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Tapie, Hardy, Bedos... Ces célébrités qui plaident pour choisir leur fin de vie

Une majorité des Français, 82%, selon un sondage Ifop, sont favorables à un référendum sur la fin de vie. Tout comme certaines célébrités qui n'ont pas hésité à prendre la parole pour faire part de leur avis.

Un produit administré dans le cadre d'une euthanasie (illustration)
Un produit administré dans le cadre d'une euthanasie (illustration)
Crédit : BULENT KILIC / AFP
Charlotte Diry

C'est un sujet qui reste, aujourd'hui encore, assez tabou en France. Euthanasie, suicide assisté ou encore sédation, autant de techniques de fin de vie qui divisent toute une population. Alors qu'une proposition de loi sur "une fin de vie libre et choisie" avait été lancée fin avril par le député Olivier Falorni, celle-ci n'avait pas abouti en raison de milliers d'amendements. 

Pourtant depuis, de nombreux élus de tous bords demandent son retour. Une initiative qui avait été soutenue par plusieurs ministres, dont Marlène Schiappa, Emmanuelle Wargon, Olivier Dussopt ou encore Agnès Pannier-Runacher. Mais ils ne sont pas les seuls. 

D'autres personnalités comme Bernard Tapie, Françoise Hardy, Line Renaud ou encore Nicolas Bedos sont eux aussi, favorables à une loi pour choisir sa fin de fin. Confrontés à la maladie et à la souffrance, ils se sont exprimés à ce sujet.

Faut arrêter de nous faire chier à vouloir nous faire vivre comme eux l'ont décidé

Bernard Tapie, le 8 juillet 2021

Le 8 juillet dernier, l'ancien ministre Bernard Tapie s'exprimait sur LCI, plaidant ainsi, en faveur du droit à choisir sa fin de vie. Atteint d'un double cancer de l'œsophage et de l'estomac depuis plusieurs années déjà, l'état de santé de Bernard Tapie s'était grandement dégradé en mai dernier. Après avoir "vécu un mois de douleurs très intenses", l'homme d'affaires s'est livré dans un long plaidoyer.

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Pour lui, chacun devrait être en droit de choisir sa mort. "Faut arrêter de nous faire chier à vouloir nous faire vivre comme eux l'ont décidé. Est-ce que moi je vais m'occuper de la manière dont va mourir tel ou tel ministre ? Chacun a sa mort. Pour moi, ce n'est pas l'étape définitive, j'en suis persuadé. Exister, ce n'est pas utile. Vivre, c'est utile." 

L'ancien dirigeant de l'Olympique de Marseille racontait également une discussion qu'il avait eu avec sa femme Dominique, lui demandant ainsi : "Qu'est-ce que tu penses si à un moment donné, je ne peux plus supporter les douleurs au point de me mettre dans un état comateux. Est-ce que tu es d'accord pour anticiper le rendez-vous final ? Elle me dit 'moi non'."

Le plaidoyer poignant de Françoise Hardy

Elle est atteinte d'un cancer du larynx. Françoise Hardy, épuisée par des années de combat contre la maladie et de souffrance se dit elle aussi en faveur d'une loi pour l'euthanasie. Il y a quelques mois, la chanteuse de 77 ans se confiait au micro de RTL sur son désir d'avoir recours à l'euthanasie

"À partir d'un certain moment où il y a beaucoup de souffrance et où il n'y a aucun espoir, il faut abréger les souffrances. C'est la moindre des choses. C'est humain. Ma mère a eu la maladie de Charcot qui est absolument insupportable. Ma mère a pu, avec ma complicité, se faire euthanasier. De savoir que son médecin pourrait l'aider et faire en sorte qu'elle soit euthanasiée quand elle ne voudrait plus continuer à vivre cette horrible maladie. Ca a été un confort extraordinaire. Il faut que la France en fasse autant. Il faut faire cette loi."

Et si on lui demande si elle serait prête à demander de l'aide pour mourir, c'est sans hésitation qu'elle répondait : "Bien sûr, sauf qu'on ne trouve pas. Je suis dans un état de souffrance vraiment cauchemardesque la plupart du temps..."  

Ayant vécu libre et digne, je ne peux imaginer mourir enchaînée et contrainte

Line Renaud, le 3 avril 2021

Le 3 avril dernier, elle s'était exprimée grâce à une lettre destinée aux députés. La chanteuse Line Renaud avait fait part de son opinion sur la fin de vie, quelques jours avant la proposition de loi instituant un "droit à une fin de vie libre et choisie". 

"Ayant vécu libre et digne, je ne peux imaginer mourir enchaînée et contrainte. Si notre vie nous appartient, il doit en être de même pour notre mort", écrivait-elle dans cette lettre partagée sur Twitter. Avant de rajouter : "J'ai partagé des fins de vies ô combien douloureuses. (...) Elle a dû supporter une souffrance atroce que la loi actuelle n'a pas un instant permis de soulager." 

À 93 ans, la marraine de l'Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité (ADMD) avait ouvertement demander à "voter cette loi qui donnera enfin à chacune et chacun la possibilité de choisir sa fin de vie."

Nicolas Bedos raconte la mort de son père et plaide pour l'euthanasie

Lui aussi a dû faire face à la mort de son père, Guy Bedos. C'est dans un plaidoyer glaçant livré à L'Obs, que Nicolas Bedos raconte comment il a accompagné son père durant ses derniers jours. 

"Nous nous sommes mis d'accord, ma mère, ma sœur et moi : il est temps. Largement. Il suffit de le regarder. Ma mère passe des coups de fil, des amis se rencardent, nous filent des numéros. Étrange impression de se refiler des contacts de dealers à la veille d'une fête macabre. L'un d'eux, médecin, me maile une ordonnance de Rivotril, un antiépileptique couramment utilisé dans ces cas-là", témoigne Nicolas Bedos, avant de rajouter : "Je me revois sur mon scooter, me rendant à la pharmacie pour acheter la mort de l'homme que j'aime le plus au monde." 

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