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Coronavirus au Royaume-Uni : les sans-abri vaccinés en priorité

À cause de leur système immunitaire plus faible, les sans-abri "sont beaucoup plus susceptibles de se retrouver à l'hôpital s'ils attrapent le Covid, et d'en mourir", affirme le docteur Alex Fitzgerald-Barron.

Un sans-abri dans les rues de Londres le 25 novembre 2020 pendant la crise du coronavirus.
Un sans-abri dans les rues de Londres le 25 novembre 2020 pendant la crise du coronavirus.
Crédit : Tolga Akmen / AFP
Marie Gingault
Marie Gingault
Journaliste

Le Royaume-Uni est le pays européen le plus endeuillé par la pandémie, avec plus de 126.000 décès. Récemment, le gouvernement a ajouté les sans-abri à la liste des personnes prioritaires pour être vacciné contre la Covid-19. Grâce à sa campagne massive de vaccination, le pays a pu injecter 30 millions de premières doses. 

"Je ne veux pas mourir du Covid !", s'exclame Mac, un SDF de 25 ans, impatient d'être vacciné. En effet, malgré son jeune âge, il est désormais éligible à la campagne de vaccination britannique, qui considère les sans-abri comme prioritaires. À la rue depuis l'âge de 18 ans, pourra recevoir une première dose en avril, à son hébergement d'urgence, situé à Winchester, dans le sud de l'Angleterre.

Comme les autres sans-abri du coin, Mac est vacciné par le docteur Alex Fitzgerald-Barron, dont le travail de proximité a permis de repérer certains de ces "patients à haut risque". En effet, en raison de la faiblesse de leur système immunitaire, souvent abîmé par des maladies telles que les pneumonies, infections dentaires ou dermatologiques ou encore hépatite C, "ils sont beaucoup plus susceptibles de se retrouver à l'hôpital s'ils attrapent le Covid, et d'en mourir", affirme le médecin.

Des patients "si difficile à atteindre"

Toutefois, le docteur Fitzgerald-Barron souligne la complexité de ce public. Des patients "si difficiles à atteindre" pour lesquels il faut souvent "passer par des associations qui sont déjà en contact avec eux", dit-il. Alors, il branche une glacière électrique dans sa voiture et part à leur rencontre. "Si je n'avais pas dormi dans ce centre d'hébergement, on ne me m'aurait pas proposé (le vaccin) du tout", confirme Mac à l'AFP. 

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En janvier, Alex Fitzgerald-Barron est rentré en relation avec 114 SDF, dont 74 ont accepté de se faire vacciner, ce qu'il considère comme "un bon résultat" obtenu grâce à une "relation personnelle de confiance". "Il fallait être face à eux pour leur expliquer", plaide-t-il, persuadé que s'ils avaient reçu un simple message, personne n'aurait pris rendez-vous par méfiance envers le système.

37.000 sans abris logés grâce à un financement d'urgence

Lorsque la pandémie est arrivée au Royaume-Uni, le gouvernement a demandé aux instances locales de mettre à l'abri les personnes à la rue. Cela s'est caractérisé la plupart du temps par la mise à disposition de chambres d'hôtel. Grâce à un financement d'urgence de 700 millions de livres, soit 816 millions d'euros, le gouvernement britannique assure que 37.000 personnes ont ainsi pu être logées.

Néanmoins, lorsque le premier confinement a pris fin en juin 2020, "nous avons constaté que certaines autorités locales continuaient à aider les sans-abris, mais pas d'autres", déplore Jasmine Basran, de l'association caritative Crisis. Depuis le début de la crise sanitaire, Mac n'est resté qu'un mois à l'hôtel : "C'était incroyable, j'avais une belle chambre, c'était comme vivre une vie normale", raconte le jeune jardinier, ajoutant que cela lui permettait de travailler plus.

Ensuite, "on retourne dans la rue ou aux hébergements de nuit entourés de toxicomanes" et "c'est un retour en arrière", décrit le jeune sans-abri, qui regrette de ne pas avoir obtenu de logement permanent malgré ses nombreuses requêtes. De son côté, Jasmine Basran alerte sur le fait que le gouvernement n'a pas encore "établi sa stratégie" pour le déconfinement progressif amorcé. Cela fait craindre au docteur Fitzgerald-Barron que, lorsqu'il recommencera sa tournée des centres d'hébergement en avril pour la deuxième dose, "certaines personnes ne soient plus là".

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