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Que contient la charte du CFCM, présentée ce lundi à l'Élysée ?

ÉCLAIRAGE - La "charte des principes de l'islam en France" du Conseil français du culte musulman proscrit les "discours politiques" dans les lieux de culte.

Mohammed Moussaoui, le président du Conseil français du culte musulman (CFCM), à Paris en 2016.
Mohammed Moussaoui, le président du Conseil français du culte musulman (CFCM), à Paris en 2016.
Crédit : MATTHIEU ALEXANDRE / AFP
Marie Gingault & AFP

Ce lundi 18 janvier, la "charte des principes" était présentée à l'Élysée. Dans ce document, le Conseil français du culte musulman (CFCM) s'engage à lutter contre l'islam politique et les ingérences étrangères. 

Composé de neuf fédérations, le Conseil français du culte musulman a approuvé dimanche soir cette charte, réclamée par l'exécutif après plusieurs semaines de crises internes. Cette charte devrait permettre d'ouvrir la voie à une restructuration de l'islam, qui est la deuxième religion de France et également de créer un Conseil national des imams (CNI). Ce dernier sera chargé de "labelliser" les imams exerçant en France.

"Aucune conviction religieuse ne peut être invoquée pour se soustraire aux obligations des citoyens", écrivent les responsables du CFCM dans le préambule de cette "charte des principes pour l'islam de France". "Nous réaffirmons d'emblée que ni nos convictions religieuses ni toute autre raison ne sauraient supplanter les principes qui fondent le droit et la Constitution de la République", assurent-ils.

Nous refusons que les lieux de culte servent à diffuser des discours politiques

Article 6 de la charte

Cette "charte des principes" contient dix articles, dont le sixième était probablement le plus attendu. Celui-ci est consacré au "rejet de toutes les formes d'ingérence et de l'instrumentalisation de l'islam à des fins politiques". "Nous refusons que les lieux de culte servent à diffuser des discours politiques ou importent des conflits qui ont lieu dans d'autres parties du monde. Nos mosquées et lieux de culte sont réservés à la prière et à la transmission de valeurs", indique l'article 6.

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Ainsi, le document précise que les lieux de culte ne doivent pas être utilisés pour diffuser des "discours nationalistes défendant des régimes étrangers et soutenant des politiques étrangères hostiles à la France". "Nous prenons l'engagement d'assurer de plus en plus le financement de nos lieux de culte par des financements nationaux", est-il également précisé. "Les signataires doivent rejeter clairement toute ingérence de l'étranger dans la gestion de leurs mosquées et la mission de leurs imams".

Un engagement net, clair et précis en faveur de la République

Emmanuel Macron - Président de la République

En outre, les signataires de la charte devront également s'engager "à ne pas criminaliser un renoncement à l'islam, ni à le qualifier 'd'apostasie'". De même, les responsables du Conseil français du culte musulman s'attachent à faire respecter l'égalité femme-homme.

L'article 8 est pour sa part consacré à "l'attachement à la laïcité et aux services publics". Il rappelle "le rôle essentiel de l'enseignant dans notre société et l'importance de l'école qui doit être préservée des maux qui touchent la société", probablement en référence à l'assassinat du professeur Samuel Paty le 16 octobre 2020 à Conflans-Sainte-Honorine. 

Emmanuel Macron s'est félicité ce lundi d'"un engagement net, clair et précis en faveur de la République". Lors d'une réunion avec les responsables du CFCM, le président de la République a ajouté que cette charte marquait également "une étape extrêmement importante" en permettant "une clarification de l'organisation du culte musulman". 

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