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"Il avait des comportements de personnes droguées" : à 18 mois, son enfant est devenu addict aux écrans

Dans "Un jour, une vie", Jennifer est venu raconter l'addiction précoce de son fils aux écrans. Alors qu'il n'a que 18 mois, il développe une forte dépendance et fini par ne plus pouvoir décrocher de ses comptines numériques. La maman raconte le combat qu'elle a dû mener face au fléau de ces nouvelles technologies.

Le gouvernement veut s'attaquer à l'addiction des enfants aux écrans. (Illustration)

Jennifer, son fils est devenu accro aux écrans à l'âge de 18 mois

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Alban Tardy

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Une étude MILDECA datant de 2022 démontre qu'environ un Français sur deux passe plus de temps que prévu sur les écrans. Un chiffre inquiétant et en forte progression sur les 20 dernières années, mais qui ne prend pas en compte l'activité des touts petits. Pourtant, l'addiction aux écrans commence de plus en plus tôt chez les enfants, comme peut en attester Jennifer. Cette mère de famille a dû se battre pendant de longs mois pour sortir son garçon de sa dépendance précoce aux vidéos en ligne, lui qui en a consommé dès ses 18 mois

Tout commence durant la crise COVID en 2020. Alors que Jennifer vient tout juste d'avoir son enfant, elle perd son papa et doit supporter une immense charge de travail en tant qu'infirmière. Une période extrêmement compliquée qui la plonge dans un état de grande fatigue : "J'étais déprimée de la perte de mon père, j'étais aussi plongée à 100% dans le travail et je n'ai pas eu le temps de m'occuper de lui. Je le laissais devant les écrans pendant dix minutes au début, pour faire la vaisselle ou un peu de ménage", explique-t-elle à Faustine Bollaert. Mais très vite, la maman perd le contrôle sur son fils. 

Les vidéos s'enchaînent, et Jennifer découvre que le contenu consommé n'a pas de limites, se renouvelant à l'infini à l'instar du fil d'actualité de TikTok ou d'Instagram : "Au démarrage, c'étaient surtout des comptines sur Youtube Kids. Ça lui proposait toujours d'autres choses et ça ne s'arrêtait jamais. Au fur et à mesure, c'est devenu des vidéos dans d'autres langues, en anglais ou en russe", raconte-t-elle. Après 6 mois d'utilisation, son fils devient complètement addict aux écrans : "Il pouvait passer des journées entières dessus". Jennifer découvre alors rapidement les effets destructeurs de cette surexposition sur son garçon : "Il était devenu un enfant totalement vide. Il n'avait plus d'émotions, il ne voulait que ses écrans", explique la mère de famille. 

C'était insupportable de le voir dans une telle souffrance.

Jennifer, maman d'un enfant addict aux écrans

Hormis les repas, chaque moment de la journée du petit garçon est rythmé par les écrans. Complètement happé par les animations ultra colorées et dynamiques de Youtube, l'enfant se développe plus lentement que ses camarades et perd tout intérêt pour des activités manuelles ou d'extérieur : "Avant, mon fils faisait des constructions avec des Lego. Juste avant le sevrage, il n'en faisait plus aucune. Il n'avait plus d'interaction avec moi, sauf pour les écrans. À l'école, il avait fui, il était intenable contrairement aux autres enfants de son âge", décrit Jennifer. 

Observant que son fils développe de gros problèmes de motricité, d'alimentation et même de parole, la mère de famille décide de tout couper du jour au lendemain. Une décision brutale mais qui s'avérera efficace sur le long terme. Les débuts ont cependant été très compliqués : "Il allait devant les écrans en pleurant et en hurlant. C'était insupportable de le voir dans une telle souffrance. Il avait des comportements de personnes droguées en sevrage", se souvient-elle au micro de RTL. 

Pendant 4 mois, le petit garçon multiplie les crises, réclame les écrans à toute heure de la journée : "Il hurlait, il frappait, ça arrivait même qu'il se tape la tête contre quelque chose pour avoir ce qu'il voulait". La mère de famille tient bon, et arrive peu à peu à renouer contact avec son enfant : "On a beaucoup joué dehors, on a trouvé des activités à faire", raconte-t-elle. Aujourd'hui âgé de 7 ans et demi, le fils de Jennifer est en bonne santé et s'est  débarrassé de son addiction. Une véritable victoire pour la maman : "Il va très bien. C'est un grand passionné de monuments et de vieilles bâtisses, de cathédrales. Il a compris que pour l'instant, il n'avait pas besoin des écrans pour son développement". 

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