2 min de lecture Agriculture

"Il y a une déconnexion entre les décideurs et nous", déplore une représentante agricole

INVITÉE RTL - Véronique Marchesseau, secrétaire générale de la Confédération paysanne, revient sur la crise que traversent toujours le monde agricole.

Christelle Rebiere L'invité de RTL Midi Christelle Rebière
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"Il y a une déconnexion entre les décideurs et nous", déplore une représentante agricole Crédit Image : Ludovic MARIN / POOL / AFP | Crédit Média : RTL | Durée : | Date : La page de l'émission
Agnès Bonfillon
Agnès Bonfillon édité par Jérémy Billault

Le Salon de l'Agriculture n'aura pas lieu ce week-end, mais le chef de l'État n'oublie pas les paysans. Emmanuel Macron s'est rendu ce mardi 23 février dans une ferme de Côte d'Or pour y débattre des problèmes du monde agricole. Malgré les efforts des états généraux de l'alimentation, la condition paysanne continue de se dégrader.
Véronique Marchesseau, secrétaire générale de la Confédération paysanne et éleveuse de vaches dans le Morbihan, alerte sur une crise toujours importante. "La crise du Covid n'a pas arrêté l'activité agricole, explique-t-elle au micro de RTL. Par contre, depuis très longtemps, il y a des difficultés dans les campagnes, dans les fermes, qui sont dues à une mauvaise rémunération des producteurs."

"Normalement, poursuit-elle, la loi Egalim, issue des états généraux de l'alimentation, devait venir palier cette mauvaise répartition de la valeur le long de la filière. Cette loi a été votée il y a deux ans et n'a toujours pas atteint son objectif : que dans les fermes on puisse vivre de notre travail."

Il fallait rétablir les rapports de force par un engagement politique fort, mais ça n'a pas été fait

Véronique Marchesseau, secrétaire générale de la Confédération paysanne, sur RTL
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Si elle n'a pas été totalement inutile, cette loi a, selon Véronique Marchesseau, manqué d'efficacité concrète"Cette loi a servi à mettre en évidence la problématique  de répartition entre production, valorisation et commercialisation. Il fallait rétablir les rapports de force par un engagement politique fort, mais ça n'a pas été fait. Les constats c'est bien, mais il faut passer à l'action pour inverser les tendances."

À défaut de Salon de l'Agriculture, la Confédération paysanne organise le Salon à la ferme. Plusieurs fermes ouvertes au public dans toute la France. "Il était indispensable de garder ce temps fort du Salon ou on peut échanger avec le grand public et les décideurs sur un problème qui concerne tout le monde, explique Véronique Marchesseau. Pendant la période du Salon (du 27 février au 7 mars), on ouvre plus de 200 fermes sur tout le territoire à destination du grand public".

On veut leur montrer la réalité des fermes

Véronique Marchesseau, secrétaire générale de la Confédération paysanne, sur RTL
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Le grand public va ainsi avoir l'occasion de rencontrer les producteurs et pourrait se montrer intéressé compte-tenu de l'essor des circuits courts en 2020."Beaucoup ont pris conscience de la nécessité d'avoir des rapports avec ceux qui vendent l'alimentation, estime l'éleveuse , d'autant que beaucoup ont eu plus de temps pour cuisiner."

Emmanuel Macron, Jean Castex et Julien Denormandie sont officiellement invités chez elle, dans le Morbihan. "On veut leur montrer la réalité des fermes. Il y a une déconnexion entre les décideurs et nous. Nous on est sur nos fermes avec des difficultés et des choses à montrer, on voudrait que les gens qui décident de l'orientation de l'agriculture voient comment on vit et les conséquences des décisions qu'ils prennent loin du monde rural.l

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