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23 milliards d'euros de pertes, débâcle boursière : le nouveau patron du géant automobile Stellantis tente d'éteindre l'incendie

Le groupe franco-italo-américain a annoncé vendredi 6 février "des charges exceptionnelles" d'environ 22 milliards d’euros plombant ses résultats 2025. Antonio Filosa, le nouveau directeur général, a décidé de revoir la stratégie mise en place par son prédécesseur Carlos Tavares.

Le logo du groupe Stellantis (illustration).

Crédit : MARCO BERTORELLO / AFP

23 milliards d'euros de pertes, débâcle boursière : le nouveau patron du géant automobile Stellantis tente d'éteindre l'incendie

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23 milliards d'euros de pertes, débâcle boursière : le nouveau patron du géant automobile Stellantis tente d'éteindre l'incendie

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François Lenglet - édité par Alexian Giron

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Stellantis, issu de la fusion entre Peugeot Citroën et Fiat, va sans doute publier les pertes les plus importantes jamais enregistrées par une société française, au minimum 23 milliards d'euros pour l'année 2025. Le groupe automobile a annoncé vendredi 6 février 2026, 22 milliards d'euros de "charges exceptionnelles" pour le second semestre, qui vont s'imputer sur les comptes 2025. Sur une seule journée, l'action a perdu 25%. Stellantis vaut désormais deux fois moins, par rapport à janvier 2021, lorsque le groupe a été créé.

Le nouveau directeur général, Antonio Filosa, passe les comptes à la paille de fer. Il réévalue à la baisse ce qui a été fait par son prédécesseur, Carlos Tavares. En particulier, concernant les investissements massifs effectués dans l'électrique, ainsi que la stratégie aux États-Unis, qui a été un échec retentissant. 

En réalité, il effectue un véritable demi-tour sur le plan de la stratégie. En chargeant le bilan du prédécesseur et les comptes, Antonio Filosa se donne davantage de marge pour le redressement qu'il attend pour l'année 2026. 

En 2026, les ventes d'électriques devraient progresser que de 12%

Cela ne signifie pas que Stellantis arrête l'électrique. Le groupe franco-italien prend acte du fait que le consommateur n'a pas suivi les investissements massifs sur ces nouvelles motorisations, trop chères, avec une autonomie insuffisante. Les ventes sont donc inférieures aux prévisions. Ce phénomène s'est répandu dans le monde entier. En 2026, les ventes d'électriques devraient progresser que de 12%. C'était 23% en 2025, et 34% en 2023, selon Bloomberg.

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En particulier aux États-Unis, où plusieurs modèles à essence avaient été retirés de la gamme, et où la politique de prix était trop rigide. Depuis son arrivée à la Maison-Blanche, Donald Trump a d'ailleurs supprimé le bonus de 7.000 euros sur l'électrique, provoquant une catastrophe pour Jeep, Dodge ou encore Ram Trucks. Les groupes automobiles refont des SUV.

13 milliards d'euros d'investissements et des recrutements importants

En Europe, la même inflexion, en moins radical. Le groupe parie désormais sur l'hybride, offrant une autonomie classique, et va réintroduire des motorisations à essence. Tout en proposant aussi des véhicules sans émissions. Ce virage est produit par la plupart des constructeurs. Ford et General Motors ont également annoncé des charges exceptionnelles élevées pour les mêmes raisons. L'entreprise Renault a elle aussi corrigé la trajectoire de façon sensible.

Pour le redressement, la nouvelle direction parie massivement sur les États-Unis. Elle a annoncé 13 milliards d'euros d'investissements et des recrutements importants. À l'occasion de cette crise, le centre de gravité industriel et stratégique de Stellantis s'éloigne des deux pays fondateurs, l'Italie et la France. 

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