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2 min de lecture
Au siège du Medef, le 11 janvier 2013 à Paris
Crédit : AFP / Archives, JACQUES DEMARTHON
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Le Medef a suggéré mercredi 28 janvier la mise en place d'un contrat à durée indéterminée spécifique pour lutter contre le chômage des jeunes. L’idée de ce contrat révocable à tout instant est évidemment choquante pour un Français comme nous. Elle n’a bien sûr pas d’avenir dans la France d’aujourd’hui, avec une assemblée morcelée, où le compromis est impossible sur des questions aussi sensibles. Matignon l’a d’ailleurs récusée ce lundi 2 février.
Et pourtant, nous avons perdu une occasion pour que les partenaires sociaux, syndicats et patrons, discutent du juste niveau de protection que nous devons offrir sur le marché du travail.
Les pays d’Europe du Nord, que nous admirons pour leur modèle social, ont déjà eu ce débat. Il faut en effet reconnaître que certaines protections peuvent avoir des effets secondaires regrettables.
Si l’on impose de lourdes procédures à un employeur pour licencier, il sera plus hésitant à embaucher, par crainte de ne pouvoir rompre le contrat de travail quand il le souhaitera. Et ce, peu importe si l'activité a chuté ou que le salarié ne donne pas satisfaction.
C’est exactement le même problème sur le marché du logement. Si on protège trop le locataire et qu'on ne poursuit pas ceux qui ne payent pas alors qu’ils le pourraient, le propriétaire va demander des garanties considérables. C’est ce qui se passe en ce moment, où des locataires de 35 ans sont contraints de fournir la caution de leurs parents.
Autre exemple, si on bloque les loyers à des niveaux trop bas, ce qui est fait dans certaines villes, les propriétaires ne mettent plus en location leurs biens. Ils n’y ont pas intérêt. L'offre de logements à louer rétrécit et cause des difficultés aux jeunes qui souhaitent se loger.
La contrainte se retourne donc contre celui qu’on voulait aider. Pour tout contrat, de travail ou de location, le sujet principal est le partage du risque. Si vous faites reposer tous les risques sur une partie, comme l’employeur ou le propriétaire de logement, elle va réagir. Ces derniers vont diminuer leur risque en réduisant soit les offres de travail, soit les offres de logements.
La pénurie de logements à louer en France, devenue aigüe, est le signe d'une mauvaise répartition des risques. Et surtout d'un poids trop élevé pour les propriétaires. Pour le chômage des jeunes, estimé à un taux de 18,5% (quatre points au-dessus de la moyenne européenne), c’est la même chose : il signale que le risque n’est pas bien réparti, et que les employeurs se vengent, en quelque sorte, en n’embauchant pas.
La précarité pour le logement et le travail reste quand même un problème. Il ne faut pas tomber à l’autre extrémité, en mettant tous les risques sur le locataire ou le salarié. La clé, c'est de trouver le bon niveau. C’est pour cela que le débat lancé par le Medef n’était pas si bête.
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