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Coronavirus : racontez-nous votre confinement

TÉMOIGNAGES - Pendant au moins 15 jours, les Français sont priés de rester confinés chez eux au maximum. Face à cette situation inédite, chacun s'organise comme il peut : racontez-nous votre expérience.

Des clients font la queue devant une boucherie normande (illustration)
Des clients font la queue devant une boucherie normande (illustration) Crédit : LOU BENOIST / AFP
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Paul Turban et Marie Gingault

Depuis ce mardi 17 mars midi, des mesures drastiques sont mises en place pour confiner les Français chez eux et limiter au maximum leur déplacement afin de limiter au maximum la propagation du nouveau coronavirus Covid-19. Des amendes sont même prévues pour les plus réticents qui refusent de rester chez eux.

Témoignez et envoyez des photos à temoins@rtl.fr. en précisant le lieux et la date du cliché.  Vous pouvez également nous poser des questions, nous y répondrons dans les différentes éditions d'information, de la matinale d'Yves Calvi à RTL Soir présenté par Thomas Sotto.

Vous pouvez aussi poser vos questions dans les commentaires de cet article ou sur la page Facebook de RTL. 

Des promeneurs sur la plage malgré le confinement Crédits : Patrice Gabard/RTL | Date : 17/03/2020
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Des promeneurs sur la plage malgré le confinement Crédits : Patrice Gabard/RTL | Date : 17/03/2020
Des promeneurs couchés au bord de la plage sur la côte Atlantique Crédits : Patrice Gabard/RTL | Date : 17/03/2020
Les distances de sécurité sanitaire ne sont pas respectées à la débauche sur les chantiers de l'Atlantique Crédits : Patrice Gabard/RTL | Date : 17/03/2020
Contrôle des attestations à l'entrée de Saint-Nazaire Crédits : Patrice Gabard/RTL | Date : 17/03/2020
À Bordeaux, Place de l'Europe, les gens laissent une distance de sécurité d'un mètre dans la file d'attente Crédits : Lydie Meuret | Date : 18/03/2020
La promenade des Anglais à Nice, vide mercredi 18 mars Crédits : Cécile N | Date : 18/03/2020
Une rue habituellement très fréquentée à Pertuis dans le Vaucluse, heure de pointe (18h) mardi 17 mars 2020 Crédits : Virginie Lemaire | Date : 18/03/2020
Les quais de Toulouse au deuxième jour du confinement, encore beaucoup de riverains qui ne respectent pas le confinement Crédits : Thierry Dast | Date : 19/03/2020
Hôpital Purpan à Toulouse, où des gens se réunissent pour discuter au deuxième jour du confinement, mercredi 18 mars Crédits : Thierry Dast | Date : 19/03/2020
Compte à rebours confinement Crédits : Serge Therme | Date : 19/03/2020
Message de soutien d'une famille de Rivesaltes (66) Crédits : Justine Rodriguez | Date : 24/03/2020
Réalisation en pâte à sucre pour soutenir et remercier le personnel médical Crédits : Loredana Dupont | Date : 26/03/2020
Réalisation en pâte à sucre pour soutenir et remercier le personnel médical Crédits : Loredana Dupont | Date : 26/03/2020
François, un Français expatrié depuis 12 ans au Moyen-Orient, travaille en Jordanie pour une chaine d'hypermarché. Crédits : François Pugeaut | Date : 16/04/2020
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Vos témoignages :

Danièle Lesieur, retraitée en Île-de-France : "Je voulais adresser un message d'espoir à tous et témoigner que l'on peut guérir du Covid-19. Je suis entrée aux urgences d'un hôpital parisien le 14 mars et dépistée porteuse virus. J'ai été prise en charge très rapidement pour éradiquer la surinfection pulmonaire, le manque oxygène, les problèmes intestinaux etc. J'ai subi un traitement assez lourd et au bout de 10 jours j'ai pu sortir ayant eu la chance dans ma malchance d'avoir pu être soignée alors que l'hôpital n'était pas surchargé.  Aujourd'hui je suis rentrée chez moi très fatiguée certes mais sortie d'affaires je l'espère...Une plate forme Covidom m'adresse chaque jour un questionnaire à remplir et selon mes réponses un médecin me rappelle. Je voulais également remercier et nous ne le ferons jamais assez tout ce personnel médical et collaborateurs extérieurs qui sont d'un dévouement inconditionnel".
Lydie Meuret, habitante de Bordeaux (33) : "De chez nous, nous voyons bien le quartier (Grand parc, Place de l'Europe à Bordeaux) et hier, mardi 17, avant midi c'était une longue file d'attente pour pharmacie et supermarché, avec grande surprise pour la file d'attente : le respect des distances" raconte la bordelaise, qui souligne néanmoins la présence de "récalcitrants" qui "même plusieurs heures plus tard, vers 18h30 n'ont pas bougé". 

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Valérie, infirmière libérale en Seine-et-Marne (77) : "Je suis effarée du manque de civisme de nos concitoyens (...) les gens n'ont pas pris la mesure du danger. Les personnels des magasins sont épuisés moralement et physiquement : pas le temps de réapprovisionner les rayons, non respect des distances de sécurité, insultes, bagarres, négligence des instructions pour ne pas remplir son caddie de packs d'eau, de farine, d'œuf ou de Nutella... 
Le pompon un client qui exige bruyamment l'ouverture de la caisse prioritaire en brandissant sa carte d'invalidité. La caissière lui dit "oui monsieur on arrive on est tous un peu tendu", ce à quoi il répond "va te détendre du c**". Cela se passe de commentaires...Et nous ne sommes qu'au début".

Thierry Dast, habitant de Toulouse (31) : "J'entends des choses dans les médias comme "les Français jouent le jeu du confinement" mais moi je ne vois pas ça ! Je vois des gens qui se baladent, qui se réunissent, qui font du vélo, qui courent... des vacances quoi ! Rien à voir avec le sérieux du confinement. Dans un quartier, des grands mères sont sur le banc à taper la discute. Et ce midi, des jeunes se sont regroupés devant l'Hôpital Purpan sur la longueur de l'entrée (...) Vu l'incivilité en France, je crains que le virus ne se propage à vitesse grand V par la connerie humaine".

Martine Lebreuilly, assistante maternelle dans l'Essonne (91) : "Nous avons eu vraiment du n'importe quoi au début du confinement. Les parents en télétravail voulaient nous déposer leurs enfants car ils ne pouvaient pas gérer, sans compter les parents qui en avaient rien à faire du virus et qui continuaient à déposer leurs bambins. D'autres n'étaient visiblement pas au courant du virus, mais sur quelle planète habitent-ils ? Aujourd'hui apparemment seules les assistantes maternelles qui ont des parents qui sont policiers ou personnel soignant travaillent. Il faut savoir que nous avons travaillé sans protections dès le début de la pandémie. N'oublions pas que les petits sont des porteurs sains. Certaines d'entre nous sont contaminées". 

Florence Petit, vendeuse dans une épicerie de quartier à Valence dans la Drôme (26) : "Je suis très étonnée de recevoir de 14h à 18h30, près de 70 personnes dans l'épicerie avec un panier moyen de 20 euros. De mon côté, j'essaie de donner des leçons de civisme avec politesse aux clients en leur expliquant que ce lieu est, en ce moment, un lieu de ravitaillement et non un lieu de balade, et bien le retour est assez virulent ! Je suis très étonnée de l'individualisme de la population. De mon côté, je n'ai pas le luxe d'être confinée et je ne me permets pas d'aller chercher mon pain tous les jours". 

Vos routines et astuces

Catherine Villain, habitante de Narbonne (11) : Pour cette retraitée, ce sera "Deux à trois joggings le matin de bonne heure et les autres jours vélo d’appartement et exercices de Pilates." De la cuisine aussi, nous raconte Catherine Ensuite, "Aujourd’hui ce sera tarte aux courgettes !". Catherine ne risque pas de s'ennuyer pendant ce confinement : "Je dois aussi travailler mes cours d’espagnol. Étant retraitée, je prenais des cours. Afin de ne pas perdre l’acquis, je m’entraîne à lire des textes en espagnol. Et en soirée, je regarde la télé. L’essentiel est de s’occuper". 

Pierre Lys : Pierre partage aujourd'hui son astuce pour désinfecter les pièces de monnaie : "Les pièces peuvent être désinfectées facilement. Procurez-vous un bocal à cornichons vide, équipé de son petit récupérateur en plastique. En rentrant des courses, mettez vos pièces suspectes dans le bocal avec un peu de javel. Laisser macérer quelques minutes et récupérer les pièces propres que vous mettez dans un porte monnaie dédié. De même, les pièces polluées vont directement dans un porte monnaie dédié également à cette fonction".

Vos inquiétudes et appels à l'aide

Thérèse-Mauricette Cardot : "Je suis une femme de 76 ans, malade du coeur (stabilisée par un traitement) je vis dans un petit village du Cantal, loin de toute famille, seule, complètement seule. Je sais que si j'attrape le virus je serai privée de réanimation,
mais avec mon traitement pour le coeur je ne supporterai pas un second
lourd traitement. Et puisqu'ils vont trier les malades qui ont peu de chances de s'en sortir, peut-on demander à ce gouvernement incapable de fournir des masques et gel à tout le monde, de m'euthanasier sans la moindre souffrance si je suis atteinte du virus. J'ai déjà bien assez souffert dans ma vie."

Caroline Ledran : "Cela devient très difficile pour moi. Je suis mère isolée avec mes deux enfants en bas âge, en appartement et sans jardin. Les occuper chaque jour devient très difficile. Outre le fait de ne pas pouvoir sortir, l'inquiétude du retard scolaire de mon fils de 6ans. Il est au CP et c'est une classe très importante, j'ai l'angoisse qu'il ne sache pas lire d'ici la fin de l'année scolaire. Nous faisons des devoirs certes, mais 40 minutes par jour je n'arrive pas à faire plus. Mon père est hospitalisé depuis 10 jours et nous ne pouvons pas lui rendre visite...".

Nicole Jondeau, habitante du Grand-Est : "Je trouve cela absolument normal que l’on applaudisse les infirmières mais on ne parle pas assez des secondes lignes qui travaillent depuis le début de l’épidémie sans masques, les employeurs n’étant pas livrés. Notre fils travaille tous les jours comme chauffeur livreur avec une écharpe sur la bouche, ce sera un miracle s’il échappe au virus".

Vos remerciements

Eva Ricard habitante de Biarritz (64) : "Prise en charge par une infirmière tout au long de ma présence, j'ai été très agréablement sensible, à la gentillesse, la compétence, la capacité à répondre à mes demandes, d'autant plus surprise lorsque j'ai vu sous son nom, inscrit : Élève Infirmière. À ces étudiants aussi, comme au corps médical je rends hommage" témoigne cette septuagénaire actuellement en soin au centre d'oncologie de Bayonne. 

Sylvie habitante de Villeneuve-la-Garenne (93) : "Merci aux personnels soignants pour leur dévouement, qui devra être reconnu. Merci aux chauffeurs, livreurs qui continuent à approvisionner la France. Comme le faisait remarquer un journaliste sur votre antenne, ceux sont les "petits salaires" qui font tourner la France". 

Annick Vauchel : "Je tiens à rendre hommage également à ceux qui vont travailler chaque jour pour que nos animaux puissent continuer à se nourrir (exemple magasin Animalis...) on en parle pas alors moi je tenais à le faire. Merci". 

Nicole Benoit : "Tout le monde acclame et remercie, à juste titre et je ne voudrais pas minimiser leur dévouement, tous les personnels de santé, les services de secours et d'entraide, et j'en suis bien d'accord. Je suis en train d'écouter l'émission de Julien Courbet et ça me fait penser que jusqu'à présent je n'ai pas entendu de remerciement envers tous vos collègues. Certains travaillent en studio, d'autres travaillent depuis leur domicile, et tous permettent la continuité des émissions toute la journée (et probablement toute la nuit, mais je dors...). Alors UN GRAND MERCI À TOUS LES PERSONNELS DE RADIO, vous ne sauvez pas des vies au sens propre, mais vous nous évitez la déprime. Vous nous informez, vous nous amusez, vous nous permettez de rire, même et surtout, si nous sommes seuls à la maison. Je pense qu'au milieu de tous ces drames, vos émissions constituent la meilleure solution de prévention pour lutter contre ce vilain virus au nom qu'on n'oubliera pas, car on s'amuse en vous écoutant et on a moins envie de sortir". 

Fabienne Léger, habitante du Doubs : "Je tiens juste à remercier le propriétaire de notre nièce qui est infirmière à l’hôpital de Montbéliard-Belfort en Franche-Comté (25). Ce monsieur offre le loyer d'Avril à tous ses locataires du monde médical. C'est une très belle initiative, il faut que cela se sâche : il y a des gens très bien". 

Vos métiers se sentent en danger

Jean-Marc Garric, habitant de Pau (64) :  "Je reviens de la pharmacie qui a été livrée : 'on est désolé mais on ne peut rien vous donner, c'est pour les infirmiers' et moi ?" dénonce cet auxiliaire de vie. "Donc j'ai le droit et le devoir de travailler, mais sans protection auprès d'un public âgé et très fragile. Je vais donc contaminer ces personnes, ma famille, mes enfants. Je vais être malade rendre malade, mourir et faire mourir." Un point de vue que partage Nathalie Baudry, habitante de Nantes (44), également auxiliaire de vie :  "La vie au travail est angoissante car on ne veut pas être contagieux pour les résidents. Si le virus rentre dans l'Ehpad, nous risquons de perdre plusieurs résidents, une idée difficile à supporter". 

Ludovic, travaille dans l'aéronautique à Toulouse (31) : "Nous reprenons notre activité de production dès ce lundi. Au lieu de rester confinés chez nous comme le disent tous les soignants, nous allons mettre en contact des centaines de personnes pour une activité qui n’est pas indispensable au pays. Les compagnies aériennes sont à l’agonies, leurs avions sont cloués au sol donc ils ont bien d’autres soucis que de réceptionner de nouveaux avions (...) En remettant tous ces salariés au travail, nous allons accroitre la propagation du virus et encombrer les services hospitaliers qui n’ont pas besoin de cela. Au lieu de retourner sur notre lieu de travail nous serions plus utile à nous porter volontaire pour garder les enfants des soignants, à faire leurs courses leur proposer nos services pour les taches quotidienne d’un foyer". 

Josiane Boulanger : C'est sur "le risque grandissant de contamination des forces de l'ordre" que Josiane souhaite attirer l'attention : "Comment peut-on imaginer que les 100.000 policiers et gendarmes chargés de contrôler la population en règle devant les obligations de confinement, (même en respectant les consignes d'usage) soient à l'abri d'être contaminés par le virus, de le transmettre aux autres personnes qu'ils contrôlent ainsi qu'à leur famille" souligne Josiane. "Je ne savais pas que leur mission était de mourir et de faire mourir leur famille et la population ! Que ferons-nous si demain les policiers sont contaminés et dans l'incapacité de nous protéger ? Protégez nos forces de l'ordre pour notre sécurité". 

Christelle Kerrouault : "Je ne peux pas laisser notre ministre du Travail considérer les artisans et ouvriers du BTP comme des fainéants "tire aux flancs".  Nous sommes écœurés de voir à quel point, nous les petites entreprises du bâtiment, sommes pris pour des moins que rien (...) Peu importe si nous devons aller chez des particuliers sans masques, gants, gel hydroalcoolique. Peu importe si nos salariés contractent le virus et contaminent leurs proches. Peu importe si nous mêmes, chefs d’entreprises, nous contractons ce virus car évidemment, contrairement aux millions de personnes placés en confinement suivant les recommandations de M. Macron, nous devons assurer les ressources financières de l’Etat, coûte que coûte, c’est honteux !"

Fabrice Delporte, petit commerçant de Saint-Laurent-en-Caux (76) : "Juste un petit mot pour rappeler qu'il n'y a pas que le personnel soignant qui fait fasse au virus. Je suis commerçant indépendant et tiens une épicerie de campagne où je reçois une bonne soixantaine de clients par jour. Nous n'avons reçu aucune consigne de la Chambre de commerce, ni gants, ni gel, et bien sûr encore moins de masques. Mon magasin fait 30 mètres carrés, on fait au mieux pour les distances de sécurité... on sert les clients pour éviter qu'ils touchent aux marchandises mais les clients ne sont pas forcément compréhensifs".

Guillaume, soignant dans un hôpital du Béarn : "Le gouvernement a mis en place des mesures exceptionnelles et immédiates de logement pour les soignants qui collaborent à l'effort national pour soigner des personnes malades du Covid 19, et qui ont besoin de se loger ailleurs qu'à leur domicile familial. Je suis dans les critères puisque soignant dans une structure hospitalière du Béarn et hébergé chez mes parents qui sont tous les deux des personnes à risques. J'ai donc fait une demande de logement au 09.69.39.80.80 auprès du "groupement national des hôtels de France" pour demander une chambre le temps du confinement. C'est la chaîne Accord. Je précise que je ne peux plus rentrer chez moi et que je dors temporairement dans la chambre d'hôtes de l'hôpital en question, faute de solution. Le groupe me propose alors une chambre à mes frais à 77 euros la nuit dans un hôtel Mercure à Lourdes, ce qu'il y a de plus cher. Il n'y a AUCUN autre hôtel qui accepte d'héberger des soignants dans tout le Béarn et les Hautes-Pyrénées d'après la chaîne hôtelière du groupe Accord. C'est une honte nationale puisque cette annonce du gouvernement est un gros mensonge. Les hôtels ne jouent pas le jeux ! On ne peut pas compter sur l'état". 

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