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Pédophilie : visite exceptionnelle dans les archives de l'Église de France

REPORTAGE - Les archives de l'Église de France sont étudiées pour comprendre l'évolution de la politique de l'Église face à la pédocriminalité. RTL a pénétré exceptionnellement dans ce lieu habituellement fermé au public.

Un homme prie dans une église (illustration)
Un homme prie dans une église (illustration)
Crédit : JEFF PACHOUD / AFP
Pédophilie : visite exceptionnelle dans les archives de l'Église de France
00:02:50
Pédophilie : visite exceptionnelle dans les archives de l'Église de France
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Marie Guerrier - édité par Paul Turban

L'Église de France veut prouver sa bonne volonté dans la lutte contre la pédocriminalité dans ses rangs. En parallèle du recueil de témoignages de victimes, la Commission Sauvé qui enquête sur les abus sexuels dans l'Église de France a obtenu l'accès aux archives nationales du clergé. Celles-ci sont ouvertes aux historiens et aux chercheurs pour comprendre la manière dont ont été traités les cas de pédocriminalité et l'évolution de la politique de l'Église face à ces crimes

À Issy-les-Moulineux, le message est clair : "Accès interdit au public." Pourtant, RTL a obtenu l'autorisation de suivre des chercheurs dans les sous-sol de l'Église de France. Il faut descendre l'escalier à la suite du responsable des lieux, Valentin Favrie. Il y a des rayonnages du sol au plafond, à l'abri de la lumière, avec une température constante de 18 degrés. 

"On a 6 kilomètres linéaires d'archives, que du papier, explique Valentin Favrie. C'est là notamment que se trouve les archives du secours sacerdotal, qui avait pour mission dans les années 1950 et 1960 de venir en aide aux prêtres en difficultés, les "cas douloureux", disait-on à l'époque. 

Une masse d'information immense

Paul Airiau et Philippe Portier ont commencé à exhumer les dossiers. "Il est très rare que nous tombions sur des dossiers 'pédophilie', confie Philippe Portier. Il faut donc que nous allions de dossier en dossier pour reconstituer ce puzzle. "C'est la première fois que nous avons, sur dérogation, le droit de les consulter", rappelle Paul Airiau. 

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"Dans chacune des boîtes, il y a une dizaine de dossiers correspondant à dix diocèses, explique Philippe Portier. Et dans ces dossiers, il y a des feuillets qui concernent des 'cas douloureux'..." "Cela peut être des prêtres qui sont partis, qui ont eu des enfants, ajoute Paul Airiau, des prêtres alcooliques, des prêtres dépressifs..." "Et puis, de temps à autres, un dossier qui concerne un prêtre pédophile", conclut Philippe Portier. 

Un travail à poursuivre dans les diocèses

"Il y a parfois des écritures difficilement lisibles, reconnaît Paul Airiau. Vous en avez un ici, il y a un nom, une date et la mention internée. C'est une piste." Philippe Portier explique que "pour les prêtres pédophiles, on indique très souvent qu'ils ont pu être traités à Gargenville. L'Église, dans ces années-là, sous-traite les cas difficiles dans un certain nombre de cliniques afin de les soumettre à un traitement psychologique, parfois psychiatrique et psychanalytique, censé les sortir du mauvais pas où ils se trouvent." 

Rien ne dit dans le dossier que ces prêtres ne sont pas repartis dans les paroisses. Au contraire. "Très souvent, il y a des retours en paroisse, confie Philippe Portier. Il peut y avoir des changements de diocèse." La prochaine étape est donc la visite des archives d'une vingtaine de diocèses. Mais le délai est court, il faut rendre un rapport d'ici à la fin de l'année. 

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