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Covid-19 : non, la Banque Mondiale n'aide pas uniquement les pays qui confinent

Une vidéo fait le tour des réseaux sociaux depuis le mois d'août, et assure que le FMI et la Banque Mondiale conditionnent leurs aides au recours au confinement de la part des pays concernés.

Non, le FMI ne prêtent pas qu'aux pays qui confinent les populations
Non, le FMI ne prêtent pas qu'aux pays qui confinent les populations
Crédit : AFP
Confinement contre argent ? non les institutions internationales ne pratiquent pas ce genre de chant
02:33
Confinement contre argent ? non les institutions internationales ne pratiquent pas ce genre de chantage
02:33
Jean-Mathieu Pernin
Journaliste

La Banque Mondiale et le FMI ne prêtent-il de l’argent qu’aux pays qui acceptent le confinement ? En mai dernier, la Banque Mondiale annonçait débloquer 160 milliard d’euros sur une période de 15 mois pour aider 100 pays en développement à faire face aux conséquence du virus. Conséquences sanitaires, sociales et économiques.

Difficile d’être contre cette démarche. Et pourtant depuis le mois d’août, sur Facebook et Twitter s’enchainent les messages tels que "la Banque Mondiale prête plus aux pays qui confinent plus. Alors comprenez-vous un peu plus l’enjeu et à qui profite le confinement ?" Mais cela est faux. 

Plusieurs médias ont vérifié les fameuses petites lignes de condition de prêt de la Banque Mondiale et nulle part il n’est inscrit que le confinement de la population doit être mis en place en échange d’argent. L’institution internationale évoque plutôt un développement des infrastructures hospitalières ou du matériel médical. Argent contre mise sous cloche des habitants, de la fiction pure.

Cette fausse information vient d’un personnage que l’on a appris à connaître en cette rentrée, Alexandre Loukachenko, président de Biélorussie. Sur YouTube, de nombreuses vidéos du despote de Minsk le montrent en train d’expliquer qu’il a refusé l’offre de 90 millions de la Banque Mondiale car il refusait de confiner son pays. Il évoque même une somme encore plus importante afin d’opter pour cette solution. 

Des imprécisions et des raccourcis

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Anti-masque, anti-confinement, Loukachenko en avril dernier recommandait plutôt le sauna et la vodka pour lutter contre le virus. De vrais propos mais mal traduits par les sites qui diffusent cette information. Car comme l’a remarqué LCI, Loukachenko ne parle pas de la Banque Mondial mais du FMI, deux organisations d’aides économiques. Toujours ces problèmes de précisions complotistes.

Dans une récente conférence de presse, un porte parole du FMI a déclaré : "Je peux vous dire que nous n'avons pas exigé de quarantaine, d'isolement, de confinement, mais nous avons demandé des assurances quant aux mesures à prendre pour contenir la pandémie conformément aux recommandations de l'OMS".

Si cette intox est devenue virale, c'est parce que depuis le début de la crise, nombreux sont ceux qui se méfient des institutions internationales. Certains estimant que cette pandémie est mal gérée par l’Organisation Mondiale de la Santé, voire même planifiée par elle. 

Donc les autres institutions sont aussi coupables aux yeux des amateurs de complots, amateurs de l’idée d’un gouvernement mondial qui veut nous étouffer pour nous contrôler. Et pourtant c’est plutôt le contraire. Chaque pays à son autonomie en matière de confinement et de politique sanitaire. 

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