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Le Premier ministre britannique Keir Starmer quitte Downing Street, le 4 février 2026 à Londres.
Crédit : Zeynep Demir / ANADOLU / Anadolu via AFP
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Le Premier ministre britannique Keir Starmer a voulu afficher "l'unité" de son gouvernement et semblait en sursis mardi 10 février après plusieurs jours de tempête politique, née des répercussions de l'affaire Epstein au Royaume-Uni.
La polémique déclenchée par les révélations sur les liens entre le criminel sexuel américain Jeffrey Epstein et Peter Mandelson, nommé par ses soins comme ambassadeur du Royaume-Uni à Washington, puis limogé au bout de sept mois, est la pire que traverse le gouvernement travailliste, mis en place en juillet 2024.
Pendant la réunion hebdomadaire avec ses ministres mardi, Keir Starmer les "a remerciés de leur soutien" et a fait valoir que son gouvernement était "fort et uni", selon le compte-rendu diffusé par Downing Street. La veille, le Premier ministre avait de nouveau exclu de démissionner au cours d'une réunion de crise devant les députés de son parti.
Plusieurs ténors du Labour et du gouvernement s'étaient mobilisés pour le soutenir, dont son ex-numéro 2, Angela Rayner, et son ministre de la Santé Wes Streeting, dont les noms sont évoqués en tant que potentiels successeurs à Downing Street.
Il a également affirmé que son gouvernement continuerait de "se concentrer sans relâche sur les priorités des Britanniques". "Je ne renoncerai jamais au mandat qui m'a été confié pour changer ce pays", a-t-il insisté à l'occasion d'un déplacement sur le thème du coût de la vie dans le Hertfordshire, au nord de Londres. L'affaire Mandelson a conduit au départ de deux de ses très proches conseillers et d'autres têtes pourraient encore tomber, selon des médias britanniques.
Ceux qui, dans les rangs travaillistes, appelaient ouvertement au départ de Keir Starmer se sont tus mardi et d'autres qui comptent dans le parti sont encore montés au créneau pour le soutenir, comme la Première ministre galloise, Eluned Morgan. Le maire du Grand Manchester Andy Burnham, un rival potentiel de Keir Starmer, a quant à lui exhorté à la "stabilité".
Mais, pour beaucoup d'observateurs politiques, le mécontentement et la perte de confiance envers Keir Starmer ne vont pas s'éteindre aussi facilement car, au-delà de l'affaire Mandelson, le gouvernement est aussi critiqué sur sa politique.
En signe d'apaisement, le Premier ministre a réitéré sa confiance envers Anas Sarwar, le chef du Labour en Écosse, qui avait demandé lundi sa démission. Il a affirmé qu'il le soutenait à "100%" pour devenir le prochain chef du gouvernement écossais à l'issue du scrutin régional de mai.
La publication prochaine des documents sur le processus de nomination au poste d'ambassadeur et de révocation de ces fonctions de Peter Mandelson pourrait relancer les questions sur le jugement de Keir Starmer et sur ce qu'il savait de ses liens avec Jeffrey Epstein avant de le nommer. "Il faut que la vérité éclate", a affirmé mardi la cheffe de l'opposition conservatrice Kemi Badenoch, dénonçant une "tentative de dissimulation". Selon elle, la position de Keir Starmer est "intenable".
Deux échéances seront clés pour déterminer l'avenir du Premier ministre : une élection législative partielle, le 26 février, dans une circonscription où le Labour est menacé par les Verts et le parti anti-immigration Reform UK. Ainsi que des élections locales en mai, auxquelles les travaillistes arriveront en difficulté.
L'ancien ministre Peter Mandelson est une source d'embarras pour d'autres que Keir Starmer. Wes Streeting a pris l'initiative de rendre publics des échanges qu'il a eus en 2024-2025 avec celui qui était ambassadeur. "Je suis embarrassé d'avoir connu Peter Mandelson", a commenté le ministre de la Santé sur Sky News, tout en démentant avoir été un ami intime de ce dernier et en assurant n'avoir "rien à cacher".
Cette démarche n'a pas été du goût de la police, qui a ouvert le 3 février une enquête contre Peter Mandelson, soupçonné d'avoir transmis des informations financières sensibles à Jeffrey Epstein quand il était membre du gouvernement de Gordon Brown (2008-2010).
"Il est essentiel de respecter la procédure afin de ne pas compromettre notre enquête pénale et toute poursuite éventuelle", a écrit la police de Londres dans un communiqué, ajoutant qu'"il revient au gouvernement et au Parlement de décider quels documents doivent être publiés".
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