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Mode : le marché des sneakers semblable à la spéculation du Bitcoin

Une paire de chaussures du rappeur Kanye West a été acheté 1,8 millions de dollars, un record absolu qui en dit long sur le marché des sneakers.

Une paire de sneakers de la collection vendue à Sotheby's, le 15 juillet 2019
Une paire de sneakers de la collection vendue à Sotheby's, le 15 juillet 2019
Crédit : Dia Dipasupil / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP
Mode : le marché des sneakers semblable à la spéculation du Bitcoin
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Martial You

Bienvenue dans un monde où une basket Lidl vendue 12 euros 99 en magasin, peut partir quelques jours plus tard à 300 euros sur leboncoin voire 4.000 euros sur eBay, sans jamais avoir été portée. C'est un univers à mi-chemin entre le Bitcoin et la philatélie. Les Nike Air Yeezy 1 de Kanye West ont été achetées 1,8 millions de dollars, pulvérisant tous les records du genre puisque la précédente paire la plus chère du monde avait appartenu à Michael Jordan et s'était vendue 3 fois moins, à 615.000 dollars.

Il existe des plateformes spécialisées qui traquent les baskets les plus rares et qui leur donne une côte. Avant, il y avait "Yver et Tellier" pour les spécialistes des timbres, aujourd'hui, il y a StockX.com pour les baskets. Les leaders du marché (Nike, Adidas) créent des éditions limitées qui vont prendre de la valeur si elles sont rares ou si elles sont associées à une personnalité du monde du sport. 

C'est là où ça ressemble à la spéculation du Bitcoin : vous avez un nombre limité de paires qui vont donc prendre de la valeur en fonction de l'appétit des fans. La chaussure a donc un cours, comme un titre à la bourse et cette chaussure va devenir hyper spéculative car elle est soumise à une vente aux enchères permanente.

Même Lidl s'y met

Il y a Nike et Adidas, mais vous avez aussi Lidl, parce qu'on a quitté l'univers commercial traditionnel. On est dans la bulle spéculative. Lidl a voulu décoller un peu son image de marque hard discount auprès du jeune public et a donc sorti une collection de sneakers en édition limitée.

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Comme cette bourse des baskets est très prisée de la génération des millénials (une vingtaine d'années), le ticket d'entrée était bas (13 euros) et le gain très important. C'est donc un marché accessible pour les petits budgets, comme le Bitcoin au départ avec les premiers geeks qui s'étaient mis sur cette monnaie virtuelle.

C'est la rareté et le phénomène d'enchères qui valorise de façon irrationnelle ces chaussures. C'est pour ça que vous pouvez trouver des baskets Lidl à côté de baskets Balenciaga. Pour Kanye West, il fallait un peu plus que l'argent de poche d'un étudiant. Oui car on bascule dans un autre univers qui est celui de l'art contemporain et de la collection.

L'incarnation parfaite de la mondialisation

Les sneakers sont l'incarnation parfaite de la mondialisation : un même produit acheté et porté partout dans le monde. Avant il y avait l'indice McDo qui permettait de mesurer le niveau de vie d'un pays en regardant combien vaut le Big Mac puisque c'est le même hamburger partout sur la planète. Aujourd'hui, la sneaker révèle le degré d'intégration aux standard du monde occidental. En France, une chaussure neuve sur deux vendue chaque année est une basket. Fabriquée en Chine ou dans un pays low cost.

Kanye West, lui, fait sortir la sneaker du rayon sportswear en lui donnant l'odeur de souffre du rap. Kanye West est une signature mondiale, celle de la génération de la télé-réalité puisqu'il a formé un couple mythique pour les millenials avec Kim Kardashian. Il s'inscrit dans une époque. Il signe une paire de basket comme on signait un tableau. La paire de basket de Kanye West, c'est la version 21e siècle de la boite de conserve Campbell d'Andy Warhol.

Le plus : avec un bras de fer en apesanteur

On a beaucoup parlé de Thomas Pesquet à bord d'une fusée SpaceX du milliardaire Elon Musk. Et bien sur terre, les milliardaires s'affrontent puisque Blue Origin, la société spatiale du patron d'Amazon, Jeff Bezos, porte plainte contre la NASA qui a privilégié, selon elle, l'engin de SpaceX pour atterrir sur la Lune.

La note : 12/20 pour Toyota

On reste dans l'univers d'Elon Musk, le patron de Tesla. Les grandes manoeuvres ont lieu dans la voiture autonome et les acteurs historiques reprennent la main. Toyota a racheté pour 550 millions de dollars la division "voiture autonome" du grand concurrent d'Uber, le groupe de VTC Lyft.

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