2 min de lecture Première Guerre mondiale

Centenaire du 11-Novembre : les coûts extravagants du conflit

Les coûts du conflit lui-même s'ajoutent aux coûts de la reconstruction. En novembre 1918, la France est endettée pour près de 200% du PIB, c'est-à-dire 2 fois plus qu'aujourd'hui.

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Centenaire du 11-Novembre : les coûts extravagants du conflit Crédit Image : E.R.L./SIPA | Crédit Média : RTL | Durée : | Date : La page de l'émission
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François Lenglet Journaliste RTL

Le centenaire de l'armistice de la Première Guerre mondiale a été célébré ce dimanche 11 novembre. Cette guerre a été un gouffre financier. Aux coûts extravagants de la reconstruction s'ajoutaient ceux du conflit lui-même. En novembre 1918, la France est endettée pour près de 200% du PIB, c'est-à-dire 2 fois plus qu'aujourd'hui, toutes proportions gardées. 
 
La guerre avait été financée par l'impôt, à hauteur de 15%. C'est à l'été 1914 que la France crée l'impôt sur le revenu. Par des emprunts, notamment auprès des Français, qu'on mobilise pour la cause patriotique. Et enfin par la création monétaire, c'est-à-dire la planche à billets. On demande à la Banque de France, qui est privée à l'époque, de fabriquer des billets de banque pour consentir des avances au Trésor et fabriquer des armes. Cela oblige la France à quitter l'étalon-or, c'est-à-dire que le franc n'est plus convertible en métal précieux. 

Une inflation explosive

Le franc est alors dévalué. Il perdra les deux tiers de sa valeur pendant la guerre, à cause d'une inflation extraordinaire à laquelle les Français n'étaient pas habitués, puisque le franc avait vu sa valeur inchangée tout au long du XIXème siècle. Entre 1915 et 1919, la hausse des prix sera comprise entre 10% et 30% par an, alors qu'elle était de zéro sur les années qui précédaient. 

Ce dérèglement redistribue la richesse, en tondant littéralement les rentiers, qui profitaient d'obligations d'État à 3% et dont le cours s'effondre puisqu'elles ne garantissent plus le capital. Bon nombre de ces vieux bourgeois ou vieux agriculteurs sont contraints de se mettre à travailler, car le capital ne rapporte plus assez. 
 
Les Français, Clémenceau en particulier, veulent faire payer l'Allemagne pour les dégâts qu'elle a commis. Exactement comme la France avait été contrainte de payer après sa défaite de 1871, et après les guerres napoléoniennes. Mais les demandes qu'elle formule lors du traité de Versailles, en 1919, sont exorbitantes. Keynes, qui négocie le traité côté britannique, note ainsi que "la politique de la France consistait, autant que possible, à faire reculer la pendule et à défaire tout ce qu'avait accompli l'évolution de l'Allemagne depuis 1870". 

L'Allemagne exsangue

L'Allemagne, puissance industrielle montante d'avant guerre, est littéralement saignée. Elle doit céder bon nombre de ses propriétés, de ses usines, de ses navires, et payer quelque 6 milliards de livres sterlings de l'époque.

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Cette somme représente plus de 10 ans d'exportations allemandes de 1913. Si on calcule l'équivalent, on arriverait à plus de 10.000 milliards d'euros, c'est 5 fois la dette publique allemande actuelle. Ce sont des montants inatteignables qui, selon Keynes, ne feront que précipiter l'Allemagne dans la crise économique, elle-même étant l'une des causes du vote nazi au tournant des années 1930. 

L'Allemagne ne paiera d'ailleurs jamais intégralement, et la question des réparations va littéralement empoisonner l'entre-deux guerres. Mais au plan économique, la France se remet cahin-caha. Le 25 juin 1928, le président du conseil Raymond Poincaré rétablit la convertibilité or du franc, à une valeur inférieure de 80% à celle du franc germinal, créé par Napoléon, qui s'était maintenu jusqu'en 1914. La valeur du franc est divisée par 5, et on appelle familièrement la nouvelle monnaie le franc à 4 sous, c'est-à-dire à 20 centimes d'avant-guerre. 

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