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Bridgestone, Continental, Goodyear... Le reclassement des salariés, une solution viable ?

ÉCLAIRAGE - À Béthune (Pas-de-Calais), le président de l'usine Bridgestone envisage notamment un reclassement des salariés.

Bridgeston a annoncé vouloir fermer son usine dans le Pas-de-Calais qui emploie 863 personnes.
Bridgeston a annoncé vouloir fermer son usine dans le Pas-de-Calais qui emploie 863 personnes.
Crédit : DENIS CHARLET / AFP
Licenciements : le reclasssement des salariés est-il une solution viable ?
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Christophe Ponzio - édité par Maxime Magnier

À Béthune, dans l'usine de pneumatiques Bridgestone, ce sont 863 emplois qui sont menacés. Pour éviter de licencier, la direction se dit prête à un reclassement de ses salariés. Mais la solution est-elle efficace ?

Non, loin de là. Prenez les "Conti", les plus de 1.100 salariés de l'usine Continental de Clairoix, fermée en 2010 : seuls 25% des agents de production avaient retrouvé un CDI, et ce quatre ans plus tard. Près de la moitié des salariés étaient encore à Pôle emploi, les autres enchaînant des missions d'intérim dans les secteurs des transports routiers, du nettoyage ou du gardiennage. On compte aussi 300 divorces, 14 suicides, selon les syndicats. Des maisons vendues et des situations de surendettement.

Si on prend les "Goodyear" d'Amiens Nord, dont l'usine a fermé en 2014, 400 des 1.000 salariés qui avaient souhaité bénéficier du congé de reclassement ont retrouvé un travail, trois ans plus tard. Une partie est à la retraite, mais 40% d'entre eux n'avaient rien.

Bref, ce qu'on appelle des solutions de reclassement ressemblent souvent à des chemins de croix pour ces salariés des usines de pneumatique. 

Le contre-exemple Michelin

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Cela fonctionne quand même de temps en temps, comme en atteste l'exemple Michelin : l'entreprise a fermé trois sites en dix ans. Le groupe français peut reclasser ses salariés sur d'autres sites en activité dans l'Hexagone. À chaque fermeture, Michelin propose donc des mobilités. Cela évite la casse sociale et préserve les compétences. Encore faut-il que ces sites ne ferment pas à leur tour, comme c'est le cas en ce moment à La Roche-sur-Yon, en Vendée, où des salariés avaient déjà été reclassés

En France, environ 20.000 salariés travaillent dans le secteur des pneumatiques, dont la moitié en Auvergne-Rhône-Alpes, essentiellement avec Michelin, qui possède encore une quinzaine d'usines de pneus sur tout le territoire. 

Viennent ensuite les Hauts-de-France, avec l'usine Goodyear-Dunlop d'Amiens et celle de Bridgestone, à Béthune. Vient ensuite le Grand Est, avec le dernier site français de Continental, à Sarreguemines. Voilà les principaux bassins d'emploi. Il faut bien dire que le secteur du pneumatique a perdu 4.000 emplois, soit plus de 15% de ses effectifs.  

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