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"La tolérance vis-à-vis des guerres baisse avec l’âge" : François Lenglet explique comment le vieillissement de la population mondiale pourrait mettre fin aux conflits

La France pourrait atteindre un pic de population à près de 70 millions d’habitants en 2037 avant de retomber jusqu’en 2070, selon un rapport de l'Insee publié lundi 8 juin 2026. Une tendance observée dans le monde entier, même dans les pays d'Asie, réputés pour leur dynamisme démographique.

Un couple de retraités en plein calcul. (Illustration)

Crédit : iStock

La bombe démographique n'explosera pas !

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La bombe démographique n'explosera pas !

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François Lenglet - édité par Ennio Aparicio-Szkudlarek

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Nous avons récemment appris que la population française allait augmenter jusqu'en 2037 avant de baisser, comme dans de très nombreux pays, selon un rapport de l'Insee publié ce lundi 8 juin 2026. Il y a soixante ans, on craignait la surpopulation et l’impossibilité de nourrir tous les terriens. Le démographe Paul Ehrlich publiait en 1968 un livre terrifiant : La bombe P, la lettre P pour population. Cette bombe n’explosera finalement jamais.

Deux pays sur trois sont désormais en dessous du seuil de renouvellement, c’est-à-dire avec une fécondité inférieure à 2,1 enfants par femme. Au total, 63 pays ont atteint leur population maximale et commencent à décliner.

Même dans les pays émergents et pauvres, la fécondité s’effondre. Dans de nombreuses régions d’Inde par exemple, les femmes n’ont plus qu’un enfant. Nous vivons la première dépopulation volontaire de l’histoire de l’humanité, non causée par un cataclysme ou une épidémie. 

Effondrement démographique, même en Asie

Ce déclin n'est pas une bonne nouvelle pour l'économie. Moins de naissances signifie moins de travailleurs et moins de croissance. Une population qui vieillit investit moins, parce qu’elle consacre de plus en plus de ressources à la retraite et à la santé. C'est le cas du Japon, qui est collé en croissance faible depuis trente ans. 

Cette affaire va aussi avoir des conséquences en dehors de l’économie. Le fameux siècle asiatique qu’on nous promet depuis des décennies n’aura probablement jamais lieu. En cause, l’effondrement démographique de l’Asie orientale, qui est la région du monde qui vieillit le plus vite.

En 1960, elle comptait 800 millions d’habitants. En 2020, sa population avait plus que doublé, passant à plus d’1,5 milliard. En 2100, elle sera revenue à 800 millions ! La Chine est désormais à 50% sous le seuil de remplacement. Cela signifie que chaque génération est deux fois plus petite que la précédente. En Corée - située 65% en dessous du seuil - il y aura davantage de plus de 80 ans que de moins de 20 ans en 2050. 

Vers la fin des guerres ?

L’autre conséquence majeure est que nous pourrions connaître l’extinction progressive des guerres, ce que les experts appellent la "pax geriatrica" (la paix des vieux). Il faut comprendre que la puissance militaire est toujours fondée par la puissance économique, qui elle-même procède du dynamisme démographique. 

Ensuite, le bassin de recrutement de soldats rétrécit avec le vieillissement, et la tolérance vis-à-vis des guerres baisse avec l’âge. L’histoire qui nous l’enseigne : dès lors qu’un pays consacre plus de 25% de son budget à des dépenses sociales, la propension à faire la guerre diminue fortement.

C’est d’ailleurs en Afrique, le continent le plus jeune, que les conflits armés sont les plus nombreux. Des contre-exemples subsistent - comme la Russie, qui s'effondre au plan démographique - mais la guerre actuelle semble être le dernier sursaut de l’idéologie belliqueuse avant l’extinction des feux. 

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