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Le rose et la rose : quand le genre change tout

Quantité de mots de notre langue ont cette étonnante caractéristique de changer de sens en changeant de genre. Tour d’horizon de cette curiosité avec Muriel Gilbert.

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Un bonbon sur la langue du 11 avril 2021 Crédit Image : ERIC FEFERBERG / AFP | Crédit Média : RTL | Durée : | Date : La page de l'émission
Muriel Gilbert
Muriel Gilbert édité par Nicolas Barreiro

Ce dimanche, nous reparlons de genre. La semaine passée, déjà, nous avons vu que l’on pouvait dire LE ou LA Covid. Je vous ai donné quantité d’exemples de mots qui, comme Covid, s’emploient au choix au féminin ou au masculin : le ou la parka, le ou la réglisse, le ou la VAR pour l’arbitrage vidéo, un ou une après-midi…

Hier j’ai parlé de merci, qui existe également au masculin et au féminin. Mais merci fait partie d’une catégorie bien spécifique de mots qui s’emploient aux deux genres : ceux qui, en changeant de genre, changent de sens ! Un merci, c’est un remerciement, mais la merci, c’est la pitié. Eh bien, figurez-vous qu’il y a une multitude de mots comme ça.

Des exemples ? Ils sont légion (pas de S à légion dans cette expression, hein) ! Il y en a qui sont très courants, et qui ne posent aucun problème à un francophone de naissance, mais une fois de plus, songez aux pauvres petits élèves étrangers, qui doivent apprendre à ne pas confondre la rose qui est une fleur et le rose qui est sa couleur (quand c’est une "rose rose" !), il y a le livre qui se lit et la livre qui fait 500 grammes.

Chèvre, manche, fin, poêle, plastique…

Et puis il y a des mots comme chèvre. Un chèvre, c’est un fromage, une chèvre, c’est une chèvre ! D’un côté, la jolie biquette, de l’autre le bon petit fromage que l’on fabrique avec son lait. Un peu dans le même genre : la mort et le mort – d’un côté, la fin de la vie ; de l’autre, celui qui ne vit plus. Le mort a un féminin, qui n’est pas la mort, mais la morte.

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Plus gai, ne confondez pas un manche de pioche et une manche de pull ou une manche dans un match, tous les trois descendants du latin manus, "la main", mais il y a aussi la manche que l’on fait quand on mendie (et qui elle dérive de l’italien mancia, "gratification") ou même la Manche avec une majuscule, cette mer qui sépare la France du Royaume-Uni, ou cette autre Manche à majuscule, au féminin également, à laquelle la précédente a donné son nom, et qui est un département normand.

Et d’ailleurs ne confondons pas "le fin" du fin… et "la fin" des haricots ! Ni le mousse avec son pompon rouge et la mousse au chocolat, ou encore mousse de mon bain, ou celle des sous-bois, ni le physique avantageux et la plastique sinueuse d’une James Bond girl avec la physique des particules et le plastique des emballages.
Ne mélangez pas le poêle en fonte et la poêle à frire, le poste à pourvoir et la poste qui distribue le courrier, le somme qui est une sieste et la somme qu’il faut payer, et puisque nous parlons d’argent, la solde du soldat et le solde de tout compte. J’en profite pour rappeler, c’est la vingtième fois, mais je vois encore la faute un peu partout : il y a cet autre sens de solde, celui des soldes dans les boutiques, et ça, c’est du masculin : "des soldes intéressants", "des soldes géants", "des soldes monstrueux" ! N’oubliez pas : la solde, c’est seulement pour le soldat.

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