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Darmanin : quelles sont les pistes pour réformer la police nationale ?

ÉCLAIRAGE - Pour tenter de répondre à la crise traversée par la police, Gérald Darmanin a présenté devant la commission des lois de l'Assemblée nationale ce qu'il a appelé les "sept péchés capitaux" de la police.

Gérald Darmanin, le 1er décembre 2020 à l'Assemblée nationale
Gérald Darmanin, le 1er décembre 2020 à l'Assemblée nationale Crédit : Alain JOCARD / AFP
Marie-Pierre Haddad
et AFP

Les "sept péchés capitaux" de la police. C'est ainsi que Gérald Darmanin a qualifié la crise que traverse la police nationale, devant la commission des lois de l'Assemblée nationale, le 30 novembre. Le ministre de l'Intérieur tente d'apaiser les esprits après les polémiques sur la proposition de loi "sécurité globale" et le passage à tabac du producteur Michel Zecler. 

La réunion organisée en urgence par Emmanuel Macron a débouché sur l'annonce de la réécriture du controversé article 24 de la proposition de loi par la majorité. Pour le locataire de la place Beauvau, celle-ci a surtout été synonyme d'un rappel à l'ordre fait par le président de la République. "La situation dans laquelle vous m’avez mis aurait pu être évitée", a déclaré le chef de l'État, dans une colère froide. 

Gérald Darmanin s'attèle donc à éteindre le feu des critiques, en annonçant une série de pistes de réflexions et de réformes concernant la police nationale, à la demande d'Emmanuel Macron.

Une "formation initiale plus importante"

Objectif de ces propositions : "Réaffirmer le lien de confiance qui doit naturellement exister entre les Français et ceux qui les protègent et pour lutter plus efficacement contre toutes les discriminations". 
          
Le premier péché évoqué par Gérald Darmanin concerne "la formation initiale". D'après lui, elle doit être "plus importante". "Pour recruter plus de personnels", après les attentats de 2015, la formation initiale (période de scolarité en école de police, ndlr) avait été ramenée de 12 à 8 mois. Le ministre de l'Intérieur a insisté sur l'importance de la formation tout au long de la vie. "Nous devons" aux policiers "plus d'heures de formation", a-t-il déclaré.

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"Un policier national, c'est 12 heures de formation annuelle, a-t-il ajouté. 20% seulement des policiers font ces 12 heures annuelles en 2019". Pour remédier à cela, Gérald Darmanin a indiqué avoir proposé à Emmanuel Macron une "formation initiale plus importante".

La généralisation des caméras piétons

Deuxième péché : l'encadrement. "Une des difficultés est qu'il n'y a pas assez de chefs, de sous-chefs présents dans la rue (...) il faut recréer un corps intermédiaire d'encadrement sur le terrain. (...) Être sur le terrain est la plus noble des fonctions", a poursuivi Gérald Darmanin.
                   
Les troisième et quatrième péchés concernent des moyens supplémentaires. Le ministère de l'Intérieur a indiqué avoir obtenu 1 milliard d'euros au titre du plan de relance pour rénover les commissariats et changer sa flotte de véhicules. Cependant, Gérald Darmanin a estimé qu'il faudrait davantage de moyens. Il a par ailleurs évoqué la généralisation des caméras piétons en juillet 2021, ce qu'il avait déjà annoncé et acté cet automne. 

Une réforme de la police des polices

Cinquième péché : l'inspection générale de la police nationale (IGPN). Gérald Darmanin a rappelé que "tout corps a son inspection". L'IGPN "est à la fois un service d'inspection et un service d'enquête judiciaire". Le ministre de l'Intérieur a estimé que s'il devait y avoir une réforme, elle devrait porter sur l'obligation d'appliquer les "préconisations de sanctions administratives" formulées par l'IGPN. 

"Si elle était aussi mauvaise que cela, le procureur de la République" de Paris "ne l'aurait pas saisie" pour enquêter sur les violences commises par des policiers sur le producteur Michel Zecler, a-t-il souligné. Pour autant, il s'est dit prêt "à tout regarder", c'est-à-dire à mettre une personnalité indépendante à sa tête.                

Pas de "divorce entre la police et la population"

Parmi les autres problèmes évoqués par le ministre de l'Intérieur, on retrouve le sous dimensionnement des effectifs de maintien de l'ordre. À cet égard, il a fait valoir que lors de l'évacuation du camp de migrants au cœur de Paris, les unités qui étaient intervenues n'étaient pas celles spécialement formées au maintien de l'ordre, par manque d'effectifs disponibles. 
                   
Septième et dernier péché : le lien avec la population. Le ministre "ne partage profondément pas" l'idée selon laquelle il y aurait "un divorce entre la police et la population". Il a proposé de porter à 30.000 la réserve des policiers, soit le même niveau que la réserve des gendarmes.               

Un livre blanc avec 200 propositions

Après la remise du livre blanc de la sécurité intérieure mi-novembre, Gérald Darmanin avait annoncé que des discussions allaient se poursuivre au premier semestre 2021 avec pour objectif de préparer une loi d'orientation et de programmation (LOPSI) pour 2022. 

Ce livre blanc, qui a demandé un an de travail, compte environ 200 propositions concernant le recrutement des policiers, leur formation, leur plan de carrière, mais aussi une nouvelle répartition territoriale entre police et gendarmerie ou des regroupements de structures entre les deux forces. 

Plusieurs propositions sont déjà en application comme le nouveau schéma du maintien de l'ordre, ou sont prévues dans le texte de loi "sécurité globale" comme le développement des polices municipales ou l'encadrement des société privées de sécurité

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