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Emmanuel Macron veut interdire le portable au lycée : pourquoi ça risque d'être plus compliqué qu'il ne le pense

Interdire aux lycéens d'utiliser leur téléphone, comme le souhaite Emmanuel Macron, soulève des problèmes financiers et de mise en œuvre selon plusieurs syndicats et chefs d'établissements.

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Crédit : Pancake Pictures / Connect Images / Connect Images via AFP

AFP & Chloé Berry

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Plus de portables au lycée. C'est la promesse qu'a formulée Emmanuel Macron ce vendredi 28 novembre. Comme au collège. Après une expérimentation l'an passé, le dispositif "portable en pause" a été généralisé dans tous les collèges de France à la rentrée scolaire 2025. Ce serait désormais aux plus grands de se mettre au parfum de la déconnexion à l'école. 

Plus facile à dire qu'à faire. En effet, depuis cette annonce, c'est la soupe à la grimace dans les rangs des lycées. Syndicats et chefs d'établissements doutent que cette mesure, qui soulève des problèmes financiers, puisse être mise en œuvre. D'autant plus qu'elle est déjà compliquée à faire respecter au collège.

Selon le ministère, élargir l'interdiction au lycée naît de la "nécessité de lutter contre la consommation croissante d'écrans" chez les adolescents, "qui pose des problèmes d'apprentissage, de socialisation et de santé publique".

Un "échec" au collège

Emmanuel Macron "veut généraliser un dispositif qui n'existe pas ou qui a été un échec", affirme Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU (collèges et lycées). 

Il passe à côté de l'enjeu essentiel, celui de la prévention, de l'information, de la régulation de tous les outils numériques.

Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU (collèges et lycées)

Seuls deux conseils départementaux, sur 101, ont financé le dispositif "portable en pause" dans l'ensemble de leurs collèges et une dizaine d'autres pour un ou deux collèges de leurs territoires, selon l'association d'élus Départements de France, qui pointe le coût de la mesure.
 
Interrogé par l'AFP, le ministère de l'Éducation nationale n'était pas en mesure de fournir une proportion sur les 5.300 collèges publics du pays. 

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"Dans beaucoup de collèges, on fait en sorte que les élèves n'utilisent pas leur téléphone pendant les cours, mais hors cours, on n'a pas la capacité de mettre des boites où ils les posent et les reprennent, avec le risque de créer des attroupements de 500 élèves au même endroit, les élèves peuvent dire qu'il n'en ont pas, on n'a pas envie de les fouiller", raconte Jean-Rémi Girard, président du syndicat d'enseignants Snalc. 

"Je ne vais pas mettre 1.200 casiers à l'entrée"

L'interdiction du téléphone portable en cours existe déjà au lycée, conformément aux règlements intérieurs des établissements. Pour l'élargir aux temps de pause (cours de récréation, couloirs), il faudrait une loi ou un vote en conseil d'administration de chaque établissement. 

Si les directions des quelque 1.600 lycées, qui accueillent des élèves parfois majeurs, devaient récupérer les téléphones, "ce serait du délire", estime Bruno Bobkiewicz, proviseur et secrétaire général du syndicat SNPDEN Unsa. "Je ne vais pas mettre 1.200 casiers à l'entrée."

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