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ÉDITO - Pouvoir d'achat : François Lenglet explique les mécanismes détournés d'augmentation des prix

Deux ans après le début de la pandémie de Covid-19, de grandes multinationales augmentent leurs prix de façon impressionnante. Les explications de François Lenglet.

L'inflation (illustration)
L'inflation (illustration)
Crédit : AFP / JOEL SAGET
ÉDITO - Pourquoi les multinationales augmentent-elles leurs prix ?
00:03:55
ÉDITO - Pourquoi les multinationales augmentent-elles leurs prix ?
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François Lenglet - édité par William Vuillez

Les multinationales de la grande consommation augmentent leurs prix de façon impressionnante. Ce jeudi, c’était le géant britannique Unilever (ce sont les glaces Miko et Magnum, la moutarde Amora, l’assouplissant Cajoline, le dentifrice Signal) qui annonçait des hausses de prix de 8% pour ses produits. La firme ajoutait que l’inflation allait s’accélérer dans la seconde moitié de 2022. Et elle révélait que ses coûts d’approvisionnement en matière premières, habituellement de 23 milliards d’euros, avaient bondi de 3,6 milliards supplémentaires

Il y a quelques jours, on apprenait que Nestlé (KitKat, Purina ou encore Maggi) avait fait grimper ses prix de 5,2% sur le premier trimestre. Même saut, +5,2%, sur la même période, pour le deuxième brasseur mondial, Heineken. Encore +5% pour Gillette, Allways, Pampers, les marques qui appartiennent au géant américain Procter et Gamble. Et c’est sans compter avec les augmentations détournées, qui se multiplient.
 
Ce qu’on appelle la "shrinkflation", du verbe shrink qui veut dire réduire en anglais, les Canadiens appellent ça d’ailleurs la réduflation. Le prix apparent ne change pas, mais la quantité de produit est réduite. Les biscuits Oreo, qui appartiennent au groupe Mondelez, sont les champions, un paquet d’une édition limitée de 24 biscuits coûte plus cher que le paquet standard de 36 ! Même le papier toilette est réduflaté, 26 feuilles de moins sur des rouleaux dont on a agrandi le cylindre en carton, pour faire le même volume apparent ! Gatorade réduit de 14% le contenu de ses bouteilles de soda en expliquant qu’ainsi, elles sont plus faciles à saisir et qu’elles ont une forme aérodynamique...

Un phénomène durable ?

Dans le même genre, il y a la "skimpflationé". Skimp veut dire rabioter. La skimpflation, c’est mégoter sur le service. Les chaînes d’hôtel Hilton et Marriot par exemple, qui ne changent le linge des chambres quotidiennement qu’aux clients qui le demandent explicitement. Ou encore des parcs d’attraction qui ne fournissent plus les navettes gratuites, on voit ça aux États-Unis.
 
De nombreux spécialistes n’y voyaient qu’une bouffée temporaire, parce qu’ils se fixaient sur les causes apparentes du phénomène, elles-mêmes conjoncturelles. Les pénuries de circuits électroniques, les ruptures d’approvisionnement causées par la Covid-19, le renchérissement du prix de l’énergie et l’effondrement de la production de céréales à cause de la guerre en Ukraine. Toutes ces causes bien réelles, mais qui ne suffisent pas à expliquer une hausse des prix aussi puissante et durable.

Plus de monnaie en circulation

Normalement, la quantité de monnaie en circulation dans un pays doit correspondre peu ou prou à la valeur de ce qui est produit par l’économie, le PIB. Si l’on crée plus de monnaie que ce qu’on produit réellement, les prix montent, ça a été observé maintes fois dans l’histoire. Et c’est exactement ce qui s’est produit pendant la crise Covid, avec le quoi qu’il en coûte mondial. 

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Pour préserver les revenus même si l’on a beaucoup moins produit à cause du confinement, les gouvernements ont emprunté auprès des banques centrales, qui ont créé des milliers de milliards. Production qui s’effondre mais revenus qui n’ont pas baissé, ça fait plus de monnaie. Le résultat, c’est la hausse des prix. Avec cette inflation, en réalité, nous commençons à payer le quoi qu’il en coûte et la dette qu’il a creusée. Non pas en remboursant la dette, mais sous la forme d’un pouvoir d’achat qui s’érode. 

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