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Le ministère de l'Économie et des Finances de Bercy à Paris le 6 septembre 2025.
Crédit : Mathilde Kaczkowski / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
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La réforme de l'État est un sujet décourageant. Elle est l’illustration concrète de Sisyphe remontant inlassablement son rocher, pour le voir ensuite dévaler la pente. Les grands plans se sont succédés : la Revue générale des politiques publiques (RGPP) de Nicolas Sarkozy. La Modernisation de l’Action Publique (MAP) de François Hollande.
Jusqu'au Comité pour l’action publique (CAP22) d’Emmanuel Macron, qui s’est complètement ensablé. Sans compter les innombrables chocs de simplification et autres opérations de nettoyage des comités Théodule. Tout cela n’a produit que des fruits secs. L'État dépense de plus en plus, alors que son efficacité se détériore dans l'éducation, la santé, la justice ou la sécurité.
La vérité est à la fois simple et consternante : la complexité administrative et ses supplices résistent à tous les traitements, comme les herbes folles sur le ballast des voies de chemin de fer.
C’est justement l’intérêt d’un excellent rapport de l’Institut Montaigne, qui propose une approche radicalement nouvelle. Il rassemble un industriel et un politique : Jean-Dominique Sénard, président de Renault, et l’ancien député Jean-Louis Bourlanges.
Pour mener à bien le projet, ils préconisent d’oublier l’approche globalisante que nous avons suivi jusqu’ici. Exit le "grand soir" de la réforme de l’État. Il ne fonctionne pas.
Les deux auteurs font 11 recommandations simples, avec l’objectif de rendre l’action publique plus efficace et compréhensible. Ils veulent demander à l’administration de rendre des comptes.
Sur ces 11 mesures, trois sont à retenir. La première est simple : informer les Français sur le vrai coût des services publics. Les patients seraient informés chaque année du prix réel des soins qu’ils ont reçus. Rappelons que nous ne payons que 7% de l’addition en moyenne, grâce à la Sécurité sociale et aux mutuelles.
Ils comptent également informer les usagers du vrai coût des transports publics, qui s'avère bien plus élevé que le prix du ticket. Il ne s’agit pas de culpabiliser, mais de responsabiliser les citoyens.
La deuxième mesure vise à ce que chaque ministère se donne quelques indicateurs clés. Par exemple, cinq indicateurs pourraient être publiés régulièrement pour mesurer l’efficacité de son action, plutôt que de claironner le montant de milliards dont il dispose, qui n'est absolument pas significatif de l’efficacité. Là encore, l'idée est de créer une pression de l’opinion publique pour responsabiliser.
Mais pour réussir de telles réformes, il faut réussir à "embarquer" les fonctionnaires. C’est l’objet de la troisième mesure retenue : récompenser les agents de l’État motivés et performants et sanctionner ceux qui sont déficients.
En résumé, ce rapport est la responsabilisation des producteurs de services publics et de leurs consommateurs. Tout candidat sérieux à l’élection présidentielle devrait lire et méditer ce rapport.
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