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ÉDITO - Pourquoi l'hôpital est-il au bord de l'implosion en France ?

Alba Ventura évoque ce jeudi l'état de détresse dans lequel se trouve l'hôpital et le personnel de santé aujourd'hui en France.

Une chambre d'hôpital (illustration)
Une chambre d'hôpital (illustration)
Crédit : Idhir Baha / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
L'invité de RTL - Alba Ventura
Alba Ventura - édité par William Vuillez

À écouter

ÉDITO - Pourquoi l'hôpital est-il au bord de l'implosion en France ?
00:03:11

Avec la grève des médecins généralistes ce jeudi et vendredi et la lettre ouverte au président Macron de la part des soignants en pédiatrie, c’est tout le système de santé qui est aujourd’hui en ébullition. Il y a le feu partout, mardi c’était les psychiatres, début novembre c’était un collectif d’hospitaliers, on a eu à plusieurs reprises les services d’urgences, les infirmières, les aides-soignantes... Hier c’était le monde de la pédiatrie qui montait au créneau, qui fait face depuis des semaines aux épidémies de bronchiolite, de gastro et de grippe, et aujourd’hui ce sont donc les médecins de ville, qui réclament le doublement de la consultation, de 25 à 50 euros. Ils s’estiment moins bien lotis que leurs confrères européens, ils s’inquiètent de la liberté d’installation dans un pays où 20% de la population vit dans un désert médical. 

Depuis la crise de la Covid-19, qui a été LE révélateur de l’état de délabrement de notre système de soin, de l’hôpital à la médecine de ville, toutes les catégories de professionnels de santé, les unes après les autres, tirent le signal d’alarme. À tel point que François Braun, le nouveau ministre de la Santé, a passé ces 6 derniers mois à courir après les urgences, jusqu’au manque de médicaments comme l’amoxicilline ou le paracétamol.

On ne peut pas réparer d’un coup d’un seul, un système qui est malade depuis des décennies. Le mal, c’est le numerus clausus. Depuis 40 ans, on était dans une logique de rationalisation des soins, regrouper des lits, fermer des petits hôpitaux ou des services, moins prescrire, parce qu’on estimait que la médecine coûtait cher. Cette rationalisation des soins a entraîné une rationalisation des médecins et on a fatigué le système de santé, on a fatigué l’hôpital, on a fatigué la médecine de ville, on n’a pas investi. 

Le symptôme majeur : la perte de chance

Tous les professionnels disent que nous sommes au bord de l'implosion. En mars dernier, pendant la campagne présidentielle, c’est passé complètement inaperçu mais la HAS, la Haute autorité de santé, avait rédigé lettre ouverte pour mettre en garde le gouvernement. Ce qui est très préoccupant c’est que dans la médecine de ville comme dans le monde hospitalier, les gens désertent, ils ferment leurs cabinets, ils démissionnent. D’ailleurs, si on ferme des lits encore aujourd’hui à l‘hôpital, c’est parce qu’on manque de personnel. Le symptôme majeur de cela c’est ce que l’on appelle "la perte de chance". 

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Quand vous faites un AVC, une crise cardiaque, il faut être vu dans l’heure qui suit sinon c’est une perte de chance. Quand vous avez une maladie chronique, il faut pouvoir passer des scanners, des IRM. Quand vous êtes à 150 km d’un grand centre hospitalier, c’est aussi une "perte de chance". La perte de chance, c’est la perte de vie. 

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