3 min de lecture Élections municipales

Listes communautaires : "Il faut faire comprendre que ça ne sert à rien" dit Olivier Bost

ÉDITO - Face aux partis communautaires, "la dissuasion, plutôt que l’interdiction, est une position moins dure, en apparence, mais qui peut être, en réalité, bien plus efficace", estime Olivier Bost.

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Listes communautaires : "Il faut faire comprendre que ça ne sert à rien" dit Olivier Bost Crédit Image : LOIC VENANCE / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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Olivier Bost
édité par Paul Turban

Faut-il interdire les listes communautaires aux élections municipales ? C’est une demande relayée par de plus en plus de politiques. Ce n’est pas la première fois que le problème se pose, mais pour l’année prochaine, il risque de concerner beaucoup plus de villes.


Il faut appeler un chat un chat. Lorsque l’on parle de liste communautaire, en fait, c’est un parti qui est concerné : l’Union des démocrates musulmans français (UDMF). Vous n’en avez probablement jamais entendu parler, et c’est normal. Aux dernières élections européennes, ce parti n’a recueilli que 0,13 % des voix, c’est-à-dire 28.469 bulletins de vote sur toute la France.

Pour les municipales, son ambition est de présenter des listes dans une cinquantaine de villes. Ces villes ne sont pas choisies au hasard : c’est là où il y a une forte communauté musulmane bien-sûr et où le parti a fait ses meilleurs scores aux européennes.
Dans le Nord, comme à Maubeuge, il a recueilli 6 % des voix. En région parisienne, sont concernées Mantes-la-Jolie, les Mureaux, Villetaneuse, dans la banlieue lyonnaise, Vaux-en-Velin et Vénissieux, et quelques grandes villes, comme Marseille ou Paris.

Peut-on vraiment interdire des partis politiques ?

Son leader voudrait que l’on compare son mouvement au Parti chrétien-démocrate fondé par Christine Boutin. Il explique que son ambition n’est pas de passer de la République à la charia. Il assure qu’il est républicain et laïc. Mais il est aussi anti-impérialiste, anti-sioniste et anticolonialiste. Il veut une loi contre l’islamophobie. C’est bien un parti communautariste.

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Aujourd'hui, ce type de parti est légal. Notre droit est très clair là-dessus et Christophe Castaner, le ministre aussi en charge des élections, l’a encore rappelé la semaine dernière. Le gouvernement ne peut pas sélectionner qui peut se présenter et heureusement…
C’est pourtant ce que lui demande une bonne part de la classe politique : Xavier Bertrand, Yannick Jadot pour les écolos, Marine Le Pen pour le Rassemblement national, Bruno Retailleau le patron des sénateurs les Républicains... Ce dernier veut proposer une loi pour interdire les partis communautaires. J’attends de voir quand même comment on va définir le communautarisme pour que cette loi reste compatible avec notre constitution.

Un combat politique

A défaut de pouvoir faire dans le préventif, le gouvernement songe à revoir les règles après l’élection. Aujourd’hui, un maire peut porter des signes religieux dans sa mairie ou lors d’un Conseil municipal : il n’est pas tenu comme les fonctionnaires à la neutralité. Cela peut se changer facilement. Ensuite, les préfets peuvent être plus vigilants. Ils ont un droit de regard sur toutes les décisions que prennent les conseils municipaux. Ils peuvent retoquer un vote pris explicitement pour une communauté et attaquer les élus.

Mais au-delà du combat juridique, le gouvernement est surtout persuadé que le combat doit être politique. "Il faut désigner ces partis communautaristes, explique un proche du Premier ministre, croiser le fer avec eux comme on le fait avec l’extrême droite".
En fait, ce parti musulman n’a aucune chance aujourd’hui de remporter une ville mais il peut installer un réflexe de vote communautariste. Il faut faire comprendre à tous ceux qui seront tentés par ces listes que ça ne sert à rien. Ils n’obtiendront jamais rien. La dissuasion, plutôt que l’interdiction, est une position moins dure, en apparence, mais qui peut être, en réalité, bien plus efficace.

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