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Un arrêt maladie (image d'illustration).
Crédit : AFP
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Le gouvernement franchit un nouveau cap pour encadrer la hausse des arrêts de travail. À partir du 1ᵉʳ septembre 2026, un premier congé maladie ne pourra plus dépasser un mois, tandis qu'une prolongation sera limitée à deux mois.
L’envolée des arrêts de travail dans l'Hexagone (+10% entre 2019 et 2024) est souvent vue comme une conséquence regrettable de notre système d’indemnisation. Celui-ci offre une bonne couverture et le maintien du salaire, mais peu de contrôle sur les patients comme sur les médecins.
Le gouvernement a d’ailleurs pris il y a trois jours un décret pour limiter la durée du premier arrêt de travail délivré, car les coûts pour notre Sécurité sociale - lourdement déficitaire - sont considérables : 18 milliards d’euros annuels. Nos voisins connaissent exactement la même progression, alors que leur modèle social n’est pas toujours aussi protecteur que le nôtre.
En Allemagne, les patrons ont sonné l’alarme l’année dernière devant la montée des arrêts, en pointant le fait que près de 7% des heures travaillées sont perdues chaque année à cause de congés maladie.
Avec plus de 20 jours d’absence par salarié et par an, l'Allemagne figure dans le haut du classement mondial. Le patron du constructeur auto Mercedes avance même qu’à cause des arrêts de travail, le coût d’un ouvrier allemand est désormais deux fois supérieur à celui de ses autres usines dans le monde.
Dans l'Hexagone comme outre-Rhin, le débat se focalise sur le modèle social. Selon la loi, un salarié est autorisé à six semaines d’absence pour maladie.
L’exemple britannique est aussi intéressant. Même si les arrêts maladie sont bien moins indemnisés, les absences progressent de façon importante. Le nombre de jours d’absence par salarié est passé de 6 en 2019 à presque 10 en 2025.
Les arrêts de travail ont progressé de 20% depuis 2021. Une situation critique pour certaines entreprises, qui vont jusqu'à faire appel à des détectives pour débusquer les fraudeurs, précisait le quotidien britannique conservateur The Telegraph en mai dernier.
Une autre problématique émerge : la montée de l’invalidité. Celle-ci a explosé depuis le Covid, en passant d'un peu plus de 2 millions de salariés à près de 3,5 millions. L’inactivité a également plus que doublé depuis l’épidémie et frappe particulièrement les jeunes. Près de 900.000 personnes âgées de 16 et 24 ans sont concernées.
Au Royaume-Uni, en Allemagne comme en France, deux causes se distinguent : les troubles musculosquelettiques, pour les sujets âgés en particulier, et surtout les troubles mentaux. Une crise de la santé mentale, révélée ou aggravée à l'occasion des confinements, frappe actuellement la population mondiale. Elle sévit notamment chez les jeunes.
Ce problème reste difficile à expliquer. Une meilleure détection des personnes touchées pourrait expliquer l’augmentation. Autre hypothèse, le lien avec la société s'est potentiellement distendu avec l’essor du télétravail. Mais cela ne suffit pas : certains experts pointent une nouvelle fois les effets du smartphone : désocialisation, diminution de la capacité d’attention, phénomènes de dépendance. Le temps passé sur nos petits écrans détériorerait notre santé psychologique.
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