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Police nationale : une profession très syndiquée qui pèse face au gouvernement

Avec 65% de fonctionnaires adhérents, les syndicats de police savent comment taper du poing sur la table et faire entendre leurs revendications.

Julien Sellier RTL Petit Matin Julien Sellier iTunes RSS
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Noël : 68% des Français ne porteront pas de masques pendant le réveillon Crédit Image : FRANCOIS GUILLOT / AFP | Crédit Média : RTL | Durée : | Date : La page de l'émission
Alice Moreno
édité par Florine Boukhelifa

Formation, moyens matériels et humains, inspection des forces de l'ordre... Les représentants des syndicats de police sont reçus vendredi 18 décembre par le ministre de l'Intérieur. Un rendez-vous annoncé juste après la révélation de plusieurs affaires de violences policières. Difficile néanmoins de croire que Gérald Darmanin aura une grande marge de manœuvre dans ces discussions, car les syndicats de police sont très puissants. 

65% des fonctionnaires de la police nationale sont adhérents aux différentes organisations syndicales. Le taux de participation aux élections professionnelles est encore plus élevé, avec plus de 80%. Les syndicats qui rassemblent le plus sont d'abord SGP-FO, puis Alliance, et enfin l'UNSA. Au total, il en existe au moins dix.

Si autant de policiers se syndiquent, c'est aussi parce que les syndicats de police sont des propulseurs de carrière. Lors de commissions paritaires administratives, les dossiers des policiers qui réclament un avancement ou une mutation sont examinés. Les syndicats interviennent à ce moment là, ils ont leur mot à dire, et ils pèsent lourd. Autant dire que le dossier du policier qui n'est pas syndiqué reste en bas de la pile.

Cependant, à compter du 1er janvier prochain, les représentants syndicaux ne seront plus convoqués au moment des commissions. Ils seront tout de même consultés en amont et en aval. Les patrons de syndicats ne sont pas en reste en terme de carrière. L'ancien chef d'Alliance est passé par le comité d'organisation des JO 2024. Un autre représentant a quant à lui obtenu un poste dans les services de renseignements à Paris.

Des syndicats puissants face au gouvernement

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Du côté du ministère de l'Intérieur, les conséquences peuvent être très lourdes en cas de faux pas envers ces syndicats. Une source reconnaît même qu'ils ont eu la tête de l'ex-ministre de l'Intérieur Christophe Castaner après qu'il a annoncé son intention de supprimer la technique d'interpellation dite de "clé d'étranglement". Ces syndicats ont également soufflé l'idée de l'article 24 de la loi de sécurité globale qui fait tant débat.

Lors du rendez-vous de vendredi, les syndicats ont indiqué je pas vouloir entendre parler de certains sujets. Notamment sur l'inspection de la police. "Ce sera sans nous", prévient un responsable syndical. Le rapport police-population ne les intéresse pas non plus. En revanche, tous veulent des garanties sur la protection des policiers. Gérald Darmanin risque donc d'avancer sur une ligne de crête. "Avec les syndicats de police, c'est toujours plus, tu n'arrêtes jamais de les acheter", avoue même d'un responsable du ministère de l'Intérieur.

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