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Confinement : des maires bravent l'obligation de fermeture des commerces

De nombreux maires prennent des arrêtés autorisant l'ouverture des commerces jugés "non essentiels", en contradiction avec les mesures gouvernementales de confinement.

Sarah Belien
Sarah Belien
et AFP

Des maires bravent la fermeture imposée aux commerces de proximité. Les élus de plusieurs villes petites et moyennes, comme Brive (Corrèze), Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire) ou encore Aubusson (Creuse), ont pris vendredi 30 octobre des arrêtés autorisant l'ouverture des commerces non alimentaires de leur ville, en contradiction avec les mesures gouvernementales de confinement.

Pour ces maires, ces fermetures sont "injustes et inéquitables" et "créent une rupture d'égalité entre petits commerces et grandes et moyennes surfaces", a expliqué Frédéric Soulier, maire LR de Brive, dans un message sur Facebook. À Chalon-sur-Saône, le maire Gilles Platret (LR) a autorisé "la réouverture de tous les commerces de vente au détail non alimentaires pour lutter plus efficacement contre la propagation du virus". Un arrêté qualifié "d'illégal" par la préfecture.

Selon l'élu, "l'accumulation de clientèle, notamment aux caisses", dans les supermarchés et hypermarchés, où se vendent également des produits non essentiels, "va automatiquement générer une situation de nature à encourager la propagation de l'épidémie, là où il faut au contraire tout mettre en œuvre pour la ralentir". "Des clients pouvant librement accéder à l'ensemble des petits commerces de la ville seront moins susceptibles de se contaminer", écrit-il.

Une opposition entre maires et préfets

Dans l'Yonne, le maire LR de Migennes (7.000 habitants) François Boucher dénonce lui aussi dans son arrêté publié sur le site internet de la commune une "rupture d'égalité de traitement" entre la grande distribution et les petits commerces non alimentaires du centre-ville, qu'il a autorisés à rester ouverts "jusqu'à ce que l'égalité de traitement soit rétablie".

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Le préfet de l'Yonne Henri Prévost lui a demandé de "retirer son arrêté". La préfecture rappelle dans un communiqué qu'un maire ne peut pas "prescrire par arrêté municipal des règles contraires à un texte de portée générale, pris par le gouvernement qui s'applique à l'ensemble du territoire".

Le préfet délégué à la sécurité de Nouvelle Aquitaine Martin Guespereau a expliqué à la presse que si un tel cas se présentait, "nous aurions alors une approche directe du maire pour lui proposer de retirer lui-même à l'amiable son arrêté". "Ça s'était produit de façon très anecdotique pendant le premier confinement, à chaque fois il y avait une histoire différente et cela s'était réglé totalement à l'amiable".

La Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) a estimé vendredi que les commerces de proximité contraints de fermer durant le confinement étaient "en danger de mort" malgré les aides gouvernementales.

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