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"Je me mets à trembler quand je vois l'uniforme" : sept ans après, des parties civiles toujours traumatisées par les coups de matraques de CRS dans un Burger King

Au deuxième jour du procès des neuf CRS jugés pour violences volontaires avec plusieurs circonstances aggravantes sur des manifestants dans un Burger King lors de l'acte III des gilets jaunes, les parties civiles ont pris la parole, mardi 10 février au tribunal correctionnel de Paris. Elles réclament des "excuses".

Une insigne de CRS (Illustration).

Crédit : Philippe LOPEZ / AFP

Arthur Pereira - édité par Gabriel Joly

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Ils sont toujours très marqués, sept ans après les faits. Au deuxième jour du procès des neuf CRS jugés pour avoir matraqué et frappé à coups de pied des manifestants qui s'étaient introduits dans un Burger King lors de l'acte III des gilets jaunes, les parties civiles ont pris la parole, mardi 10 février au tribunal correctionnel de Paris.

Natan, le pas hésitant, s'avance en premier à la barre. La voix chevrotante, il glisse tout bas : "Je pensais que le temps résoudrait le problème, mais le temps n'a pas suffi". À l'intérieur du fast-food, il a reçu 27 coups de matraque au niveau de la tête, sur les bras, dans le dos, dans les jambes, en à peine 2 minutes et 30 secondes. 

"Dans la rue, je me mets à trembler quand je vois l'uniforme", confie-t-il encore traumatisé. "Des excuses, juste des excuses", répond-il lorsque le président lui demande ce qu'il attend de ce procès. Des mots qui n'ont pas été prononcés ce mardi 10 février par les huit policiers présents au premier rang, alors que les dernières auditions ont eu lieu dans la matinée.

"Je me suis relevé quand je ne voyais plus leurs bottes noires"

À la barre, Manon, elle aussi, raconte cette journée d'enfer. Le président l'interpelle : "Vous vous rappelez des CRS qui rentrent dans le Burger King ?" "Comment oublier ? Je me souviens que je me suis relevé quand je ne voyais plus leurs bottes noires", rétorque-t-elle. Avec émotion, elle ajoute espérer "que cette violence gratuite soit reconnue, rien de plus".

Cette jeune mère de famille s'était rendue à Paris avec son compagnon pour manifester pour la première fois de sa vie, excédée par la hausse des prix. Comme d'autres, elle s'était introduite dans le restaurant pour reprendre son souffle, alors que l'air était saturé de gaz lacrymogène.

Les neuf policiers, tous membres à l'époque des faits de la CRS 43 basée à Chalon-sur-Saône, comparaissent depuis lundi 9 février pour violences volontaires avec plusieurs circonstances aggravantes. Le procès se poursuit jeudi 12 février, avec notamment les plaidoiries des avocats et les réquisitions du parquet.

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