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Lait infantile rappelé par Nestlé : mort suspecte de deux nourrissons, deux enquêtes ouvertes à Angers et à Bordeaux

Deux nourrissons ayant consommé un lait infantile rappelé par Nestlé pour cause de "possible contamination" par une substance d'origine bactérienne, sont décédés. Sans "lien de causalité" établi pour l'heure, selon les autorités.

Boites de lait infantile en poudre pour nourrissons et jeunes enfants Guigoz et Nidal produites par Nestle, dans un rayon d'un supermarché Leclerc, à Auch, le 21 janvier 2026.

Crédit : Jean-Marc Barrère / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

AFP - édité par Marie-Pierre Haddad

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Deux enquêtes distinctes ont été ouvertes à Angers et Bordeaux après les décès récents de deux nourrissons ayant consommé un lait infantile rappelé par Nestlé pour cause de "possible contamination" par une substance d'origine bactérienne, sans "lien de causalité" établi pour l'heure, selon les autorités. 

Un premier décès suspect, évoqué sans précisions de lieu mardi par l'un des services du ministère de la Santé qui a lancé des investigations sanitaires, concerne un bébé né le 25 décembre et mort le 8 janvier à l'hôpital Haut Lévêque de Pessac, dans la banlieue de Bordeaux. "Une fois sorti de la maternité, le nourrisson avait notamment été alimenté, entre le 5 et le 7 janvier 2026, avec un lait artificiel de marque Guigoz ayant fait l'objet d'un rappel pour une possible contamination par une bactérie Bacillus Cereus", a précisé à l'AFP Renaud Gaudeul, procureur de la République à Bordeaux. 

A Angers, "il y a deux jours", la mère d'une petite fille de 27 jours, morte le 23 décembre, a recontacté les enquêteurs pour évoquer une boîte de lait Guigoz donnée auparavant à son bébé, a indiqué jeudi soir le procureur de la ville, Eric Brouillard. "C'est une piste sérieuse" mais il est "beaucoup trop tôt pour dire que c'est la piste principale", a souligné Eric Brouillard, qui a saisi "en urgence" un laboratoire. 

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Ce bébé, né le 25 décembre, avait été conduit en urgence à l'hôpital le 7 janvier, "la mère ayant constaté des troubles digestifs chez l'enfant". Il est décédé le lendemain à l'hôpital Haut Lévêque à Pessac, dans la banlieue de Bordeaux et le CHU de Bordeaux a effectué le 9 janvier un signalement au parquet. 

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L'enquête "en recherche des causes de la mort" a été confiée à la Direction interdépartementale de la police nationale. Les autorités sanitaires françaises avait annoncé enquêter sur le décès de ce bébé ayant consommé du lait infantile produit par Nestlé, sans préciser son lieu de décès. 

Le Centre de crises sanitaires, service dépendant du ministère de la Santé, précisait que "l'imputabilité de ce décès avec la consommation du produit incriminé" n'était "pas établie à ce stade". 

"Des millions de nourrissons dans le monde concernés"

Nestlé, géant suisse de l'agroalimentaire, a engagé depuis plusieurs semaines un vaste rappel de laits infantiles des marques Guigoz et Nidal à cause de la présence potentielle de cette bactérie, susceptible de provoquer des troubles digestifs, comme des diarrhées et vomissements, avec des complications parfois graves.

Le rappel concerne désormais une soixantaine de pays, dont la France, et le patron de Nestlé, Philipp Navratil, a présenté des excuses mi-janvier alors que le groupe est accusé par certaines ONG d'avoir tardé à prendre des mesures. 

Le 21 janvier, le groupe français Lactalis a également annoncé le lancement d'un vaste rappel de lait infantile dans plusieurs pays dont la France, la Chine, l'Australie et le Mexique. Selon le ministère de l'Agriculture, ce retrait est, comme pour celui de Nestlé, lié "à une matière première fournie par un même producteur en Chine". 

Selon l'association Foodwatch, il s'agit d'un des rares fournisseurs dans le monde d'acide arachidonique (ARA), substance de synthèse très réglementée en Europe entrant dans la composition de certains laits infantiles car source d'oméga-6. L'ONG a annoncé porter plainte contre X pour "faire la lumière" sur ces rappels, affirmant que "des millions de nourrissons dans le monde étaient concernés". 

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