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PMA pour toutes : qu'attendre de la mobilisation des opposants ce dimanche ?

ÉCLAIRAGE - Alors qu'une grande majorité de Français est favorable à l'ouverture de la PMA aux femmes lesbiennes et célibataires et que la mesure a été votée à l'Assemblée, les opposants se mobilisent dimanche 6 octobre.

Une manifestation anti-PMA à Paris en janvier 2019 (Illustration)
Une manifestation anti-PMA à Paris en janvier 2019 (Illustration) Crédit : Laure Boyer / Hans Lucas
Marie Zafimehy
Marie Zafimehy
et AFP

La loi a déjà été votée à l'Assemblée nationale, et pourtant ils persévèrent. Les opposants à l'ouverture de la PMA à toutes les femmes espèrent mobiliser lors d'une marche dimanche 6 octobre à Paris autant que lors des manifestations contre le mariage pour tous en 2012-2013. Mais le contexte leur semble peu favorable.

Plus de trois millions de tracts distribués, des milliers d'affiches placardées, plus d'une centaine de cars complets et deux TGV affrétés : les organisateurs, la Manif pour tous et une vingtaine d'autres associations, n'ont pas lésiné sur les moyens pour faire nombre dans les rues.

"Liberté, égalité, paternité", "Tous nés d'un père et d'une mère voilà l'égalité", "privés de papa, de quel droit ?" : les slogans préparés sur les banderoles combattront ce que les opposants appellent la "PMA sans père", mot d'ordre qu'ils martèlent de longue date pour empêcher l'ouverture de la procréation médicalement assistée aux lesbiennes et aux femmes célibataires.

"Le sujet, c'est l'absence volontaire de père, le détournement de la médecine, la marchandisation de l'humain et, bien sûr, de la démocratie", énumère Ludovine de la Rochère, présidente de la Manif pour tous. 

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Alors que la contestation contre le mariage pour tous avait drainé jusqu'à 340.000 personnes dans les rues selon la police - jusqu'à 1,4 million selon les organisateurs -, Ludovine de la Rochère, prudente, ne fixe pas d'objectif cette fois-ci. "Le déroulement et l'ambiance de la manifestation sont aussi importants que son ampleur", argue-t-elle. 

L'opinion est beaucoup moins crispée sur la PMA que sur le mariage

Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l'Ifop
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Les observateurs doutent du succès de cette mobilisation. "Il est difficile d'anticiper ce qui va se passer dimanche, mais l'opinion est beaucoup moins crispée sur la PMA que sur le mariage", analyse Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l'Ifop. 

Selon le dernier sondage de l'institut, publié en septembre, une très large majorité de Français soutient l'ouverture de la PMA aux femmes seules (68%) et aux lesbiennes (65%), un "niveau record". La mobilisation risque de pâtir également d'un déficit d'"incarnation" selon M. Dabi.  

L'ancienne porte-parole médiatique de la Manif pour tous Virginie Tellenne, alias Frigide Barjot, n'a pas été conviée au cortège, puisqu'elle défend un modèle de coparentalité, alliant PMA et conservation du lien avec le père biologique, que rejettent les autres organisations. "Si vous divisez par deux le podium, vous divisez la rue par 10", prédit la déléguée générale de l'Avenir pour tous. 

Il y aura du monde mais pas la foule comme lors du mariage pour tous

Christine Boutin
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Côté politique, hormis l'ex-députée d'extrême droite Marion Maréchal, les quelques élus LR dont François-Xavier Bellamy qui avait qualifié la PMA pour toutes de "malédiction", ou du Rassemblement national qui ont annoncé leur présence n'ont pas le poids politique qu'avaient Laurent Wauquiez ou François Fillon il y a sept ans. L'ex-ministre Christine Boutin, retirée de la vie politique depuis 2017, "ne sait pas encore" si elle défilera. "Il y aura du monde mais pas la foule comme lors du mariage pour tous"déclarait-elle au Point en août

Chez les catholiques, dont une partie avait nourri les rangs des opposants à la loi Taubira, l'heure est à la "résignation", selon Philippe Portier, sociologue des religions et de la laïcité. "Depuis 40 ans et les lois Neuwirth puis Veil (autorisant la pilule contraceptive et l'IVG, ndlr), l'Église a enregistré une succession de défaites. "Elle a connu son chant du cygne en 2013", souligne le chercheur au CNRS.    

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