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Coronavirus : la fermeture totale des frontières est "un vœu pieux", dit Polony

ÉDITO - L’argument du gouvernement "qui consiste à dire 'les variants sont déjà chez nous, donc ne faisons rien' est absurde", regrette Natacha Polony.

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L'oeil de... du 18 janvier 2021 Crédit Image : THOMAS SAMSON / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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Natacha Polony édité par Marie Gingault

L’apparition de variants du virus relance le débat sur la libre circulation. Certains pays ferment leurs frontières, mais la France attend. Pourquoi ?

Le débat avait déjà émergé au début de l’épidémie et lors du premier confinement. Souvenez-vous : vingt avions en provenance de Chine qui atterrissaient à Roissy chaque jour au mois de février, et les autorités françaises qui nous expliquaient, selon la phrase préférée d’Emmanuel Macron, que "ce virus n’a pas de passeport" et qu’il serait donc absurde de fermer les frontières. Sauf qu’on voyait les autres pays le faire, l’Allemagne en tête, peut-être parce qu’ils se disaient que le virus n’a pas de passeport, mais que celui qui le porte en a un.

Et cette fois, rebelote : l’Allemagne et l’Italie exigent un test PCR négatif de quiconque veut franchir leur frontière, y compris depuis la France, considérée comme zone à risque. Cet été, c’était l’Angleterre qui imposait une quarantaine, et désormais, la Grande Bretagne est même interdite aux voyageurs en provenance d’Amérique du Sud et du Portugal pour se protéger du variant brésilien.

La France n'a pas les moyens de contrôler les frontières

En France, certains réclament au moins des mesures vis-à-vis de l’Irlande, où le variant britannique explose, mais non, rien n'est fait. Chez nous, il y a une capacité effarante à politiser un débat qui devrait être technique. On est dans la caricature immédiate. D’un côté, on a Marine Le Pen qui demande à ce que l'on ferme les frontières sans jamais expliquer à quelles conditions et selon quelles modalités. De l’autre on a Emmanuel Macron qui se réjouit de pouvoir défendre l’ouverture, la coopération européenne. 

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Soyons clairs, une fermeture totale des frontières, alors qu’on a des travailleurs transfrontaliers, des flux de camions et des entreprises dépendantes de pièces détachées venues de l’étranger, c’est un vœu pieux. Pour autant, cela ne signifie pas qu’il ne faille pas réfléchir à ce qu’il convient de faire. L’argument qui consiste à dire "les variants sont déjà chez nous, donc ne faisons rien" est tout aussi absurde. 

La phrase préférée de l’exécutif en ce moment, c’est "nous refusons de faire des frontières une protection illusoire qui laisserait croire que le virus est ailleurs". Ce qui revient un peu à prendre les citoyens pour des crétins, mais qui sert surtout à masquer l’impuissance. En réalité, l'un des problèmes est que nous n'avons pas les moyens de contrôler les frontières. 

La situation réclame du pragmatisme

Les voyageurs venant de pays hors Union Européenne doivent présenter un test PCR négatif, et on les prie de bien vouloir s’isoler pendant sept jours, puisqu’ils peuvent très bien avoir attrapé le virus quelques jours avant, et être encore en période d’incubation quand ils pénètrent sur le territoire. Mais, puisque nous sommes incapables de les isoler et de les loger, tout le monde voit bien que c’est une vaste blague.

Or, nous savons que nous sommes lancés dans une course contre la montre, entre la progression des variants et les possibilités de vaccination. Et bien sûr, la stratégie devrait être européenne, pour qu’il y ait un peu de cohérence et d’efficacité. Pour l’instant, chacun édicte ses propres règles. Mais s’adapter à chaque échelon, local, régional, national et européen, c’est peut-être plus subtil que de faire de l’idéologie quand la situation réclame au contraire du pragmatisme.

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