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Pierre de Villiers : pourquoi le chef d'état-major des armées a démissionné

ÉCLAIRAGE - Le chef d'état-major des armées a présenté sa démission mercredi 19 juillet après des jours de tension entre Emmanuel Macron et lui.

Emmanuel Macron descend les Champs-Élysées en voiture militaire vendredi 14 juillet au côté du chef d'état-major Pierre de Villiers
Emmanuel Macron descend les Champs-Élysées en voiture militaire vendredi 14 juillet au côté du chef d'état-major Pierre de Villiers
Crédit : GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP

En moins d'une semaine, la crise a pris une ampleur inédite. Le chef de l'état-major des armées a officialisé sa démission mercredi 19 juillet. "Dans les circonstances actuelles, je considère ne plus être en mesure d'assurer la pérennité du modèle d'armée auquel je crois pour garantir la protection de la France et des Français, aujourd'hui et demain, et soutenir les ambitions de notre pays, a-t-il écrit. Par conséquent, j'ai pris mes responsabilités en présentant, ce jour, ma démission au Président de la République, qui l'a acceptée".

Si Pierre de Villiers évoque quelques raisons de son départ dans cette lettre, elles sont surtout le résultat d'une crise de confiance profonde entre le président et son chef des armées.

Le point de départ de cet enchaînement vénéneux, c'est l'annonce par Gérald Darmanin d'une coupe budgétaire de 850 millions d'euros demandée à tous les ministères, y compris celui tenu par Florence Parly, le 11 juillet dernier. Une nouvelle que Pierre de Villiers a du mal à avaler. 

Crise de confiance au sommet

Il faut dire que les promesses de campagne du candidat En Marche ! ne correspondent pas à cet effort demandé. Pierre de Villiers s'en plaint, il juge que l'armée "a déjà tout donné", lui qui milite pour un budget à 2% du PIB en 2025. Il croyait à cet engagement, alors la déception passe mal.

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"Je ne vais pas me faire baiser comme ça !" a-t-il lancé le 13 juillet dernier avant de se faire recadrer par le locataire de l'Élysée, devant les militaires, dans la cour de l'Hôtel de Brienne : "Je suis votre chef". "Je considère qu'il n'est pas digne d'étaler certains débats sur la place publique", a ajouté Emmanuel Macron dans une allusion directe au général. Un affront insupportable devant ses troupes pour celui qui doit représenter l'autorité.

"Recadrer le chef d’état-major devant un parterre de généraux et de subordonnés, c’est l’horreur absolue, on ne doit jamais remettre en cause un chef militaire comme cela", raconte un prédécesseur de l'intéressé, Henri Bentégeat, au Monde. D'autant que Pierre de Villiers a été reconduit pour un an à son poste par le président de la République le 30 juin, à la condition de tenir la promesse des 2%.

Escalade des tensions entre de Villiers et Macron

Alors quand la crise éclate entre Pierre de Villiers et Emmanuel Macron, si le gouvernement tente de sauver la façade et que le chef d'état-major accepte de descendre l'avenue des Champs-Élysées au côté du chef de l'État pour le 14 juillet, l'eau est déjà dans le gaz. Le lendemain, sur Facebook, le rebelle poste un message de mise en garde adressé à son corps de métier : "Méfiez-vous de la confiance aveugle ; qu’on vous l’accorde ou que vous l’accordiez. Elle est marquée du sceau de la facilité." 

Au Journal du Dimanche, le président explique : "Si quelque chose oppose le chef d’état-major des armées au président de la République, le chef d’état-major des armées change." Le lendemain, comme le raconte encore Le Monde, Pierre de Villiers a pris sa décision et rencontre Emmanuel Macron l'après-midi-même. Il est convoqué officiellement par l'Élysée le 21 juillet. Le remplaçant de Pierre de Villiers sera annoncé à la sortie du conseil des ministres, mercredi 19 juillet.

Ces coupes budgétaires sont particulièrement mal reçues à l'heure où la France est engagée militairement à l'extérieur au Sahel et au Levant, et que l'opération sentinelle est en cours sur le territoire depuis deux ans, sans interruption. Emmanuel Macron assure toutefois que, malgré ces efforts demandés, les crédits budgétaires alloués aux armées seront portés à 34,2 milliards d'euros en 2018.

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