3 min de lecture Pneumatiques

Fermeture de Bridgestone : une chance de construire l'industrie du futur ?

La fermeture de Bridgestone à Béthune est socialement une lourde perte, mais accepter de laisser partir certaines productions sans avenir, cela permet de préparer l'usine 4.0. La crise actuelle pourrait aussi être une opportunité d'accélérer la transformation digitale et environnementale de notre industrie dans les Hauts-de-France.

Eco_245x300 L'éco and You Martial You iTunes RSS
>
Fermeture de Bridgestone : une chance pour rebondir sur l'industrie du futur ? Crédit Image : DENIS CHARLET / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
La page de l'émission
L'Eco and You - Martial You
Martial You édité par Sarah Ugolini

Douche froide à Béthune. Bridgestone n'a rien voulu savoir, il ferme son usine de pneus avec ses 863 salariés. C'est peut-être malgré tout un mal pour un bien. C'est violent, c'est brutal et je n'oublie pas les vies qu'il y a derrière. Mais, j'étais dans l'Orne, à la fin du siècle dernier, quand on a fermé les usines Moulinex d'Argentan et d'Alençon. 

Il n'y a rien de pire que de fermer des sites, verser des primes supra-légales aux licenciés et ne laisser aucun espoir. Or, de l'espoir, de l'avenir, il y en a dans cette région et c'est ça qu'il faut voir. Au-delà du drame social, laissons partir les pneus bas de gamme à Poznan, laissons partir les lave-linges, mais à condition de préparer derrière l'industrie du futur. La France n'est pas armée pour faire du bas de gamme et du low-cost et, à la rigueur, tant mieux !

C'est dur à entendre pour les 863 salariés de Bridgestone car pour l'instant on est dans l'urgence sociale, il n'y a pas de solutions identifiées. Mais les Hauts-de-France sont en train de faire muer leur industrie. La région est dans le Top 3 français des sites qui attirent le plus les investissements étrangers selon le dernier baromètre E&Y. Et la France est devenue depuis quelques années (avant le coronavirus), le premier pays où on investit sur des projets industriels, devant l'Allemagne et la Grande-Bretagne.

Un moyen de construire l'industrie de 2030

Cette fermeture de Bridgestone, c'est un moyen de tester la capacité du gouvernement à construire l'avenir. Les 100 milliards d'euros du plan de relance doivent construire l'industrie de 2030, a dit Emmanuel Macron. Et bien, ça signifie qu'il faut faire des choix : accepter de laisser partir certaines productions sans avenir, mais préparer l'usine 4.0 comme on dit. La crise actuelle peut aussi être une opportunité d'accélérer la transformation digitale et environnementale de notre industrie. Et sur ce point, la région des Hauts-de-France est parfaitement armée.

À lire aussi
François Lenglet
Déconfinement : les Européens ont faim de consommation

On parle d'une dizaine de projets de reprises pour le site et les salariés de Béthune. Il y aura sans doute des projets d'urgence et des pré-retraites pour les salariés les plus âgés. Mais quand on discute avec l'État et avec la Région, on voit que vous avez deux formidables opportunités d'avenir qui peuvent s'appuyer sur les compétences des salariés de Bridgestone : le pneu et la batterie électrique.

Le pneu comme filière d'avenir ?

Le pneu comme filière d'avenir, c'est le plus évident et le plus abouti. Une filière de rechapage et de recyclage des pneus n'existe pas en France. C'est là aussi où on peut dégager une activité à valeur ajoutée qui rapporte de l'argent et permet d'assumer les salaires français. Et puis, vous avez à 20 minutes de Béthune, l'usine flambant neuve de l'Airbus de la batterie qui va ouvrir en 2023 à Douvrain.

Xavier Bertrand est prêt à mettre des navettes gratuites pour transporter des habitants de Béthune vers Douvrain s'il le faut. C'est important car c'est souvent difficile de faire bouger les salariés, même à 20 minutes. 2.000 à 2.400 emplois sont à la clé et 120 millions d'euros seraient investis par la Région.

Voilà une perspective pour les plus jeunes. Les Hauts-de-France ont la chance d'avoir tous les constructeurs français, et même Toyota, sur leur territoire. La Région peut devenir le pôle d'excellence de la voiture du futur. C'est une perspective plus enthousiasmante que des machines à laver.

Le plus : confirmation de l'aide pour les loyers des commerces

Le plus du jour, c'est la confirmation de l'aide pour les loyers des commerces. Je vous en parlais dès mardi, c'est confirmé et c'est crucial pour les petits commerces obligés de fermer. L'État va donc prendre 50% du prix du loyer grâce à un crédit d'impôts proposé aux bailleurs : 50% au lieu de 30%.

La note : 15/20 au budget rectificatif

15/20 pour le budget rectificatif qui rétablit l'équilibre entre Airbnb et les hôtels traditionnels. La taxe de séjour pourra passer de 2,3% à 4,1% sur les appartements loués. C'est le même niveau que les hôtels et palaces. La taxe de séjour est perçue par 28.000 communes et elle a rapporté via Airbnb 58 millions l'an dernier. Cette année, faute de touristes, ce sera moins.

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Pneumatiques Hauts-de-France Industrie
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants