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Coronavirus : le chômage augmente, et ce n'est qu'un début

ÉDITO - Le deuxième confinement a provoqué une augmentation du chômage moins forte qu'au printemps, mais la situation risque de se dégrader en 2021.

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Coronavirus : le chômage augmente, et ce n'est qu'un début Crédit Image : PASCAL GUYOT / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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Anais Bouissou
Anaïs Bouissou édité par Marie Gingault

Le chômage a augmenté en novembre. La DARES, le service de statistiques du ministère du Travail enregistre 34.400 demandeurs d’emplois sans activité supplémentaires en un mois. Bien sûr c’est inquiétant, car ce n’est jamais bon quand le chômage augmente, mais dans l’immédiat, pour le mois de novembre, il faut relativiser un peu. On est sur une progression plus faible que le pic monumental du chômage du premier confinement.  

En effet, lors du premier confinement, en avril, le nombre de demandeurs d’emplois sans aucune activité avait bondi de plus de 20%. Là, pendant le deuxième confinement on est sur 1% d’augmentation. Toutefois, ce qui reste inquiétant, c’est la proportion des jeunes touchés par le chômage. Ils n’ont été épargnés ni au printemps, ni maintenant, et on sait qu’ils sont souvent les plus précaires.  

Et pour la suite, on ne peut malheureusement pas être plus optimiste. Évidemment, on rêve de se tromper, le pire n’est jamais certain, surtout en matière de prévisions. Néanmoins, on risque de débuter 2021 par un avis de gros temps sur le front de l’emploi. La hausse du chômage du mois de novembre, c’est une amorce, un début de ce qu’on pourrait vivre dans les prochains mois.  

Les chiffres de l’intérim se sont aussi dégradés. Il y a eu moins de déclarations d’embauche, et des plans de sauvegarde de l’emploi qui s’accumulent. Résultat le nombre de ruptures de contrats envisagées a quasiment doublé par rapport 2019. Non seulement les chiffres risquent d’être mauvais, mais en plus ils risquent d’être de pire en pire. Là on ne fait que commencer à sentir le froid de l’hiver économique. On voit la vague venir, mais à ce jour, on n’y est même pas.   

Un 3ème confinement catastrophique pour l'économie

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Prenez les plans de sauvegarde de l’emploi, les procédures sont en cours. Les entreprises ne se sont souvent pas encore séparées de leurs salariés. Pour les faillites, c’est pareil, elles n’ont pas encore eu lieu. Le temps que le phénomène s’enclenche vraiment, ce sera certainement pour 2021.   

En outre, les menaces sanitaires ne vont pas arranger les choses et c'est bien là la hantise des entreprises. Un troisième confinement, même nécessaire sur le plan de la santé, serait une catastrophe économique. Ce sont les représentants des petites et moyennes entreprises qui le disent. À cela, vous ajoutez le chômage partiel, dont la prise en charge va diminuer pour certains secteurs, les prêts garantis par l’État qui sont quand même censés être remboursés un jour et le moral des ménages. Quand ils craignent pour l’avenir, ils épargnent au lieu de consommer.  

Comment inverser les courbes ?

Toutefois, l’horizon du vaccin fait du bien, les investissements du plan de relance aussi, mais est-ce que ce sera suffisant pour inverser les courbes de l’emploi ? À terme peut-être, d’ici la fin 2021 on l’espère, mais pour le début de l’année sûrement pas. Évidemment, il y a encore moyen de limiter la casse. Il reste le soutien financier massif de l’État, et puis il y a tout un arsenal de solutions pour limiter au maximum le pire, c’est-à-dire la case chômage.  

Ça passera par la formation : inciter les salariés à se reconvertir. Ça passe également par une sorte d’hibernation des entreprises, l’activité partielle de longue durée, où le travail est réduit, l’entreprise tourne au ralenti, plutôt que de licencier. L’espoir de Bercy, c’est que tous ces outils permettent de diviser par deux les pertes d’emploi. Et puisque cela ne suffira pas, le gouvernement travaille en plus à la mise en place d’aides à la consommation. Des chèques alimentaires pour les ménages modestes, dont les contours sont encore flous.
  
Pour les secteurs qui s’en sortent le mieux, dans le secteur de la santé, dans les supermarchés, dans l’agroalimentaire, et l'e-commerce, il est certain que les salariés auront plutôt intérêt à y rester. Cela dit, la note d’espoir reste bien pâle, car même pour eux, la crise risque de se traduire sur les fiches de paye. 

Globalement, 2021 pourrait bien être l’année de la modération salariale. Le risque, c’est des recrutements plus faibles et des salaires qui augmentent peu. Pour vous donner une idée, l’association des DRH a fait une enquête. 1 DRH sur 2 prévoit que la crise aura un impact sur les augmentations de salaire.

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