3 min de lecture Harcèlement

Harcèlement scolaire : qu'est-ce que la méthode Pikas pour lutter contre les violences ?

ÉCLAIRAGE - Créée par le Suédois Anatol Pikas, la méthode dite de "préoccupation partagée" vise à résoudre les conflits pacifiquement dans les affaires de harcèlement scolaire.

Une cour de récréation dans un collège en France (illustration)
Une cour de récréation dans un collège en France (illustration) Crédit : FRANK PERRY / AFP
Marie Guerrier
Marie Guerrier édité par Marie Zafimehy

Depuis 2015, le premier jeudi du mois de novembre marque la Journée contre le Harcèlement scolaire. L'Éducation nationale estime le nombre d'élèves victimes de violences à l'école à 700.000, soit 9 à 10% des élèves. Pour lutter contre ce fléau, il existe une méthode appelée "méthode Pikas" ou "méthode de la préoccupation partagée". Du nom du Suédois Anatol Pikas, elle vise à résoudre pacifiquement les conflits.

"Il y a eu une formation du personnel au sens large", explique Thierry Le Bourguennec, principal du collège Romain Rolland de Sartrouville (Yvelines) qui applique cette méthode depuis 2017. L'objectif est "que tout le monde se sente concerné par cette méthode, c'est super important".

Élodie Duluc, professeur d'anglais, a tout de suite été intéressée. "C'est vrai que les deux premières classes de sixième que j'ai eu, je trouvais ça assez effrayant comment les élèves pouvaient se parler entre eux à un âge aussi jeune". Elle a donc suivi une formation pour appliquer la méthode Pikas : dès lors qu'un élève se plaint, des entretiens individuels sont menés avec les harceleurs présumés.

Interrogés sur l'ambiance de la classe, ils sont au fil de la discussion amenés à signaler si un de leurs camarades va mal. "D'eux même, ils disent avoir remarqué que telle ou telle personne ne se sentait pas bien, explique Élodie Duluc. Ils nous parlent de l'isolement, qu'il y a des moqueries, parfois ils avouent y avoir participé. On leur demande s'ils pourraient agir."

Souvent, sans public, sans groupe il n'y a pas de harcèlement

Anaïs Mourgue, CPE du collège Romain Rolland à Sartrouville (Yvelines)
Partager la citation
À lire aussi
Deux femmes gendarmes ont déposé plainte pour harcèlement sexuel au sein de la brigade de gendarmerie de l'Ain. justice
Ain : enquête pour harcèlement sexuel envers des femmes gendarmes

Souvent, plusieurs entretiens sont nécessaires. "Ils ne se rendent pas compte, observe Anaïs Mourgue, CPE du collège. Dans la plupart des cas, il y a un leader et ensuite d'autres personnes qui vont plus rigoler. Et c'est sur eux qu'on va plus réussir à travailler parce qu'ils vont plus vite se rendre compte et arrêter. Souvent sans public, sans groupe il n'y a pas de harcèlement."

L'idée est de rendre les élèves acteurs du dispositif en les responsabilisant lors des entretiens individuels, insiste Elsa Lavit, principal adjointe. "Essayer de réveiller le sentiment d'empathie, voir comment eux peuvent faire en sorte que cette situation s'améliore." Le harcèlement peut donc se régler sans punition, sauf pour les violences physiques qui elles sont sanctionnées.

Repérer les faits de harcèlement

Pour que la méthode Pikas soit efficace, il faut que les faits de harcèlement soient repérés rapidement. C'est là qu'entrent en jeu les élèves ambassadeurs : cinq volontaires âgés de douze et treize ans dont le rôle est celui de "vigies". Leur formation a commencé en juin. 

Parmi eux se trouve Harris, lui-même harcelé quand il est arrivé l'année dernière en cinquième et qu'il ne connaissait personne. "On se moquait de moi et de mon physique", se souvient-il. Les moqueries se répètent, et il décide d'en parler à un adulte. "Ça s'est réglé, donc je me suis dit que si ça se règle on peut aider les autres, et je veux que personne ne vive ça parce que c'est horrible". 

L'année dernière, le collège a traité une trentaine de situations grâce à la méthode Pikas, dont deux cas sévères de harcèlement contre six ou sept les autres années. Ce qui prouve selon Elsa Lavite, que cette méthode "permet de faire en sorte que la situation ne s'enkyste pas et n'empire pas".

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Harcèlement École Collège
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants