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"Un drame silencieux" : le coup de gueule de François Lenglet sur le "déficit catastrophique" de la Sécurité sociale

Plus 4 milliards de déficit pour la Sécu en plus de ce qui avait déjà été annoncé au moment du vote du budget. Ce niveau inédit pose à nouveau la question des choix à faire pour financer durablement le système.

Sécurité sociale : une carte Vitale (illustration).

Crédit : FRED TANNEAU / AFP

Rien n'est réglé pour la Sécu, dont le déficit s'accroit

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Rien n'est réglé pour la Sécu, dont le déficit s'accroit

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François Lenglet - édité par Alexian Giron

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Cette affaire est un "drame silencieux". C'est une commission parlementaire qui le dit dans un rapport dont le contenu a été révélé par l'AFP le jeudi 28 février 2026. Le déficit de la Sécurité sociale, qui était prévu à un peu moins de 20 milliards d'euros pour cette année, un montant déjà considérable, devrait s'alourdir de quatre milliards d'euros à cause du ralentissement économique actuel. 

Pourquoi ? Parce qu'il y a moins de recettes avec un emploi qui ne progresse plus, et également davantage de dépenses avec la montée de l'inflation, entraînant dans son sillage tout ce qui est indexé sur la hausse des prix. Notamment les retraites. 

Cette prévision est construite sur des hypothèses de croissance et d'inflation déjà obsolètes. La situation s'est depuis dégradée. Et il ne faut pas oublier que le chiffre de départ était lui-même minoré par un transfert considérable de la part de l'État, de plusieurs milliards d'euros. Au total, le déficit réel de la Sécurité sociale pour l'année 2026 va être de l'ordre de 25 milliards d'euros, cela représente un point de PIB et 68 millions d'euros par jour.

Cela équivaut au budget annuel de fonctionnement d'une ville comme Quimper, dans le Finistère, où vivent plus de 60.000 habitants. 

Des chiffres catastophiques

La présidence Macron finissante va donc laisser pour dernier exercice complet l'un des chiffres les plus catastrophiques de l'histoire de la Sécurité sociale, alors qu'il n'y a aucun événement exceptionnel qui puisse justifier cela. Toutes les branches sont en déficit : l'assurance maladie, la retraite, la famille et même les accidents du travail. 

Et tous ces déficits qui s'accumulent chaque année font grimper la dette sociale française, dont on a même abandonné le remboursement, faute de ressources. Il va falloir un jour ou l'autre un nouvel impôt du type de la CRDS (Contribution pour le remboursement de la dette sociale, ndlr), prélevé sur nos salaires, en plus des mesures pour redresser la situation. 

Soit limiter les dépenses, soit augmenter les recettes

Il va falloir prendre des mesures pour redresser cette conjoncture comme moins bien rembourser certains soins, contrôler davantage les arrêts maladie, limiter les transports sanitaires pris en charge, ou encore mettre en place une franchise plus importante. Ce sont toujours les mêmes techniques. Lutter contre le déficit, c'est soit limiter les dépenses, soit augmenter les recettes, donc les impôts. 

Il faudra que les candidats à la présidentielle 2027 prennent position, et qu'ils nous livrent leurs solutions. Les Français doivent également comprendre qu'ils ne peuvent pas étendre sans cesse les protections sans disposer de ressources supplémentaires, forcément au détriment d'autres actions de la puissance publique. 

Le jeudi 28 mai 2026, la ministre de la Santé Stéphanie Rist, annonçait encore une nouvelle prise en charge, celle des médicaments anti-obésité. Certes, ils sont très utiles pour lutter contre les pathologies associées au surpoids. Mais comment allons-nous financer cela ? Mystère. C'est au déficit qu'il faudrait donner le médicament anti-obésité.

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