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Coronavirus : quelles sont les conséquences du chômage partiel ?

ÉDITO - À compter du 1er juin, le gouvernement va commencer à réduire le chômage partiel. Si les salariés seront payés de façon équivalente, c'est la prise en charge de l'État et de l'assurance chômage qui baisse de 10%.

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Coronavirus : quelles sont les conséquences du chômage partiel ? Crédit Image : LUDOVIC MARIN / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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François Lenglet édité par Marie Gingault

Qui dit déconfinement dit aussi reprise de l’activité et donc sortie progressive des dispositifs d’aide exceptionnelle destinés à aider les employeurs. L’État et l’assurance chômage prenaient en charge jusqu’ici 70% du salaire brut, ce sera désormais 60% à compter du 1er juin et pour une durée qui n'a pas été précisée. 

C'est le remboursement effectué aux employeurs qui diminue, mais rien ne change pour les salariés eux-mêmes. Ils seront payés intégralement s’ils sont au Smic, et à 84% de leur net sinon, dans la limite de 4.600 euros par mois. Quant aux entreprises qui seront contraintes de rester fermées au mois de juin, les restaurants, les théâtres, au moins dans les départements rouges, elles ne subiront pas de réduction.


Au mois d'avril, 8 millions et demi de salariés avaient ont eu recours au chômage partiel, soit plus d’un salarié sur trois, pour une durée moyenne de deux semaines et demie. C’est donc une aide massive, qui a été de surcroît très rapidement décaissée. Sur ce chapitre, comme sur les prêts garantis par l’état, l’administration a été beaucoup plus efficace que lorsqu’elle cherchait des masques.

Un coût d'une quarantaine de milliards d'euros

On peut estimer ce coup, au bas mot, à une quarantaine de milliards d’euros, dont les deux tiers sont pris en charge par l’état, le reste étant assumé par l’Unedic. À terme, une partie de tout cela pourrait être financée par des prêts du programme européen SURE. La France a mis en œuvre le programme le plus vaste et le plus généreux en Europe. 

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L’Allemagne par exemple ne finance que 60% du salaire net, contre 84% chez nous. On a même été un peu loin avec un plafond de 4.600 euros. De l’avis d’un dirigeant patronal, à ces niveaux de salaires, ce sont souvent des cadres, qui peuvent exercer leur activité en télétravail, sauf dans les secteurs fermés pour raisons sanitaires.

Un léger mieux pour l'économie française ?

Cette diminution des aides signifie indéniablement que l'économie va mieux. La reprise s’opère, notamment dans le BTP, où 60 à 70% des chantiers avaient repris la semaine dernière, et dans l’industrie. 

Mais la suppression du chômage partiel va aussi réserver de mauvaises surprises, ce sera la vérité des prix sur le chômage tout court. Car certaines entreprises sont maintenues à bout de bras avec toutes ces aides. Lorsqu’elles seront interrompues, il y aura des licenciements, avec de vrais chômeurs si je puis dire, on voit déjà cela se profiler dans le commerce.

Le risque de "zombification"

Concernant l'avenir des autres aides, c’est la même chose. Elles sont destinées à diminuer progressivement, tant pour les indépendants que les prêts bancaires garantis. Tout le problème est de trouver le bon moment. Stoppées trop tôt, elles plongent des entreprises viables dans la faillite. Stoppées trop tard, sans même parler du coût pour les finances publiques, elles risquent de prolonger en pure perte des entreprises qui ne sont pas viables, parce que les habitudes du consommateur ont changé, le recours au e-commerce par exemple. 

C’est le risque de "zombification", c’est-à-dire d’avoir des entreprises zombies, mort-vivantes, qui ne tiennent qu’artificiellement avec le soutien de l’état. C’est comme si on avait sauvé les locomotives à vapeur au moment de l’invention de l’électricité. Autant dire qu’il faudra, pour choisir le bon moment, l'intuition et le savoir-faire d’un médecin réanimateur.

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