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Lutte contre le harcèlement scolaire : où en est la France ?

ÉCLAIRAGE - Ce jeudi 5 novembre marque la journée nationale contre le harcèlement scolaire, un phénomène qui commence de plus en plus tôt et est accentué par le recours aux réseaux sociaux.

Des parents et des enfants, devant une école de Toulouse, après le déconfinement, le 22 juin 2020.
Des parents et des enfants, devant une école de Toulouse, après le déconfinement, le 22 juin 2020.
Crédit : Lionel BONAVENTURE / AFP
Confinement : les signalements de harcèlement scolaire en forte hausse
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Marie Guerrier

C'est une violence, parfois seulement verbale, qui concerne 2 à 3 élèves par classe. En France, depuis 2015, le premier jeudi de novembre est décrété "journée nationale de lutte contre le harcèlement scolaire", et c’est aussi cette année, la première journée internationale contre la violence et le harcèlement en milieu scolaire.

La nouvelle campagne de sensibilisation 2020 lancée par le ministère de l'Éducation nationale concerne l’école primaire, avec un clip et un slogan : "Ce n’est pas parce qu’on est petit qu’on a des petits problèmes". L’Éducation nationale a constaté une précocité des attitudes de harcèlement combinées à l’utilisation d’outils numériques.  Les élèves sont équipés de plus en plus jeune d'un téléphone portable : + 15% d'enfants en possèdent un, dès 10 ans en CM1. Les conséquences peuvent être dramatiques : phobies scolaires, troubles psychosomatiques et troubles anxio-dépressifs dès le plus jeune âge.

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En 2020, la campagne de sensibilisation au harcèlement scolaire vise les élèves de primaire.
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À l’école primaire, on voit comme en collège, "des insultes, des moqueries, du racket, de la violence verbale", constate Guillaume Harant, chargé de mission au sein de la cellule "harcèlement scolaire" de l’académie Amiens. Il ajoute : "du cyberharcèlement existe également en primaire, pas forcément sur les réseaux sociaux, parce que normalement, ils n’ont pas le droit d’y être à leur âge, mais le cyberharcèlement c’est aussi les échanges de SMS, des élèves font des groupes de conversation dans les classes et c’est souvent dans ces groupes qu’il y a le plus de situation de cyberharcèlement".

Le confinement intensifie le cyberharcèlement

Le cyberharcèlement via les réseaux sociaux (diffusions de photos dégradantes, d’insultes, de fausses rumeurs), a pris de l’ampleur ces dernières années et le confinement du printemps a accentué encore le phénomène : +30% d'appel à la cellule NET écoute, une hausse associée à deux fois plus de signalements auprès des plateformes comme Instagram et Snapchat qui ont, dans la foulée, fermé des comptes. 

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Pendant le confinement, le numérique s'est massivement et durablement déployé dans les foyers, avec le déconfinement. Les cas de cyberharcèlement scolaire ont continué d'augmenter : + 26% en septembre par rapport à septembre de l'année dernière. En revanche, les cas de harcèlement  à l'école n'ont pas retrouvé le niveau de la rentrée 2019, note l'association E-Enfance qui gère le numéro vert NET écoute, disponible au 0800 200 000.

Des mesures prises depuis 2015

La France a lancé une politique de lutte contre le harcèlement scolaire en 2015 sous la présidence Hollande et elle se poursuit sous la présidence Macron. Chaque académie est dotée d’une cellule "harcèlement scolaire", composée d'une dizaine de référents, 310 au total interviennent dans toute la France à chaque signalement. Ils sont alertés par les familles, par les établissements ou via le numéro vert le 30 20, Non au Harcèlement. Au total, 77.700 appels ont été reçus à ce numéro en 2019 dont plus de 2.000 ont été traités par les référents.

Ils suivent un protocole précis : recueillir la parole de la victime, puis rencontrer le ou les agresseurs et les témoins, séparément. Utiliser la méthode dite de la "préoccupation" partagée pour leur faire prendre conscience de la situation et tenter de leur faire ressentir de l’empathie avec la victime. La lutte contre le harcèlement passe aussi par des élèves volontaires, plus de 6.000 en collège et plus de 3.000 en lycée. Ils sont "ambassadeurs contre le harcèlement", mènent des actions de prévention, incitent les victimes et les témoins à briser le silence.


Mais ces pratiques sont loin d’être généralisées. L'Éducation nationale avait décidé, l'année dernière, d'uniformiser la lutte contre le harcèlement en lançant un programme "clé en main" dans 36 établissements scolaires de six académies pilotes. Un programme qui reprend les outils qui ont fait leurs preuves : la méthode de préoccupation partagée, les ambassadeurs et il faut former les personnels, les enseignants et associer les parents.  La pandémie a retardé les choses mais le programme va reprendre avec l'objectif, à terme, de l'appliquer dans tous les établissements de France.

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