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ÉDITO - Présidentielle : le pouvoir d'achat, priorité des Français et des candidats

Les candidats à la présidentielle multiplient les propositions en matière de pouvoir d'achat dans leurs programmes. Un cas spécifique à la France où cette question relève de l'obsession.

Pièces et billets (illustration)
Pièces et billets (illustration)
Crédit : iSotck
Présidentielle : le pouvoir d'achat, priorité des Français et des candidats
03:35
Présidentielle : le pouvoir d'achat, priorité des Français et des candidats
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François Lenglet - édité par Quentin Marchal

Priorité des Français, le pouvoir d'achat est largement mentionné par les candidats de droite et de gauche, qui multiplient les mesures et propositions dans leurs programmes de manière encore plus poussée que lors des précédents scrutins. Cette tendance s'explique d'abord par le fait que l’inflation a grignoté la valeur des salaires, avec une hausse des prix de 2,8% sur un an, principalement due aux prix de l’énergie qui ont progressé de 22%. 

Ensuite, les initiatives du gouvernement en période électorale, avec l'indemnité inflation et le blocage des prix du tarif réglementé du gaz, qui représentent 20 milliards d’euros, soit un point du PIB, ont à la fois solutionné une partie du problème et entretenu une forte demande, pathologique, adressée à l’exécutif. 
 
En effet, le pouvoir d’achat est une obsession française. Il est légitime, à double titre, de se demander si la demande des électeurs d'une hausse du pouvoir d'achat n'est pas aberrante. Ce n’est pas à l’État qu’il faut s’adresser pour augmenter les salaires, mais aux employeurs. Ça n’est pas à l’État de compenser la hausse des prix, mais à celui qui verse un salaire. Il y a une sorte de dévoration, en France, de toutes les responsabilités par l’État. C’est lui qui doit payer pour tout, assurer tout et tout le monde. 

La hausse de la dette va peser sur les finances publiques

Deuxièmement, et c’est le plus important, le pouvoir d’achat n’est qu’une résultante de la politique économique et non un présupposé. Avant de redistribuer sous forme de salaire, il faut produire. Le pouvoir d’achat est la conséquence de la production de richesse, qui elle-même dépend de la quantité de travail fournie dans le pays, du niveau de formation et de la qualité de d’équipement technologique.

C’est là-dessus que les politiques doivent agir, c’est cela qu’il devrait y avoir dans leurs programmes, et pas la distribution de chèques en bois. Mais nous ne voulons pas l’entendre, nous voulons du pouvoir d’achat quoi qu’il arrive, ou plutôt quoi qu’il en coûte. Faute de croissance suffisante, surtout en période de pandémie, c’est donc l’État qui paye.
 
Si on ne produit pas assez et qu’on distribue quand même, la dette augmente inéluctablement. Ces vingt milliards dépensés pour contrer la hausse des prix de l’énergie sont vingt milliards de dettes supplémentaires, ce qui pèsera sur les finances publiques dans dix ou quinze ans. Nous hypothéquons la France de demain pour financer le pouvoir d’achat d’aujourd’hui

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Par ailleurs, comme nous ne produisons plus beaucoup, nous achetons à l’étranger. Les produits les plus consommés par les Français sont tous fabriqués à l’étranger. Tout cela creuse le déficit commercial. L’obsession française pour le pouvoir d’achat creuse donc les deux déficits français, celui du budget et celui du commerce extérieur. En 2021, l’un et l’autre avaient atteint des montants absolument sans précédent.

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