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Le fret ferroviaire sans cesse relancé, toujours en déclin

Le Premier ministre Jean Castex a annoncé qu'il souhaitait relancer le fret ferroviaire, un secteur en plein déclin puisque la part de celui-ci dans l’ensemble des échanges de marchandises ne cesse de chuter.

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Le fret ferroviaire : sans cesse relancé, toujours en déclin Crédit Image : Kenzo TRIBOUILLARD / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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Anais Bouissou
Anaïs Bouissou édité par Florise Vaubien

Comme tous les jeudis, on remonte l’histoire du monde d’après avec Anaïs Bouissou et le service des archives RTL. Dans le monde d’après, le Premier ministre Jean Castex veut relancer le fret ferroviaire. Il l’a annoncé la semaine dernière à Valenton dans le Val-de-Marne. "Comment faire en sorte que des tonnes de marchandises puissent circuler par le train ? Nous devons investir dans le fret ferroviaire". Mais ce fret ferroviaire cela fait presque un demi-siècle que tous les gouvernements ont annoncé vouloir le relancer. 

L’histoire débute à la fin des années 1960. La France vit encore au rythme des 30 glorieuses : 30 ans de croissance, de consommation et de développement de consommation. À cette époque, le transport des marchandises par le train est encore à son apogée. En décembre 1969, un responsable SNCF expliquait sur les ondes de RTL qu’en 15 jours, "nous expédions 5.000 tonnes d'huîtres du bassin de Marennes", énormément de Cognac, 125.000 colis, et des Sapins.  

10% de part du fret ferroviaire dans les échanges de marchandises

Gilles Dansart, le directeur de la revue spécialisée Mobilettre explique que "dans les années 70, on est à 30% de part du fret ferroviaire dans l’ensemble des échanges de marchandises. C’est assez considérable. Aujourd’hui, on constate une chute très importante en près de 50 ans puisqu'on est à moins de 10%". Dès la fin des années 70, le lent déclin du transport de marchandises s’enclenche sur les réseaux ferrés. 

Jacques Pelissier, ancien PDG de la SNCF, fait le bilan en 1979 : "dans notre trafic marchandises, l’ensemble des transports représente une baisse de 10%". À l’époque, en pleine crise du pétrole cher, le transport par voie de chemin de fer est déjà perçu comme plus vertueux pour l’environnement que le transport par route. 

Mais le fret ferroviaire a deux concurrents : les camions sur les routes, plus souples avec des infrastructures plus développées; et le TGV, le transport de voyageurs à grande vitesse, dont le développement est privilégié dans les investissements. "Nous attendons du fonctionnement du TGV un supplément de recettes de l’ordre de 750 millions de francs par an", expliquait Jacques Pelissier. 

Aucun ministre n’est parvenu à endiguer ce déclin

Jacques Pellissier, ancien PDG de la SNCF, sur RTL
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À partir des années 80, il y a le discours politique, avec des plans de relance, et puis il y a les faits : le lent déclin du fret ferroviaire. "Tout le monde a cru aux différents plans, le plan Etna, le doublement du fret ferroviaire à la fin des années 90 et à chaque fois il a manqué un échelon. Tous les ministres sans exception ont vanté le fret ferroviaire. Aucun n’est parvenu à endiguer ce déclin". 

Au début des années 2000, la situation devient très inquiétante. La SNCF accumule une dette qui augmente d’année en année. On veut alors investir et développer par exemple le ferroutage, les trains sur des wagons ferrés, on évoque des autoroutes ferroviaires comme la ligne Lyon-Turin avec des échéances à 15-20 ans. En 2003, puis 2006, nouvelle étape, une directive européenne met fin au monopole de la SNCF. Le transport des marchandises s’ouvre à la concurrence. "Fret SNCF était monopolistique en 2006, 100% du marché et aujourd’hui on est à plus de 40% du marché utilisé par le privé".  

Symbole de ce déclin qui s’est poursuivi, l’arrêt en 2019 du dernier train de marchandises périssables circulant entre Perpignan et Rungis. Dans le monde d’après, le gouvernement veut relancer ce train des primeurs, développer des autoroutes ferroviaires, inciter financièrement les entreprises ferroviaires à utiliser les réseaux. Autant de vieilles recettes nécessaires, mais jusqu’ici jamais suffisantes.

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