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"Il faut oublier cette idée" : sur RTL, un proviseur critique l'annonce d'Emmanuel Macron qui veut interdire le portable au lycée

Pour Bruno Bobkiewicz, secrétaire général du SNPDEN invité de RTL Matin Week-end, l'application du plan "portable en pause" aux lycées "n'est pas réaliste". Ce dispositif consiste pour l'élève à se séparer physiquement de son téléphone en le déposant dans un casier ou dans une pochette scellée.

Macron n’exclut pas d’interdire le portable au lycée "dès la rentrée prochaine" (illustration).

Crédit : Jean-François FORT / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

RTL Matin Week-end du 29 novembre 2025

02:48:35

Antoine Cavaillé-Roux & Hugo Palacin

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Après les collèges, Emmanuel Macron n'exclut pas de généraliser l'interdiction des téléphones portables au lycée. En déplacement vendredi 28 novembre à Mirecourt, dans les Vosges, le chef de l'État a indiqué souhaiter étendre le dispositif "portable en pause", en vigueur au collège depuis la rentrée.

"On l'avait fait dans les collèges de manière expérimentale, on l'a généralisé en septembre dernier" et cela fonctionne "plutôt bien", s'est-il réjouit lors d'un échange avec des lecteurs de journaux du groupe Ebra. Une satisfaction que ne partagent pas les syndicats.

Invité de RTL Matin Week-end ce samedi 29 novembre, Bruno Bobkiewicz, secrétaire général du SNPDEN, syndicat majoritaire des chefs d'établissement secondaires, estime qu'"il n'y a pas besoin de ce dispositif" dans les lycées.

Un dispositif "coûteux"

Pour le proviseur de la cité scolaire Buffon à Paris, la loi de 2018 relative à l'encadrement de l'utilisation du téléphone portable dans les établissements d'enseignement scolaire "fonctionnait plutôt bien". "On ne voit pas de téléphones portables dans les cours de collège parce que c'est interdit et confisqué si c'est utilisé."

Son syndicat, le SNPDEN, a mené une enquête auprès de 2.000 établissements. 9% des collèges ont mis en œuvre le plan "portable en pause" pour l'instant, qui consiste pour l'élève à se séparer physiquement de son téléphone en le déposant dans un casier ou dans une pochette scellée.

"Les départements n'ont pas souhaité investir dans ce dispositif coûteux parce que les établissement n'ont pas les effectifs pour récupérer et rendre les téléphones à l'entrée et à la sortie des élèves", estime Bruno Bobkiewicz.

Mettre 1.200 casiers à l'entrée de son établissement, "ça n'est pas réaliste", juge-t-il. Si les directions des quelque 1.600 lycées, qui accueillent des élèves parfois majeurs, devaient récupérer tous les téléphones, "ce serait du délire". "Il faut oublier cette idée tout de suite", recommande le secrétaire général du SNPDEN.

"Il n'y a rien de pire qu'une règle qu'on ne sait pas faire respecter et qui se fait dans l'hostilité générale. Si c'est une contrainte pour tout le monde, on aura du mal à faire respecter cette règle quand on voit la taille moyen d'un lycée, beaucoup plus importante que celle d'un collège."

"Il y a différentes pistes à étudier"

Pour Bruno Bobkiewicz, la problématique est ailleurs. "L'interdiction du téléphone au lycée ne sera pas utile s'il n'y a pas un travail qui est également fait à l'extérieur. Car ce qui pause aussi une difficulté, c'est le taux de connexion le soir, le week-end et la nuit. C'est une problématique majeure."

Il estime ainsi qu'"on va demander à un établissement de faire à l'échelle industrielle ce qu'un parent n'arrive pas à faire chez lui à l'échelle individuelle".

Le proviseur se montre très critique vis-à-vis de l'annonce d'Emmanuel Macron. "Il y a différentes pistes à étudier. Il faut se poser sur ce sujet et envisager ce qui est possible ou non, en évitant les annonces non concertées de dernière minute comme vient de le faire le président."

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