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"C'est le pire moment pour prendre des décisions aussi importantes" : les familles des défunts face aux dérives des pompes funèbres

En 2024 et 2025, plus de 200 entreprises de pompes funèbres ont été contrôlées en faute par la Répression des fraudes. Souvent, les familles des défunts, alors qu'elles sont dans une situation de vulnérabilité, ne parviennent pas à différencier les prestations obligatoires et celles facultatives.

Les pompes funèbres (illustration)

Crédit : STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

Joanna Chabas

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Des dérives dans les pompes funèbres. La Répression des fraudes a contrôlé plus de 550 entreprises funéraires en 2024 et 2025, selon les informations de RTL. La moitié était en faute. Prix cachés, prestations facultatives présentées comme obligatoires, services facturés plusieurs fois et parfois bien pire... la liste des préjudices est longue. 

"Par exemple, il y a le fait de conditionner la visite du défunt en chambre funéraire à des soins de conservation, alors que les soins de conservation, c'est des prestations qui sont facultatives", précise Florian Simonneau, porte-parole de la Répression des fraudes. En tout 250 entreprises doivent se mettre en conformité. 

Si la Répression des fraudes contrôle les pompes funèbres, c’est parce que les clients sont, à ce moment-là, très vulnérables et connaissent rarement leur droit. C'est le cas de Pierre-Alexandre, 25 ans. Il a enterré son père cet été. Il prévoyait de payer 3.000 euros mais les dépenses sur le devis se sont multipliées. "Même l'intérieur du cercueil, c'est 200-300 euros pour juste la couverture. Après, il faut penser même à l'oreiller, 200 euros, 150 euros. Pour graver sur la pierre tombale, ça coûte 13 euros la lettre. Je n'étais pas au courant de tout ça. C'est le pire moment pour prendre des décisions aussi importantes. On est affaibli, on est vulnérable. Ce sont des moments où finalement, on ne va pas forcément remettre en question les prix qui nous sont proposés", déplore-t-il au micro de RTL. En tout, il a dépensé 6 000 euros.

Une notice pour différencier les prestations obligatoires et facultatives

Les manquements sont si nombreux qu’une association a même vu le jour pour aider les familles : l’AFIF, l’Association française d'information funéraire. À sa création en 1992, l'organisation a reçu des menaces. "Nous avons reçu des petits cercueils en carton qui disaient que l'AFIF n'avait pas à être là, qu'on aura 'ta peau'", se souvient Michel Kawnik, fondateur de l'association. 

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 Aujourd’hui, l'association reçoit 10 appels par jour de familles cherchant de l’aide, notamment pour analyser les devis. Son conseil : garder la tête froide. On dispose de 14 jours pour enterrer un proche. On peut prendre le temps de comparer les devis et l'association peut vous aider à les décrypter.

Contactée par RTL, la Fédération nationale du funéraire estime que ces pratiques ne sont pas acceptables et que c'est normal que ces manquements soient sanctionnés. "Une mauvaise entreprise porte atteinte aux familles mais aussi à tous les professionnels", juge-t-elle. La Fédération indique qu’elle travaille avec la Répression des fraudes et qu'ensemble, elles ont créé un nouveau devis et une notice qui permettent de différencier les prestations obligatoires et celles qui sont facultatives. À Paris, la majorité des pompes funèbres visitées par RTL affichait bien cette notice en boutique. 

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