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Le drapeau suisse devant le drapeau de l'Union européenne, le 27 novembre 2024. (Illustration)
Crédit : Fabrice COFFRINI / AFP
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Jean-Pierre Farandou, ministre du travail, s'apprête à se rendre à Chypre pour un conseil des ministres avec ses homologues. Au menu, l'épineuse question des frontaliers, et de leur indemnisation, qui coûte à la France quasiment un milliard d'euros par an, et qui témoigne de l'inanité de certaines règles européennes.
Les frontaliers sont les Français qui partent travailler à l'étranger, tout en résidant en France. Les salaires sont souvent plus élevés comme c'est le cas en Suisse. Un signe de plus du déclassement de l'économie française. Par exemple, les Français qui travaillent en Suisse sont actuellement 400.000, ceux qui partent au Luxembourg représentent plus de 120.000 personnes et en Belgique, ils seraient 40.000.
Or, les règles d'indemnisations de ces populations sont fixées par une directive européenne, qui s'applique également à à la Suisse même si le pays n'est pas membre de l'UE. Une règle défavorable à la France. Elle stipule que tout frontalier, s'il perd son emploi, est indemnisé par son pays de résidence, qui reçoit en principe une compensation du pays employeur.
Seul problème, l'indemnité est calculée sur le salaire à l'étranger, souvent plus élevé qu'en France, alors que la personne indemnisée vit dans le pays. Par exemple, l'indemnité moyenne d'un frontalier français travaillant en Suisse était de 2.670 euros par mois en 2023, plus de deux fois supérieure à la moyenne des indemnisés par l’Unédic en France à la même époque, soit 1.265 euros par mois.
Et la compensation versée par la Suisse est loin de couvrir ces sommes. Les frontaliers au chômage coûtent à la France un milliard d'euros par an, alors que l'Hexagone ne reçoit que 200 millions d'euros de compensations. Le solde net à régler est donc de 800 millions d'euros par an.
La France tente de changer cette règle en vain. Et l'instabilité politique de ces derniers temps n'a pas aidé. Paris voudrait que ce soit les salaires nationaux qui servent de base à l'indemnisation, quelle que soit la rémunération perçue dans le pays employeur. Mais pour changer cela, il faut une majorité au Conseil européen, ce qui n'est pas le cas. Tous les espoirs pour construire cette coalition reposent désormais sur Jean-Pierre Farandou.
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