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"Il faut décarboner l'économie française" : sur RTL Clément Caudron de "The Shift Project" présente un plan pour atteindre la neutralité carbone en 2050

"The Shift Project" présente un plan de transition en 20 mesures pour réduire la dépendance française aux énergies fossiles. Son objectif : atteindre la neutralité carbone d’ici 2050 en misant sur l’électrification, la rénovation énergétique et une baisse du trafic aérien.

Centrale nucléaire EDF de Saint-Laurent-des-Eaux. (Illustration)

Crédit : Thierry GRUN / ONLY FRANCE / Only France via AFP

Clément Caudron, chef de projet "Stratégie de transition robuste" pour le Shift Project, est l'invité d'Anne-Sophie Lapix

00:09:14

Clément Caudron, chef de projet "Stratégie de transition robuste" pour le Shift Project, est l'invité d'Anne-Sophie Lapix

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Anne-Sophie Lapix & Eléonore Aparicio

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En pleine flambée des prix à la pompe, le think tank "The Shift Project", présidé par l’ingénieur Jean-Marc Jancovici a dévoilé un plan de transition articulé autour de 20 propositions. Pour Clément Caudron, chef de projet "stratégie de transition robuste" du think tank, invité sur RTL mardi 14 avril, cette crise énergétique confirme surtout une fragilité de fond : la dépendance de la France aux hydrocarbures.

"Il faut surtout structurellement décarboner l'économie française pour ne plus dépendre des prix du carburant et ne plus dépendre du prix du gaz", explique-t-il, invoquant ici une "vulnérabilité" dont il faut absolument sortir. À travers 20 chantiers, ce "plan robuste pour l’économie française" doit permettre d’atteindre la neutralité carbone dans 25 ans sans affecter l’économie du pays.

Le Shift Project défend ainsi une transition dite "robuste", capable de tenir même dans un contexte de crises et d’aléas. "En ingénierie, la robustesse d’un système, c’est sa capacité à maintenir son fonctionnement même quand tout ne se passe pas comme prévu”, souligne Clément Caudron. "Une transition robuste, c’est une transition qui réussit même dans ce monde instable là."

20 projets dans 6 secteurs différents

Sur le fond, le document du Shift Project ne prétend pas tout réinventer. Il reprend certains leviers déjà connus, comme la voiture électrique, l’isolation des bâtiments ou encore les pompes à chaleur. Mais selon Clément Caudron, l’enjeu est désormais très concret : "Ce qui est nouveau, c’est de se poser des questions très concrètes sur le comment." Autrement dit, identifier ce qu’il faut "débloquer pour qu’ils avancent au bon rythme."

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Le plan défend aussi une électrification massive des usages, dans les transports, le chauffage et l’industrie. Pour cela, le Shift plaide à la fois pour le nucléaire et pour les renouvelables. "On n’est pas du tout pour opposer ces deux formes d’énergie", insiste le chef de projet. "On dit qu’il faut augmenter la consommation d’électricité et qu’à ce moment-là, on aura besoin et du nucléaire et du renouvelable."

Aides à la rénovation énergétique et réduction du trafic aérien

Dans le logement, le Shift soutient les mesures favorables aux pompes à chaleur et à la rénovation énergétique. "C’est des choses qui vont dans le bon sens", juge-t-il, en évoquant notamment les dispositifs d’aide à l’équipement.

Sur les transports, le think tank estime aussi qu’il faudra réduire le trafic aérien. L’objectif avancé est "une baisse de trafic d’environ un tiers à l’horizon 2050 par rapport à aujourd’hui”. Clément Caudron précise toutefois qu’il ne s’agit pas de supprimer l’avion, mais de “faire un peu attention, notamment sur les longs courriers”, tout en renforçant l’alternative ferroviaire.

Un coût global pas précisément chiffré

Le Shift Project assume enfin de ne pas avoir chiffré précisément le coût global de son plan. "Il y aura des financements publics et privés qui seront nécessaires", reconnaît Clément Caudron. Mais il défend une logique d’investissement : "La transition, c’est dépenser peut-être un petit peu plus aujourd’hui, mais pour dépenser beaucoup moins demain en termes de factures énergétiques."

Au-delà de l’enjeu climatique, le think tank met en avant un argument de souveraineté. La dépendance française aux énergies fossiles coûterait, selon lui, "60 milliards d’euros par an, les bonnes années", et jusqu’à "120 milliards d’euros" en 2022. Pour Clément Caudron, décarboner, c’est donc aussi se protéger durablement contre les chocs énergétiques à venir.

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