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Gel des récoltes : les viticulteurs redoutent une année noire

Un fort épisode de gel a sévi en France ces derniers jours, mettant en péril les les vins de Bourgogne et de la vallée du Rhône.

Ce viticulteur utilise des bougies pour lutter contre le gel
Ce viticulteur utilise des bougies pour lutter contre le gel
Crédit : JEFF PACHOUD / AFP
Nicolas Barreiro
Journaliste

Frappés par un épisode de gel exceptionnel, les vignerons de Bourgogne et de la vallée du Rhône dressaient vendredi 9 avril avec effroi un premier bilan pouvant, par endroits, aller jusqu'à une perte quasi-totale de la récolte. 

"Ce sera la plus petite récolte des Côtes du Rhône de ces 40 dernières années", explique Philippe Pellaton, président d'Inter-Rhône, qui évalue à "environ 80% à 90%" les pertes subies sur les près de 68.000 hectares de ce terroir. "Le phénomène a touché presque l'intégralité du territoire, ce qui est très rare. Normalement, on a des épisodes de gel bien plus localisés", ajoute le responsable, qui s'alarme: "les viticulteurs sont catastrophés, abattus".

"Entre le Brexit, les taxes Trump ou la Covid, ça fait beaucoup pour nous, petits viticulteurs. Pour les moins solides financièrement, ça va être très compliqué", confirme Michaël Gerin, président de l'appellation Côte-Rôtie, qui évalue ses pertes de production à "80, voire 100%".

Du jamais vu "depuis 1938"

"Beaucoup d'entre nous ne sont pas assurés. C'est souvent trop cher. La déclaration de l'état de calamité agricole est un premier pas mais il va falloir aller au-delà", ajoute-t-il. "Je pense que, depuis 1938, on n'a jamais vu ça", renchérit Christophe Pichon, président de l'appellation Condrieu. 

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La situation n'est pas meilleure en Bourgogne, et en particulier pour la prestigieuse appellation Chablis. Les dégâts se chiffrent entre "80 et 90%", estime Frédéric Gueguen, du bureau de la Fédération de défense de l'appellation Chablis. "Je crains qu'il y ait certaines exploitations qui ne s'en remettent pas", avertit le viticulteur, qui pense à arracher une partie de sa vigne pour "revenir à des cultures vivrières". 

"Ça pourrait être pire que 2016", quand la vigne de la région avait été touchée jusqu'à 70% en fonction des zones. "En 2016, on n'avait qu'un coup de blizzard. Cette fois-ci, on a eu trois nuits de fortes gelées", a expliqué François Labet, président du Bureau interprofessionnel des vins de Bourgogne.

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