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"C'est pas pour ça que c'est une mauvaise usine" : après le rappel de lait infantile, la peur des employés de Nestlé dans l'Aisne

Le rappel massif de laits infantiles en France et l’ouverture de deux enquêtes à la suite du décès de nourrissons inquiètent les employés de l'usine Nestlé dans l'Aisne, même si aucun lien formel n'a été établi.

Boites de lait infantile en poudre pour nourrissons et jeunes enfants Guigoz et Nidal produites par Nestle, dans un rayon d'un supermarché Leclerc, à Auch, le 21 janvier 2026.

Crédit : Jean-Marc Barrère / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Lait infantile de Nestlé : la peur des employés d'une usine dans l'Aisne

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Romaric Cayet - édité par Marine Langlois

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Les enquêtes ouvertes après la mort de deux nourrissons à Bordeaux et à Angers suivent leur cours. Pour l'instant, aucun lien formel n'a été établi mais les deux bébés avaient consommé du lait infantile Nestlé depuis retiré du marché, car suspecté de contenir une toxine nocive pour le système digestif. Les ouvriers de l'usine de Boué (Aisne), le seul site Nestlé en France à produire du lait Guigoz et Nidal, sont très inquiets. 

Ils craignent tout simplement que la confiance avec les consommateurs soit rompue. Devant l'usine, peu de salariés acceptent de parler au micro. Laurent est intérimaire chez Nestlé et affirme que toutes les équipes sont sous le choc. "Choqué, mais quand je dis choqué, parce qu'on ne s'y attendait pas surtout. On est surpris. Les normes de sécurité sont largement suivies", ajoute l'intérimaire auprès de RTL. 

La production a pu reprendre car le groupe affirme avoir remplacé son fournisseur mis en cause. Des protocoles de nettoyage ont également eu lieu, rassure la marque, pour éviter toute nouvelle contamination. 

Le rapprochement avec Buitoni à Caudry

Laurent craint surtout les répercussions sur l'emploi. "Nestlé c'est par période. J'avais une possibilité d'être pris fin janvier. Justement avec la conjoncture actuelle, je pense que ça va être repoussé", soupire-t-il. 

Un autre employé qui souhaite rester anonyme fait lui le rapprochement avec l'usine Buitoni à Caudry : elle avait été fermée par Nestlé en 2023 après le décès de deux enfants ayant mangé des pizzas. "On a beaucoup de gens qui ont fait lien, parce que ça a entraîné des décès et parce que, pareil, ça emploie beaucoup de gens", explique cet employé. 

Mais selon lui, les salariés ne peuvent être tenus responsables car la bactérie était présente dans un produit fourni par un prestataire extérieur. "C'est une découverte qui impacte d'autres familles, mais c'est pas pour ça que c'est une mauvaise usine."

Des familles et des ONG accusent Nestlé d'avoir réagi trop tard entre la détection de la bactérie et le rappel des lots. Face à l’inquiétude des parents, la ministre de la Santé Stéphanie Rist affirme que l’ensemble des lots concernés a été retiré du marché et appelle à la vigilance sans céder à la panique.

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