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Jardin : plébiscité par les Français, le gazon n'est pas si écologique que ça

Produit apprécié par les Français pour embellir leur jardin, le gazon est vert de couleur mais pas forcément dans les pratiques nécessaires à son entretien.

Comment remplacer une pelouse
Comment remplacer une pelouse
La Revue de Presse du 08 septembre 2021
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Jardin : plébiscité par les Français, le gazon n'est pas si écologique que ça
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Isabelle Choquet - édité par Julien Vattaire

C'est vert mais ce n'est pas forcément écolo. Le gazon qu’on arrose à grande eau, qu’on rase à fond la tondeuse et qu’on nettoie à grandes giclées d’herbicide, c’est du végétal mais ce n’est pas la nature. Et ça, les Français commencent à en prendre conscience. 

Le sujet est abordé dans une enquête complète publiée dans M, le magazine du Monde. Le point de départ est les "Trente Glorieuses", période durant laquelle fleurait bon l’herbe tondue. Dans les pavillons, la moquette de graminées prolongeait celle du salon. On a beau avoir changé de siècle, le tapis vert n’a pas perdu son pouvoir de séduction

La France aligne 12 millions de jardins avec pelouse, soit un marché de près d’un milliard d’euros. Chez Gamm Vert et Jardiland, les ventes de semences ce printemps ont dépassé celles de 2019. On serait même au bord d’une pénurie européenne. Le confinement est passé par là. Mais, le gazon, c’est le premier réflexe du gars qui ne sait pas quoi planter.

Des clients "obnubilés par la notion du propre"?

Un réflexe qui désespère Olivier Planchenault, paysagiste dans le Maine-et-Loire : "Il y a encore du boulot pour faire accepter autre chose qu’un gazon uniforme, dit-il. Au départ, les clients disent tous qu’ils n’attendent pas un green de golf. Mais dès qu’apparaissent des adventices au printemps, ils reviennent me voir : 'Il y a des mauvaises herbes'. Le trèfle, le pissenlit, la pâquerette, ça fait herbe à vaches. Eux, ils ont payé pour du gazon, celui qu’on va tondre le vendredi avant l’arrivée des invités. Ils se mettent à quatre pattes pour chercher le trèfle, ils sont obnubilés par la notion du 'propre'". 

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Le son de cloche est le même chez son confrère Nicolas Deschamps, en région parisienne : "Les gens veulent que leurs gamins restent propres, alors ils attendent un sol souple comme à la crèche, et puis ils ont peur des couvre-sol qui fleurissent, à cause des abeilles." Une lampée d’herbicide, un coup de tondeuse régulier et c’est réglé, les graminées ne fleurissent jamais. Mais, du coup, dans notre gazon, il n’y a ni refuge ni nourriture pour les insectes et les oiseaux.

Le gazon, gros consommateur d'eau

Le vrai gros problème, c’est l’eau. C’est qu’un gazon, ça biberonne. "Un gazon sans arrosage n’est possible nulle part en France, dit un pépiniériste. Il lui faut de la pluie chaque semaine durant la saison de croissance, entre mai et octobre". 

En Californie, on a renoncé. À Las Vegas, la pelouse ornementale sera interdite en 2027. Et nous, on y va tout droit. À Montpellier ou à Marseille, une pelouse demande près de 1.000 litres d’eau par mètre carré et par an. "Si nous évoluons vers un climat méditerranéen, dit un agronome, ça deviendra difficile de conserver à tout prix un gazon. Ce n’est déjà pas réaliste dans les 30 km à partir du littoral méditerranéen. Avec le réchauffement, cela va remonter jusqu’à Toulouse, une partie de l’Aquitaine, dans la vallée du Rhône". 

Pourtant, il n’est pas si nul, notre carré de verdure. Il rafraîchit l’air, il retient les poussières, il limite le ruissellement, et même, il séquestre le carbone atmosphérique "aussi bien qu’une forêt", selon un ingénieur de l'Inra. Sauf, dit-il, si on brûle ce qu’on a tondu. Dans ce cas, il y a des émissions de carbone, qui viennent s’ajouter à celles de la tondeuse.

Il y a du boulot, mais les mentalités commencent à changer. En jardinerie, on voit aussi apparaître des semences de "pelouse mixte éco-durable" qui incluent des légumineuses comme le trèfle nain. Ce dernier est une merveille, vert toute l’année, pas du genre assoiffé, et il élimine les adventices. Pour peu qu’il ait quatre feuilles, c’est que du bonheur.

Le gazon, ce non-sens écologique, une enquête complète à lire dans M, le magazine du Monde. 

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