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Réchauffement climatique : les "méga-feux" sont une menace grandissante, avertit l'ONU

Les méga-feux, comme ceux qui ont ravagé l'Australie l'année dernière, risquent d'être de plus en plus nombreux dans les prochaines années. Pour l'ONU, le monde n'est pas prêt.

Les incendies en Californie en août 2020 (illustration).
Les incendies en Californie en août 2020 (illustration).
Crédit : JOSH EDELSON / AFP
Philippine Rouvière Flamand

La nature ravagée par les flammes, comme on l'a vu en Australie en 2019-2020, ce n'est qu'un début d'après un rapport de l'ONU-Environnement et du centre GRID Arendal publié le 23 février. Ce rapport intervient alors que 193 nations vont se réunir à Nairobi pour la reprise de la 5ème session de l'Assemblée des Nations unies pour l'environnement dès lundi prochain, et jusqu'au 2 mars.

D'après le rapport, "les feux incontrôlés et les changements climatiques s’aggravent mutuellement." Les feux sont aggravés par les changements climatiques, à cause de la chaleur, de la sècheresse et des vents violents. Les bouleversements climatiques, quant à eux, sont exacerbés par ces immenses feux qui ravagent des écosystèmes sensibles et riches en carbones.

D'après les experts, même si le monde parvenait à limiter le réchauffement à +2°C par rapport à l'aire préindustrielle (accords de Paris), le nombre des incendies extrêmes devrait augmenter jusqu'à "atteindre 14% à l’horizon 2030, 30% d’ici à 2050 et 50% d’ici à la fin du siècle." Bien que ces chiffres ne concernent que les incendies les plus exceptionnels, qui en théorie ne se produisent qu'une fois tous les cent ans, "il est probable que les épisodes moins extrêmes augmentent tout autant", explique un des auteurs du rapport, Andrew Sullivan, de l'agence australienne CSIRO, lors d'une conférence de presse.

Les risques de ces incendies

Le rapport alerte sur les risques et les inégalités face à ces risques que causent les incendies, les pays les plus pauvres étants les plus touchés. Ainsi la santé est directement affectée par l'inhalation de fumée, ce qui engendre des problèmes respiratoires et cardiovasculaires, ainsi que des effets sanitaires accrus pour les personnes les plus vulnérables. Les coups économiques de la reconstitution des espaces détruits par les incendies peuvent quant à eux dépasser les moyens des pays aux faibles revenus. Et les déchets laissés sur place sont souvent hautement contaminés. Ces derniers doivent être éliminés de manière appropriée, ce qui a également un coût parfois difficile à assumer.

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Les risques pourraient concerner de plus en plus de régions au fur et à mesure que la température de la planète augmente. D'après le rapport de l'ONU, même l'arctique pourrait être touchée ainsi que d'autres régions jusqu'ici protégées.

Solutions proposées par le rapport

Bien que le nombre de "mégas incendies" risque d'augmenter quoi qu'il arrive, l'ONU souligne qu'il est possible de limiter le nombre des plus petits, qui sont moins ravageurs, mais beaucoup plus fréquents. Le rapport invite les gouvernements à modifier leur "formule de préparation aux incendies". Elle leur propose d'allouer deux tiers des dépenses à la planification, la prévention, le rétablissement et la préparation aux incendies et un tiers aux interventions. Aujourd'hui, les interventions reçoivent généralement plus de la moitié des dépenses correspondantes alors que la planification et la prévention moins de 1%.

Le rapport appelle également les gouvernements à allouer des budgets à la protection des personnes qui luttent contre les incendies. "Les ripostes actuelles des gouvernements aux feux incontrôlés placent souvent l’argent au mauvais endroit. Les travailleurs des services d’urgences et les pompiers qui sont en première ligne, et qui risquent leur vie pour lutter contre les feux incontrôlés, doivent être soutenus", a déclaré Inger Andersen, directrice exécutive du PNUE.

Autres solutions : la restauration des écosystèmes permet d'atténuer les risques d’incendies avant qu’ils ne se produisent, dans le but de mieux reconstruire après. Le rapport conseille la restauration des zones humides et la réintroduction d’espèces telles que les castors, la restauration des tourbières, la construction de bâtiments à distance de la végétation et la préservation des espaces tampons ouverts sont quelques exemples des investissements essentiels qui doivent être faits dans la prévention ainsi que la préparation et la récupération.

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