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Coronavirus : comment le gouvernement freine sa propagation dans les prisons

ÉCLAIRAGE - Alors que les prisons sont mises sous cloche pour limiter la propagation du virus, avec notamment la suspension des parloirs, la situation était tendue ce week-end dans une quinzaine d'établissements pénitentiaires.

Un parloir dans une prison de la banlieue lyonnaise (illustration)
Un parloir dans une prison de la banlieue lyonnaise (illustration) Crédit : Fred DUFOUR / AFP
Marie-Pierre Haddad
Marie-Pierre Haddad
Journaliste RTL

Comment éviter la propagation du coronavirus dans les prisons françaises ? Cinq détenus au total ont été testés positifs au coronavirus, selon les informations communiquées par la Chancellerie à l'AFP ce lundi 23 mars. Le ministère de la Justice n'a pas précisé dans quelles prisons se trouvent ces détenus contaminés. Jusqu'à vendredi, seuls deux prisonniers avaient été testés positifs.

"Il y a urgence" : la contrôleure générale des lieux de privation de liberté (CGLPL) Adeline Hazan a saisi la ministre de la Justice Nicole Belloubet afin qu'elle prenne des "mesures immédiates et concrètes" pour réduire drastiquement la population pénale. La sécurité "n'est plus garantie" pour les détenus incarcérés dans les prisons les plus surpeuplées, où la promiscuité et l'insalubrité les placent "en situation de risque sanitaire élevé", a-t-elle insisté. 

Les prisons françaises comptent plus de 70.000 détenus pour 30.000 surveillants et souffrent d'une surpopulation chronique. Alors que les prisons sont mises sous cloche pour limiter la propagation du virus, avec notamment la suspension des parloirs, la situation était tendue ce week-end dans une quinzaine d'établissements pénitentiaires. Des détenus ont refusé de réintégrer leur cellule, ce qui a entraîné des interventions des Eris (équipes régionales d'intervention et de sécurité).

Suppressions des parloirs et des activités

L'accès aux parloirs des prisons françaises pour les familles est suspendu jusqu'au 31 mars. Nicole Belloubet a demandé à ses agents de veiller "à assurer l'information des détenus en indiquant qu'il ne s'agit là que d'une mesure provisoire destinée à éviter la propagation du virus et protéger l'ensemble de la population". "Tout est mis en œuvre pour assurer l'accès aux établissements pénitentiaires des personnels afin d'exercer les missions essentielles du service public dans les meilleures conditions de sécurité, de protection sanitaire et de respect des droits des détenus", a assuré la ministre de la Justice. 

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Les activités comme le travail, la formation professionnelle, les activités socio-culturelles et l'enseignement sont elles aussi suspendues, et la Direction de l'administration pénitentiaire (DAP) demande une "stricte limitation des mouvements internes en détention". Sont maintenues "les promenades ainsi que les activités en plein air ou en espace non confiné", avec une limitation du nombre de détenus "présents simultanément sur une cour ou un terrain de sport"

Les "transferts administratifs" des détenus sont quant à eux "suspendus à la seule exception des mesures d'ordre et de sécurité". Et les extractions judiciaires "sont réduites à celles d'entre elles que maintiennent expressément les juridictions", selon la note de la DAP.

Télévision gratuite et téléphone

Télévision gratuite, crédit pour le téléphone, aide pour les plus démunis... Nicole Belloubet a annoncé aussi des mesures pour les détenus afin de compenser la suspension des parloirs, qui a provoqué des tensions dans des prisons. 

"Jusqu’à la fin de la période de confinement, chaque détenu pourra bénéficier d’un crédit de 40 euros par mois sur son compte téléphonique, lui permettant de rester en contact avec sa famille et ses proches", a indiqué la ministre de la Justice. Ce crédit correspond à 11 heures de communication en France métropolitaine vers un téléphone fixe ou 5 heures vers un téléphone portable. Par ailleurs, "afin d’accompagner la suspension des activités en détention, la gratuité de la télévision sera assurée".

"Les détenus les plus démunis pourront bénéficier d’une aide majorée de 40 euros par mois leur permettant notamment de cantiner, dans un contexte où les familles pourraient rencontrer des difficultés à effectuer des virements", annonce également la garde des Sceaux. 

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