur (amendes-gouv.fr) et d'une interface convaincante, un faisceau d'indices me permet de comprendre assez vite qu'il s'agit d'une arnaque. Cette histoire vous est peut-être déjà arrivée. Selon un baromètre de cybermalveillance.gouv publié en septembre 2025, 60 % des Français ont déjà été confrontés à un hameçonnage au cours des 12 derniers mois. Un chiffre qui rappelle l'importance d'adopter quelques bonnes pratiques numériques avant de cliquer sur n'importe quel lien.

Adresse mail, logos officiels, URL... Tout ce qu'il faut vérifier avant d'entrer ses informations

Il aura quand même fallu que je fasse une recherche sur Internet pour m'assurer que cette amende n'existait pas. Une note de l'Antai se veut rassurante. L'agence nationale contacte uniquement des particuliers avec l'adresse mail suivante : nepasrepondre_norepy@antai.gouv.fr. Si vous soupçonnez une arnaque, vérifiez l'adresse mail est peut-être la première chose à faire. Souvent, cela permet de dissiper les doutes rapidement. Notez également que l'Antai ne vous contactera jamais par SMS. 

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Dans le corps du mail, vérifiez la présence des logos officiels (Marianne et celui de l'Antai). Sans eux, il ne peut pas s'agir d'un organisme gouvernemental. Si vous avez cliqué sur le lien envoyé, analysez bien l'URL. Le portail officiel pour effectuer vos démarches est le suivant : https://usagers.antai.gouv.fr.

Guettez aussi les fautes d'orthographe ou de termes inappropriés (le "service national de gestion des infractions" qui signe le mail ne correspond à aucune entité gouvernementale), ainsi qu'aux demandes incongrues (la menace d'une procédure de recouvrement "sans nouvel avis"). "S'il y a vraiment un conseil à retenir, c'est le suivant : dès qu'un message suscite une émotion, il faut se méfier", résume un expert de cybermalveillance.gouv, contacté par RTL.fr.

Une arnaque que l'on revoit "un peu plus" en ce moment

Cette arnaque à l'amende circule depuis environ trois ans, selon la plateforme gouvernementale. Si elle ne revient pas en force ces derniers temps, l'expert en entend tout de même "un peu plus parler". Mais rien d'exceptionnel. Comme les vagues, les arnaques reviennent de façon cyclique. 

Il faut être particulièrement vigilant. Derrière de faux courriels, on cherche à vous renvoyer vers des sites frauduleux dont "l’objectif principal est de collecter vos données personnelles (numéro fiscal, numéro permis de conduire, carte d’identité ou passeport, certificat de cession ou destruction de véhicule…)", rappelle l'Antai. 

Notre expert de cybermalveillance.gouv ajoute que désormais, ces sites peuvent aussi proposer une plateforme de paiement. Pourquoi se priver de récupérer quelques centaines d'euros au passage ? Car oui, ces sites de phishing ne sont parfois qu'une porte d'entrée vers une arnaque de plus grande ampleur.

"Tous ces phishing débouchent, à 90 % du temps, sur une arnaque au faux conseiller bancaire", observe l'expert de cybermalveillance.gouv, ajoutant qu'il s'agit de l'arnaque favorite des escrocs en ce moment. Quand vous donnez vos données bancaires sur des sites qui imitent la plateforme amendes.gouv par exemple, des personnes malveillantes peuvent alors identifier votre banque et organiser une seconde fraude. Et là, en se faisant passer pour votre conseiller, ils peuvent rafler gros.

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