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Batteries électriques : il faut "réduire la dépendance des constructeurs français", note Lenglet

Emmanuel Macron se rendra à Douai (Pas-de-Calais) pour l'inauguration d'une usine de batteries électriques, un enjeu de taille pour la construction de voitures à l'avenir.

Un technicien de Renault sur le site de Douai (Nord), en mai 2013 (illustration).
Un technicien de Renault sur le site de Douai (Nord), en mai 2013 (illustration).
Crédit : AFP / PHILIPPE HUGUEN
La production des batteries électriques sera-t-elle à la hauteur des besoins ?
03:58
François Lenglet - édité par Victor Goury-Laffont

Jusqu’ici la France était plutôt silencieuse dans le domaine de l’électrique, mais cela risque de vrombir à partir d’aujourd’hui. Dans quelques heures, ce lundi 28 juin, Emmanuel Macron va annoncer la construction d’une usine entièrement dédiée aux batteries électriques. C’est source de bonnes nouvelles.

C’est le second grand projet français de batteries pour véhicules électriques, qui sera installé à Douai, dans le Pas-de-Calais, sur un site Renault. C’est le chinois Envision qui va la faire construire et l’opérer à partir de 2024. Le site fabriquera de petites batteries, pour des véhicules comme la future R5 de Renault, qui va ressusciter le modèle star des années 1980. Et peut-être aussi pour les voitures Nissan. À terme, l’usine pourrait employer 2.000 personnes. Le projet a largement été soutenu par les pouvoirs publics, l’État et par la Région.
 
Une bonne nouvelle pour la réindustrialisation du Nord-Pas-de-Calais et aussi pour réduire la dépendance des constructeurs français et européens en matière de batteries, alors que la plupart font leur conversion totale à l’électrique. La semaine dernière, Volkswagen, le plus gros constructeur en Europe, a annoncé qu’il ne fabriquerait plus de voitures à moteur thermique d’ici 2035. 

Il y a peu, c’était Fiat qui affichait le même objectif pour 2030, tout comme Mini et le chinois Volvo. Certains pays, comme le Royaume-Uni, ont même décidé d’interdire les véhicules thermiques à la même date. Le problème, c’est qu’aujourd’hui, la plupart des batteries viennent d’Asie, principalement de Chine, qui capte ainsi une bonne part de la valeur des véhicules sans émissions. 

Des projets européens mis en place

Aujourd’hui, l’Europe ne fabrique pas de batteries, mais au moins une vingtaine de projets d’usine ont été annoncés dans les derniers mois sur le Vieux Continent. L’on a vu des industriels comme le suédois Northvolt lever plusieurs milliards d’euros, il y a quelques jours, pour financer leur projet. C’est dire l’engouement des investisseurs, qui eux aussi se sont convertis à l’électrique, depuis peu, justement à cause du basculement des constructeurs. Eux-mêmes se préparent au durcissement considérable des normes de pollution acceptable en Europe. C’est une réaction en chaîne.
 
Et l’Airbus de la batterie, où en est-il ? Deux usines sont prévues, dont l’une en France, à Douvrin, encore dans le Pas-de-Calais, l’autre en Allemagne. C’est un projet de 5 milliards d’euros, soutenu très largement par les gouvernements français et allemand. Mais côté entreprise, il n’y a pour l’instant que TotalEnegies, par le biais de sa filiale spécialisée dans les batteries SAFT, et Stellantis, c’est-à-dire Peugeot Citroën Opel et l’ex groupe Fiat. Pas de constructeurs auto allemands. 

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Volkswagen vient d’annoncer de son côté six projets d’usines de batteries, BMW s’est associée au chinois CATL. Chacun développe sa stratégie dans son coin, tout comme Renault d’ailleurs. Le terme "Airbus" est donc quelque peu inapproprié, au moins pour le moment. Mais c’est un projet ambitieux, parce qu’il vise à produire non seulement la génération actuelle de batterie, mais à mettre au point celle de demain

Une dépendance à contrôler

Avec tout cela, y a t-il vraiment de quoi réduire la dépendance européenne ? En partie, oui, même si certaines unités de production prévues en Europe sont possédées et opérées par des asiatiques ou l’américain Tesla. 

L’essentiel est qu’il y ait des européens qui développent le savoir-faire. Resteront quand même deux problèmes. Un, il faudra protéger le marché, en taxant les importations asiatiques voire, à l’instar de la Chine, en imposant que les véhicules vendus chez nous soient équipées de batteries faites en Europe. Deux, l’Europe doit sécuriser les filières d’approvisionnement des matières premières avec lesquelles on fabrique les batteries, le lithium, le cobalt ou le nickel.

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